Le blog de Mgr Claude DAGENS

UN ÉVÉNEMENT DE RENAISSANCE. Eucharistie à Saint-Amant-de-Boixe, avec bénédiction de l'orgue, le dimanche 29 avril 2012

7 Mai 2012 Publié dans #Homélies

Orgue St Amant de Bx         

           Nous participons ce matin à un événement de renaissance, et de plusieurs manières. D’abord à cause de cet orgue que j’ai béni tout à l’heure et qui veut être fidèle à cette grande tradition musicale florissante à la Renaissance. Et c’était une époque où les guerres n’empêchaient pas l’Europe d’exister, ni les artistes italiens et français de pratiquer une émulation réciproque, encouragée par le roi François Ier, natif de Cognac, en Saintonge.

            Mais cet orgue participe à une autre renaissance, celle de cette abbatiale qui fut prospère au Moyen Âge, au moment où le mouvement monastique montrait concrètement que la foi en Dieu est créatrice de culture et d’œuvres culturelles, comme le pape Benoît XVI nous le rappelait il y a quelques années, au couvent des Bernardins, lors de sa visite à Paris.

            Oui, cette abbatiale de Saint-Amant-de-Boixe ne cesse pas de renaître et, en ce début du XXIe siècle, elle accueille cet instrument nouveau destiné à manifester l’alliance intime entre la musique et la foi.

            Comment cela est-il possible ? On peut répondre sans hésiter : parce que cet espace si vaste et si complexe est un signe durable de la présence du Dieu vivant parmi nous. Il est là, il s’ouvre à nous, il attend notre venue.

            Et voici que cette abbatiale, endormie durant des siècles, se réveille, en répondant à l’attente de Dieu. Et elle se réveille aussi grâce à ceux qui ont voulu cet orgue, non pas seulement pour occuper l’espace disponible, mais pour habiter ce lieu sacré et pour y faire retentir, avec finesse, et avec allégresse, la musique également sacrée du XVIe siècle.

            C’est comme si le grand courant de la louange de Dieu ressurgissait ici, pour réveiller le peuple de Dieu et pour donner ainsi à des amis de la musique sacrée de s’arrêter pour écouter le silence et pour laisser le Dieu vivant chanter en nos cœurs.

            Vive Dieu parmi nous, et vive cette force lumineuse de l’Amour de Dieu, tel que l’apôtre Jean l’évoquait dans sa première lettre : « Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a aimés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes… Mais ce que nous sommes ne paraît pas encore clairement. »

            Nous ne sommes pas encore transparents à la lumière de Dieu. Notre Église, pétrie de notre humanité, n’est pas encore transparente à la gloire du Christ, au rayonnement de sa bonté de pasteur qui ne se lasse pas d’aller à la recherche des brebis qui se perdent.

            Je souhaite que les artistes qui viendront ici aient toute liberté pour faire chanter cet orgue, et que ces chants soient variés, comme la musique de la Renaissance, parfois pour faire écho à la puissance du Très Haut, parfois pour faire percevoir les murmures de nos cœurs, surtout quand ils gémissent.

            Je souhaite que cet instrument sacré soit, du même mouvement, au service de la musique et de la foi en Dieu, ou plutôt qu’il suscite chez tous les enfants de Dieu le désir de s’ouvrir à Lui, notre Père, et de connaître ainsi la joie de s’approcher de son Royaume pour le voir tel qu’il est, infini et si proche.

 

X Claude DAGENS

 

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