Le blog de Mgr Claude DAGENS

NOUS SOMMES TOUS EN ÉTAT D'INITIATION AU MYSTÈRE DE DIEU. Homélie lors de la confirmation à St-Amant-de-Boixe, le 22 septembre 2013

24 Septembre 2013

NOUS SOMMES TOUS EN ÉTAT D'INITIATION AU MYSTÈRE DE DIEU. Homélie lors de la confirmation à St-Amant-de-Boixe, le 22 septembre 2013

À première vue, on ne peut établir aucun lien entre la Parole de Dieu que nous entendons aujourd’hui et qui est bizarre, et l’événement heureux que constitue l’événement que vont vivre ces quatre jeunes femmes de chez vous, en recevant le sacrement de confirmation.

Que Dieu me pardonne, mais je partirai d’abord de cet événement heureux ! Oui, heureux pour vous, Frédérique, Sylvie, Géraldine et Sandra, parce que vous savez bien, vous, qu’en recevant le don de l’Esprit Saint, vous accomplissez un acte de confiance qui s’inscrit sur le chemin que vous êtes en train de parcourir.

C’est le chemin de l’initiation à la Vérité et à la Bonté de Dieu que vous avez découvert, même à travers des moments d’épreuves, comme Quelqu’un sur qui vous pouvez compter, Quelqu’un qui est là, proche et bienveillant, et capable d’apaiser votre cœur quand votre cœur est inquiet.

Et ce chemin de la foi, vous le parcourez avec vos enfants, et ce sont même vos enfants qui vous ont appelées, par leur naissance et par leur baptême, à vous laisser conduire par Dieu, en le priant, en le connaissant à travers sa Parole et en venant le rencontrer dans le sacrement de l’Eucharistie.

Si je vous communique aujourd’hui son Esprit Saint, c’est pour que vous preniez votre place dans le peuple de Dieu, pour que vous n’ayez pas peur de témoigner de Lui, au milieu des autres.

Oui, préparez-vous à témoigner de Lui et de son action au milieu de ceux et de celles qui ne croient pas.

Les autres, nous ne les jugeons pas, mais, quand l’occasion se présente, nous sommes heureux de leur dire nos raisons d’être croyants et de vivre cette relation à Dieu non pas comme une contrainte, mais comme une joie, comme une force pour faire face à nos difficultés et pour résister au découragement. La source de notre espérance, c’est Lui, c’est le Seigneur, tel qu’il se révèle à travers sa Parole.

Et j’en viens à la Parole de Dieu prévue pour ce dimanche et qui est bizarre, apparemment contradictoire. D’un côté – c’est la première lecture – le prophète Amos dénonce les injustices et les malhonnêtetés des riches qui écrasent les pauvres, en augmentant les prix, en faussant les balances et en traitant ces pauvres comme des marchandises. Dieu ne supporte plus ces perversions graves.

Et, d’un autre côté – c’est l’Évangile de Luc – voici que Jésus fait l’éloge, à travers une parabole, d’un gérant malhonnête qui fabrique de fausses factures pour obtenir l’appui de ces gens endettés dont il allège les dettes. Et Jésus ajoute ces paroles étonnantes : « Le maître fit l’éloge de ce gérant trompeur, qui s’était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »

Faudrait-il en conclure que la morale chrétienne encouragerait à la tromperie dans les pratiques commerciales ? Il faut évidemment aller au-delà de cette première impression et chercher à comprendre sur quoi Jésus veut attirer notre attention. C’est du côté de la finale de la parabole qu’il faut percevoir cet avertissement. L’important, c’est d’apprendre à être libre par rapport à l’argent, à l’argent qui peut exercer sur nous un pouvoir tyrannique, dont on devient esclaves. L’argent arrogant, l’argent qui fait la loi, l’argent qui fascine et qui corrompt, l’argent dont les impératifs deviennent inhumains.

À nous de résister ! À nous de choisir, en refusant cet esclavage et en donnant en tout la priorité à la personne humaine, et à sa dignité, car aucun être humain ne peut être traité comme un objet ou une marchandise.

Alors on peut comprendre que les personnes humaines sont infiniment plus importantes que les calculs financiers, même malhonnêtes. Le gérant menacé est habile parce qu’il a su faire valoir non pas le montant des factures, mais le cœur de ses amis.

Frères et sœurs, cette pratique-là, cette pratique de l’amitié est plus importante que tout. Dans notre société si dure et si fragile, c’est à nous de faire valoir cette pratique-là, qui remet l’argent à sa place, et qui donne la priorité aux personnes parce que notre dignité humaine, notre dignité d’enfants de Dieu vaut plus que tout !

+ Claude DAGENS

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