Le blog de Mgr Claude DAGENS

LES SIGNES DE DIEU PASSENT PAR NOTRE HUMANITÉ. Eucharistie à Montbron, avec confirmation de jeunes, le 20 décembre 2015

22 Décembre 2015 Publié dans #Homélies

LES SIGNES DE DIEU PASSENT PAR NOTRE HUMANITÉ. Eucharistie à Montbron, avec confirmation de jeunes, le 20 décembre 2015

Nous regardons déjà vers Noël, vers cet événement incroyable qui va s’accomplir à Bethléem : le fils du Dieu vivant va devenir l’un d’entre nous pour tout partager de notre humanité, de sa naissance à sa mort et à sa résurrection. Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous, pour toujours. Quelle nouvelle étonnante !

Mais nous participons aussi aujourd’hui à un autre événement : des jeunes de chez vous vont franchir un grand pas, ou un grand seuil dans leur existence, en se laissant marquer du signe de l’Esprit Saint, par le sacrement de confirmation.

Quel rapport entre l’événement de Noël et l’événement de cette confirmation ? Un rapport très réel, mais qui peut nous surprendre : c’est que les signes du Dieu vivant passent par notre humanité, et cette réalité, cette révélation bouleverse nos idées préconçues de Dieu.

Car Dieu, nous l’imaginons souvent à partir de nous-mêmes, soit pour l’idolâtrer en en faisant une puissance supérieure et lointaine, soit pour le redouter, en pensant qu’il est le témoin implacable de nos fautes.

Or le Dieu vivant, le Dieu dont le Fils est cet enfant nommé Jésus et dont l’Esprit est fait pour animer nos vies, n’est pas du tout à notre image. Le plus beau, c’est son humilité. Il ne vient pas s’imposer par la force. Il sera un enfant et un homme désarmé, exposé à tous ceux qui l’accusent d’être un imposteur.

Et les signes qu’il nous donne passent par notre humanité, et par des événements de naissance, comme l’Évangile aujourd’hui nous le raconte. Voici deux femmes enceintes qui peuvent témoigner du travail de Dieu en elles : la première est âgée et elle était stérile, elle s’appelle Élizabeth, et voici qu’elle est appelée à devenir mère et que son fils, qui sera nommé Jean, va précéder Jésus par sa naissance, avant de préparer ses chemins en Palestine.

Marie de Nazareth, elle, est enceinte de Jésus, et elle va visiter Élizabeth. Alors les signes parlent, et les signes, ce sont ces mères et ces enfants, qu’elles portent en elles. Comme si la reconnaissance du travail de Dieu passait par les corps humains. L’enfant qui tressaille dans le ventre d’Élizabeth - et les femmes qui deviennent mères savent bien que leur enfant est un être vivant, et parfois remuant, bien avant sa naissance -, cet enfant accomplit déjà sa mission : à travers sa mère, il reconnaît celui que Marie porte en elle, le Fils du Dieu vivant.

Reconnaissons que l’Évangile est un haut lieu d’humanité. Il révèle le travail de Dieu en ces deux femmes qui vont enfanter. C’est donc que le Père créateur donne toute son importance à notre chair, à notre vie, pour que notre chair et notre vie soient bien plus que des réalités biologiques, soient comme des lieux dans lesquels vient habiter la vie de Dieu. Car Dieu est toujours du côté de ce qui naît, de ce qui prend forme, de ce qui s’ouvre à l’avenir.

Je n’ai pas maintenant d’effort à faire pour rapprocher le sacrement de confirmation de ces réalités de naissance et de croissance. C’est le même Esprit Saint qui vient agir en ceux et celles qui désirent le recevoir : ils s’appellent Antoine, Jean-Robert, Élyse, Agnès, Vincent, Marie-Flore, Romain, François et Logan. Ils sont de vos familles. Ils sont pareils à tous les jeunes très conscients que nous vivons tous dans un monde incertain et inquiet.

Et pourtant, j’ai reconnu en eux et en elles autre chose : un très grand besoin de confiance en eux-mêmes et aussi la certitude d’avancer sur la route d’une vie où le Dieu vivant aura sa place.

Je les remercie pour leur engagement, et, en même temps, je vous avertis. L’un d’entre eux a écrit ceci : « La confirmation me permettra de réaliser que l’Église est une grande famille qui a besoin de moi. »

Oui, c’est vrai. Et quand on dit « famille », il faut être clair et honnête. Cela ne veut pas dire que nous serions parfaits. Cela veut dire que nous sommes liés les uns aux autres dans cet ensemble vivant que nous appelons le Corps du Christ ou l’Église. Liés les uns aux autres, non pas pour former un bloc replié sur lui-même, mais liés les uns aux autres pour être, au milieu du monde, les signes de l’Alliance et de la miséricorde de Dieu, de Dieu qui ne cesse pas d’agir en nous, si nous l’accueillons.

Avec ces jeunes, qui franchissent aujourd’hui un seuil, je vous demande ici, à Montbron et à La Rochefoucauld, et dans tout ce doyenné, de laisser le Dieu vivant passer par vous, par nous, pour devenir des signes de sa vie, la vie de Dieu qui, ici même, à travers nos corps, fait naître et renaître son Église.

+ Claude DAGENS

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