Le blog de Mgr Claude DAGENS

POUR QUE VIVE LE CORPS DU CHRIST ! Eucharistie à Roullet, le samedi 28 avril 2012, avec consécration du nouvel autel et reconnaissance de l'équipe d'animation pastorale

7 Mai 2012 Publié dans #Homélies

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            Peut-être sommes-nous trop habitués à nos églises. Nous les considérons comme des monuments historiques, et nous avons raison, car elles le sont, surtout si elles viennent de loin, de l’époque romane, comme cette église de Roullet. Et à l’époque romane, l’Église et la société étaient étroitement reliées l’une à l’autre.

            Les temps ont changé. Que voulons-nous faire de nos églises ? Il est bon de les ouvrir, de les entretenir et de les restaurer. Elles font partie de nos communes. Mais cela ne suffit pas. Nous devons tout faire, dans des conditions nouvelles, pour qu’elles apparaissent pour ce qu’elles sont : des maisons de Dieu ouvertes à tous, des signes visibles de la présence du Christ Jésus parmi nous.

            « Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d’angle. » Ces paroles de vérité, c’est l’apôtre Pierre qui les adressait aux autorités de Jérusalem, alors qu’il comparaissait devant elles parce qu’il était accusé d’un acte illicite, la guérison d’un infirme au nom de Jésus.

            Dès les débuts de l’Église, le nom de Jésus est un signe de contradiction : pour les uns, il est porteur d’une révélation libératrice, pour d’autres, il est un objet de scandale. Et cela continue, sous des formes diverses. Et face à ceux qui les accusent, Pierre et les autres apôtres ne vont pas faire bloc : ils vont témoigner du Christ et de son Évangile de Salut. « Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité, et il a fait de Lui le Sauveur. » Précisons : non pas un chef qui s’impose, mais le pasteur qui a souci de chacune de ses brebis, qui veut qu’aucune ne se perde, et que va sans relâche à la recherche de celles qui se perdent.

            Voilà le mystère du Christ Pasteur : Celui qui vient non pas pour constituer un nouveau groupe religieux, mais pour assumer tout de notre condition humaine, et pour nous ouvrir à la paternité de Dieu : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père. »

            Ce nouvel autel est là comme un signe visible et durable de cet engagement de Dieu avec nous. Ici nous venons à la source d’une nouvelle Alliance en Jésus Christ mort et ressuscité. Et la source passe par le geste du pain rompu, par le sacrement de l’Eucharistie. « Mon corps livré pour vous… Mon sang versé pour vous… »

            Cet autel sera désormais le lieu où s’accomplit cet acte fondateur qui fait de nous non pas seulement des croyants au Christ, mais les membres solidaires du Corps du Christ. Et il est beau de penser que, tout à l’heure, à la fin de la messe, sera reconnue la nouvelle paroisse de Roullet – Nersac – Champmillon – Claix - Saint-Estèphe- Sireuil, avec l’équipe d’animation pastorale qui est à son service, dans ce doyenné d’Angoulême-Sud, de La Couronne.

            Mais vous comprenez bien que cette reconnaissance n’est pas d’abord un acte administratif. Elle est une façon de manifester que l’Eucharistie n’est pas seulement un acte visible de rassemblement. Elle est une source. Elle est un point de départ. Nous venons ici, dans cette église, près de cet autel, pour communier au Christ et pour former un peuple fraternel, où l’on apprend à se connaître, à se rencontrer et à manifester au milieu de tous la bienveillance de Dieu.

            J’aime cette prière de la consécration de l’autel qui exprime ce mouvement : « Que cet autel soit la table de fête où les convives du Christ afflueront dans la joie : en se déchargeant sur toi, Père, de leurs soucis et de leurs fardeaux, qu’ils reprennent ici courage pour une étape nouvelle. »

            Aujourd’hui commence à Roullet une étape nouvelle, d’autant plus qu’à l’intérieur de cet autel sont déposées les reliques du premier évêque de Poitiers, Hilaire, ce grand témoin de la vérité du Christ au IVe siècle, et aussi d’un évêque d’Angoulême du VIe siècle, Aptone, qui fit bâtir notre première cathédrale.

            Il est bon d’être ainsi reliés, à travers ces témoins, à la grande histoire du salut. À nous de nous reconnaître comme des enfants de Dieu et des témoins du Christ dans ces temps qui sont les nôtres. Des temps incertains, inquiets, où il faut résister à des logiques de séparation et de rupture, et où il nous faut apprendre à former un peuple d’enfants de Dieu, qui s’ouvrent à la joie de croire en Lui, et de devenir, en son nom, ceux et celles qui ne se lassent pas de se laisser aimer, rassembler et envoyer par Lui.

 

X Claude DAGENS

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