Le blog de Mgr Claude DAGENS

LES PROMESSES DE DIEU TRAVERSENT NOTRE HISTOIRE. Eucharistie à l'abbaye de Maumont, avec le P. Hervé Gosselin, nouvel évêque d'Angoulême

8 Décembre 2015 Publié dans #Homélies

LES PROMESSES DE DIEU TRAVERSENT NOTRE HISTOIRE. Eucharistie à l'abbaye de Maumont, avec le P. Hervé Gosselin, nouvel évêque d'Angoulême

« Rien n’est impossible à Dieu ». C’est votre devise d’évêque, Père Hervé Gosselin. Et c’est ce qui justifie et inspire toutes les promesses de Dieu en ce temps de l’Avent.

Car ce temps de l’Avent n’est pas seulement celui qui précède et prépare l’événement de Noël, et Dieu sait pourtant, et nous aussi, que cet événement vient bouleverser l’ordre du monde.

Mais ce bouleversement n’est pas violent. Il n’a pas la forme d’une révolution. Il révèle qui est Dieu pour nous quand il s’engage lui-même, en son Fils, à demeurer parmi nous, à vivre en nous, à devenir notre vie.

Ce bouleversement transforme nos représentations de Dieu. Le Maître des temps et de l’histoire n’est pas le grand Séparé ou le grand Absent comme on le lui reproche si souvent. Le Dieu vivant auquel nous apprenons à croire est d’abord passionné pour nous, pour notre humanité si facilement vaincue par ce qui la détruit.

Le Dieu qui se révèle à Abraham et à Moïse, et qui nous parle par les prophètes, ne cesse jamais de nous associer à son espérance et Lui : « Jérusalem, cité sainte, cité de Dieu, quitte tes vêtements de deuil ! Revêts-toi de la lumière du Seigneur ! Debout ! Tiens-toi sur la hauteur ! Regarde au loin ! »

Au-delà des bruits de guerre et de violence, si réels, entends aussi les appels à la délivrance, à la paix, à la réconciliation, au retour d’exil ! Regarde et vois les captifs qui reviennent, parce que la violence n’a jamais le dernier mot et que les violents seront vaincus !

Cette force-là, cette force secrète de l’espérance contre toute désespérance, c’est la force même, la force douce qui est au cœur de Dieu ! Et le cœur de Dieu s’ouvre déjà à nous à travers la passion des prophètes, et en particulier du dernier des prophètes, Jean le Baptiste, l’homme qui s’est laissé saisir par Dieu, au désert, et qui vient préparer ses chemins : c’est une immense métamorphose de la terre elle-même qu’évoque Jean-Baptiste : « Montagnes abaissées, ravins comblés, routes redressées », et nous savons aujourd’hui que cette métamorphose de la terre est aussi entre nos mains, car il nous faut apprendre à cultiver ce que nous sommes portés à saccager.

Mais aussi grande est la métamorphose de nos consciences et de nos cœurs. Et elle passe par des chemins intérieurs, et l’Évangile de Luc le fait comprendre à sa manière : face au pouvoir des puissants de ce monde, de ceux qui gouvernent la Palestine, de Ponce Pilate au roi Hérode, il y a Jean, l’homme du désert, l’homme qui témoigne de la passion de Dieu pour son peuple. Et il lance l’appel :

« Préparez les chemins du Seigneur ! Ne vous résignez plus au mal ! Ne vous laissez pas vaincre par les violences du monde ou par vos peurs ! Croyez que Dieu lui-même désire passer par vous pour transformer ce monde si dur en un monde réconcilié ! »

Et le plus beau alors, ce n’est pas seulement l’espérance qui renaît ! Le plus beau, le plus neuf, c’est la joie de participer à une rénovation du monde qui passe par nos vies converties à Dieu et par la vie de nos communautés !

L’Église que nous formons devient alors comme un bain, où nous sommes renouvelés, et l’apôtre Paul n’a pas peur d’employer le langage du cœur quand il écrit à cette communauté de Philippes à laquelle il est si attaché : ces femmes et ces hommes qu’il a initiés au mystère du Christ, il les aime « dans la tendresse du Christ Jésus », et il est heureux, même de loin, de se savoir emporté avec eux dans ce que le pape François appelle une « révolution de la tendresse ».

C’est de cela dont nous avons besoin, dans toutes nos communautés : de renverser les barrières de la peur, de démolir les jugements et les préjugés qui nous encombrent, de progresser en amour désintéressé et en clairvoyance pour discerner ce qui est le plus important !

Oui, où sont nos priorités ? Au-delà des préoccupations immédiates, si justifiées qu’elles soient, où se trouve ce qui est primordial pour que nous devenions ensemble cette part d’humanité qui se relève et qui apprend à croire jour après jour, que « rien n’est impossible à Dieu », et que rien n’est plus fort que cette promesse qui nous est faite inlassablement ?

Seigneur, tu nous connais, tu sais nos résistances, nos refus, nos lâchetés, viens, viens et réveille en nous le désir et la joie de participer à ta passion pour nous !

+ Claude DAGENS, administrateur apostolique du diocèse d'Angoulême

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