Le blog de Mgr Claude DAGENS

UNE FEMME CROYANTE ET ENTREPRENANTE. Homélie lors des obsèques de Mère Élie, à Genac, le 2 mai 2015

5 Mai 2015 Publié dans #Homélies

UNE FEMME CROYANTE ET ENTREPRENANTE. Homélie lors des obsèques de Mère Élie, à Genac, le 2 mai 2015

Le travail de Dieu, le travail du Christ, passe par nous. Lui est comme le cep et nous, nous sommes les sarments, capables, parfois, de nous dessécher, mais capables aussi de porter du fruit.

Nos vies témoignent de ce travail de Dieu en nous. Cela ne veut pas dire que nous serions sans défauts. Mais cela veut dire que nos actes sont en nous l’effet de l’Amour de Dieu, l’effet de la foi qui agit et qui devient source de vie pour d’autres.

Telle fut mère Élie : croyante et entreprenante. Il n’est pas difficile d’évoquer son parcours, commencé à Bassac, sous l’égide de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, et continué à Genac, à partir des années 1950, avec l’encouragement précieux du Père René Violleau.

À l’origine, il y eut l’accueil des jeunes, des pauvres surtout, avec la création d’un internat dispersé, puis l’afflux des élèves, l’initiative des transports scolaires et bien d’autres initiatives, qui allèrent jusqu’en Charente-Maritime, avec la maison de retraite de Candé, et puis, il y a près de vingt ans, la création de cette maison d’accueil pour les prêtres du diocèse, la « maison de Genac » qui est devenue un lieu simple de vie commune et de prière.

Je suis allé trop vite, mais je veux avant tout dire ici, devant témoins, que mère Élie s’est sans cesse laissée conduire par les événements, les appels, les besoins, les demandes. En se fiant au jugement et aux conseils des prêtres et des évêques, tout en manifestant sa grande liberté d’initiatives et sa capacité d’entreprendre, parfois au-delà de ce qui était normal.

Car cette Vendéenne, pétrie de foi catholique, avait aussi un fort caractère. Elle était audacieuse, parfois trop. Mais elle savait entraîner et convaincre, et, en des temps difficiles, quand il fallait répondre aux besoins des pauvres, elle n’hésitait pas à se lancer et à agir.

J’ai été aussi témoin, avec vous, sœur Jeanne-Marie, sœur Maria et sœur Francine-Marie, de la façon dont elle s’est peu à peu abandonnée à Dieu, en restant présente aux autres, tout en s’effaçant et sans doute en se désarmant. Durant ces derniers mois, dans cette maison accueillante de Rouillac, elle est restée silencieuse, mais confiante et priante, apaisée, et regardant souvent vers cette petite statue de Notre-Dame de Lourdes qui était proche d’elle.

Il est beau d’accomplir ainsi le passage, en croyant qu’avec le Christ, nous apprenons à passer de la mort à la vie, dès maintenant, dans la mesure où nous le laissons, Lui, habiter et agir en nous, comme la sève dans les sarments. Je vois encore mère Élie à la messe, à Genac : elle était présente, attentive, à côté de ses sœurs et des prêtres. Elle attendait. Elle espérait. Elle ne doutait pas du Christ. Elle pouvait lui rendre grâces et elle savait que, devant Lui, nous pouvons apaiser notre cœur, car « même si notre cœur venait à nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît tout » (1 Jean 3,20)

+ Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

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