Le blog de Mgr Claude DAGENS

LA PUISSANCE DE DIEU DANS LA FAIBLESSE HUMAINE. Eucharistie à Moulidars, le 5 juillet 2015, avec la confirmation d'Anasthasia et les jubilés du P. Bationo et du diacre D. Serre

6 Juillet 2015 Publié dans #Homélies

LA PUISSANCE DE DIEU DANS LA FAIBLESSE HUMAINE. Eucharistie à Moulidars, le 5 juillet 2015, avec la confirmation d'Anasthasia et les jubilés du P. Bationo et du diacre D. Serre

L’apôtre Paul, ce passionné du Christ, cet homme ardent et infatigable, est aussi un homme blessé. Il souffre d’une blessure intérieure, qui le harcèle en permanence. Il demande à en être délivré et il reçoit du Christ cette réponse étonnante : « Ma grâce te suffit. Ma puissance se déploie dans la faiblesse. » Autrement dit, Dieu n’agit pas en-dehors de nous. Son action est intérieure à notre humanité, à ce qui nous blesse, à ce qui nous fait souffrir.

Mais faisons attention ! Cela ne veut pas dire qu’il faut se résigner à nos faiblesses et nous exposer au reproche d’être des vaincus ! Non ! La nouveauté chrétienne, c’est l’action réelle de Dieu en nous, c’est la force nouvelle qui vient du Christ ressuscité ! Nous ne sommes pas des vaincus, nous sommes des hommes et des femmes qui laissent cette force de résurrection agir en nous. Elle n’abolit pas nos faiblesses, mais elle vient les ressaisir.

Et si jamais on me disait que ce sont là de belles formules, mais qui ne correspondent pas à la réalité, je serais obligé de protester. Non, il est vrai que la force de Dieu est présente en nous et qu’elle agit. Et il y a parmi nous, aujourd’hui, des personnes qui peuvent en témoigner.

D’abord toi-même, Anasthasia, parce que tu vis avec ton handicap, mais que ce handicap ne t’empêche pas d’être très vivante et très croyante. Oui, dans ton regard et dans tes gestes, on perçoit cette force de vie qui a sa source dans ta foi chrétienne. Tu n’es pas vaincue. Tu aimes la vie. Tu t’exprimes et tu sais même encourager les autres à ne jamais baisser les bras.

Aujourd’hui, tu vas recevoir la force de l’Esprit Saint par le sacrement de confirmation. Il agira en toi, il te donnera la joie d’être animée par lui, dans ton corps et dans ton cœur. Je te confie cette mission, Anasthasia : témoigne parmi nous de la force du Christ qui nous fait vivre de sa résurrection !

Et pour vous, les jubilaires, Pascal et Dominique, c’est de la même expérience que vous êtes les porteurs. Vous, Dominique, qui êtes diacre depuis 24 ans, et vous Pascal, qui être prêtre depuis 20 ans, vous savez bien que, si vous êtes là, fidèles et heureux, c’est parce que vous avez compris que la force vive du Christ, reçue par l’imposition des mains de l’évêque et pour vous, Pascal, de l’évêque et de vos frères prêtres ne vous a pas dispensés d’affronter les difficultés de la vie, mais vous n’avez pas été vaincus par ces difficultés. Vous les vivez sous le signe du mystère pascal : la force de la résurrection du Christ, elle agit en vous, elle vous relève, elle vous soutient, elle vous donne d’avancer.

Soyons honnêtes : la mission chrétienne est toujours faite de luttes, comme pour les prophètes et les apôtres, et comme pour Jésus lui-même. Vous êtes envoyés dans un monde qui demeure dur, au milieu d’hommes et de femmes qui ont parfois la tête dure, la nuque raide et le cœur obstiné. Il faut alors se tenir droit et ne pas s’effondrer devant ces résistances.

Mais le pire, c’est d’être incompris de ceux qui sont les plus proches. Comme Jésus, chez lui, à Nazareth. On croit le connaître : il est le fils du charpentier, on connaît les membres de sa tribu. Et parce qu’on croit le connaître, on s’interdit de comprendre le mystère dont il est porteur.

Toutes proportions gardées, c’est le drame de ces incompréhensions ordinaires qui peuvent créer entre nous des fossés infranchissables, surtout si l’on colle aux personnes des étiquettes qui les réduisent à leurs apparences : méchants, menteurs, corrompus, malhonnêtes ou vicieux. Et tout est réglé en ces quelques épithètes terribles. On parle ainsi des autres, mais on ne leur parle jamais.

Jésus lui-même s’est heurté à ce mur : « Il s’étonnait de leur manque de foi. » Ils n’attendaient rien de lui.

Seigneur, que les prêtres et les diacres soient parmi nous ceux qui luttent pour faire la vérité, et pour que personne, dans nos communautés, ne se replie sur soi-même, mais pour que tous, chacun à sa manière, ne doute pas de Dieu qui, Lui, ne désespère d’aucun de nous, parce qu’il sait que sa force nous donne de vivre autrement, non pas dans le repliement, mais dans la confiance !

+ Claude DAGENS

Partager cet article

Repost 0