Le blog de Mgr Claude DAGENS

VOEUX POUR 2010

15 Janvier 2010 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Interventions diverses

Présentation des voeux le 9 janvier 2010, à la Maison diocésaine

 

Faut-il parler de courage parce que vous avez résisté à l’épreuve du froid, de la neige et peut-être du verglas ?

            J’aime mieux parler de joie : la joie d’être ici, réunis, proches les uns des autres et de former, de représenter cette Église de Charente, ce Corps du Christ éprouvé, mais vivant, soucieux de son avenir, mais associé à l’avenir de notre société incertaine.

            Et je voudrais vous dire les raisons de cette joie et de cette confiance.

 

 

1. Oui, nous sommes le Corps du Christ éprouvé mais vivant

 

            Permettez-moi ici une confidence : plus les années passent, et plus je comprends, plus je mesure ce qu’est la mission d’un évêque : il s’agit d’être au cœur du Corps avec les prêtres et les diacres, les religieuses et vous tous, peuple de baptisés, et d’être un véritable pontife, un faiseur de ponts ou de liens, précisément dans la diversité si réelle de ce Corps.

            Car cette diversité est plus réelle que nous n’osons le penser :

            - Combien de nationalités représentées parmi nous en ce moment même, des Portugais aux Africains, du Congo au Rwanda, en allant jusqu’au Vietnam ?

            - Et que de diversités d’appartenances sociales et de références culturelles. Je n’insiste pas. Mais c’est cela l’identité catholique à l’intérieur de ce que l’on appelle l’identité nationale : la capacité de réunir des personnes différentes, réellement très différentes, à tous points de vue, et de les réunir vraiment pour qu’elles forment un Corps, le Corps du Christ.

            Et puis dans cette Église elle-même, que de vitesses différentes dans nos initiatives et dans nos actes, en particulier dans la réalisation de nos Équipes d’animation pastorale ! Les unes sont déjà anciennes, d’autres sont en voie de constitution. Mais vous le savez bien : on ne force rien, mais on ne laisse pas faire n’importe quoi, et on encourage à vérifier ce qui se passe vraiment lorsque des prêtres, et des hommes et des femmes laïcs, baptisés, comprennent qu’ils portent ensemble la responsabilité de vivre le mystère du Christ et d’en donner des signes, par la prière, par la lecture de la Parole de Dieu, par la liturgie, par des actes de solidarité avec des gens qui restent au bord du chemin et qui vivent des situations insupportables de précarité et de solitude…

            On l’a fortement senti au dernier Conseil presbytéral et au dernier Conseil pastoral : nous n’avons pas seulement besoin les uns des autres, nous avons besoin d’apprendre les uns des autres à former vraiment le Corps du Christ, selon cette dynamique extrêmement concrète que l’apôtre Paul expliquait aux Corinthiens :

            «  Dieu a composé le corps... afin qu’il n’y ait pas de division dans ce corps, mais que les membres aient un commun souci les uns des autres. Si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. Si un membre souffre, tous partagent sa souffrance ! » (1 Cor. 12, 24-26)

            Et c’est le cas !

            Le Père Michel BOULLET vient d’être reconnu par la République laïque. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Nous nous en réjouissons pour lui. Bravo !

            D’autres membres souffrent. J’en nommerai un seul, une seule : Francette GAILLARD. Elle vient d’être opérée. Elle le savait. Elle poursuit son service. Elle fait partie de ces femmes qui sont des liens vivants à l’intérieur du Corps, avec des prêtres (Laurent MAURIN et Benoît LECOMTE) quand il s’agit de montrer qu’il n’y a pas deux Églises, celle des jeunes et celle des vieux, mais un seul Corps où des jeunes et des adultes cherchent à progresser dans une même direction que je tiens à souligner : l’initiation réelle, concrète, persévérante, au mystère de Dieu manifesté dans la personne et l’humanité de Jésus, le Christ, le Fils du Dieu vivant, pour une Alliance nouvelle.

 

 

2. À travers notre foi, nous sommes associés à l’avenir de notre société

 

            Et c’est la seconde raison de dire aujourd’hui ma joie, et même ma fierté, et mes vœux pour notre Église de Charente, éprouvée et vivante. Il est certain que nous sommes préoccupés pour notre avenir, avec des affaiblissements évidents, des vieillissements incontestables, des renouvellements difficiles. Inutile d’insister.

            Et pourtant, nous le savons tous, nous le sentons tous : dans notre faiblesse, il y a des signes qui ne trompent pas et qui montrent que nous ne nous heurtons pas seulement à l’indifférence, mais que nous suscitons des questions, ou plutôt que nous avons à répondre à des attentes qui sont là et qui nous dépassent…

            L’autre jour, ce jeune père de famille, présent à l’inauguration de la crèche de Soyaux. Il regardait lui aussi vers Marie, cette jeune femme qui contemple son bébé nommé Jésus. Et aussitôt après, il me disait : « Mon petit garçon n’est pas baptisé, mais c’est lui qui nous pose des questions. Il veut entrer dans l’église et il regarde, et il demande : pourquoi vient-on ici ? Et Dieu, qui c’est ? Où est-il ? Est-ce qu’on peut lui parler ? Est-ce qu’il nous entend ? »

            Et cette autre personne, qui avait reçu chez elle un technicien pour réparer un appareil électrique. C’était deux jours avant Noël, alors elle lui a dit : « Bon Noël ! ». Et il l’a regardée, avec un mélange d’étonnement et de tristesse, en murmurant : « Ah, je voudrais bien comprendre maintenant ce que cela veut dire et comment l’expliquer à mes enfants ! » Et c’était l’expression d’une attente. En tout cas, ne faisons pas comme si tout le monde savait et comprenait le mystère de la foi !

            Mes amis, frères et sœurs, ce sera ma conviction et mon souhait : que nous n’ayons pas peur de comprendre que ce que nous croyons de Dieu peut intéresser des personnes qui n’adhèrent pas à notre foi et que nous ne soyons pas alors des donneurs de leçons, mais des hommes et des femmes engagés dans le dialogue avec Dieu, en sachant que ce dialogue passe aussi par ces inconnus ou ces trop connus qui sont là, tout près de nous et qui eux, laissent monter en nous la première question de Jésus à ses disciples : « Que cherchez-vous ? ». Et que nous puissions y répondre comme si elle était toujours à entendre par nous : « Nous te cherchons, Seigneur, et nous croyons que toi, tu sais trouver les chemins par lesquels tu nous conduiras vers le Père et vers les autres, pour les mois qui viennent, au milieu de l’inconnu, du prévisible et de l’imprévisible, et même parfois de ce qui paraît impossible. Mais rien n’est impossible à Dieu et il s’est engagé, Lui, le Fils, à être avec nous chaque jour, jusqu’à la fin des temps ». Cela vaut aussi pour 2010 ! Ainsi soit-il !

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