Le blog de Mgr Claude DAGENS

"UNE PETITE FILLE, CETTE REINE DES ANGES". Fête de l'Immaculée Conception à Notre-Dame d'Obezine, le jeudi 8 décembre 2011

9 Décembre 2011 Publié dans #Homélies

 

   ND de Lourdes

 

      « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a destinés à devenir pour lui ses enfants en Jésus Christ ! »

            Voilà notre vocation commune : connus de Dieu, adoptés par Lui pour toujours, appelés à partager sa vie et à entrer dans son Royaume !

            Et cette vocation commune passe par une vocation unique : celle d’une jeune fille juive de Nazareth, nommée Marie, qui a reçu un appel personnel de Dieu, transmis par l’ange Gabriel :

            « Réjouis-toi, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi… Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils. Tu lui donneras le nom de Jésus. Il va naître de toi et il est engendré par le Père des cieux. Il est son Fils. »

            Il y a quelque chose de vertigineux dans cette révélation : que le Verbe créateur de l’univers puisse devenir chair, comme l’écrira Jean, ce témoin privilégié, et que cette chair, ce corps humain du Fils de Dieu prenne naissance dans le corps d’une jeune fille, qui va consentir à cette vocation unique : « Qu’il me soit fait selon ta Parole. »

            C’est une histoire étonnante et réelle qui commence à Nazareth, à partir de cette parole de Marie : une histoire qui n’aura pas de fin. Dieu, le Père des cieux, n’en finit pas de se lier à nous, de cette manière-là, infiniment discrète, sans s’imposer, à travers ces dialogues qui font appel à notre liberté et qui s’inscrivent dans la chair de notre humanité.

            Mais Marie est unique, et nous le savons bien, même si le terme d’« Immaculée conception » est d’abord difficile à saisir, comme pour Bernadette de Lourdes. Mais justement, il suffit de regarder vers cette grotte, de faire silence et de deviner cette présence, ce regard d’attention, de bienveillance, limpide comme la source qui a jailli au milieu de la boue.

            BERNANOS l’a dit de façon admirable : Marie, cette « reine des anges », « c’est une petite fille ». « Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et sur notre malheur… Oui, pour bien la prier, il faut sentir sur soi ce regard… qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue, et bien que Mère par la grâce, mère des grâces, la cadette du genre humain. »

            Plus jeune que le péché, que le péché originel, et témoignant de la bonté originelle du Père des cieux, qui, elle, est plus originelle que tout et que le mystère du mal ! Quelle merveille !

            Conçue sans péché, Marie ouvre nos regards à ce monde nouveau, qui demeure blessé, mais dans lequel la grâce de Dieu, la miséricorde du Christ, la puissance de sa résurrection ne cessent pas d’être à l’œuvre.

            Et l’Église est ce lieu où cette œuvre s’accomplit, et cette œuvre passe par nous, par nos façons d’aimer, d’accueillir, de pardonner, et d’abord de regarder. Oui de regarder tout ce qui nous blesse, tout ce qui provoque nos peurs et notre honte, tous ces refus qui nous habitent, mais de voir au-delà, ou plutôt au-dedans, au plus profond de ce monde réel : là où peuvent s’éveiller la joie d’accueillir la bonté du Père des cieux, la joie de s’abandonner à Lui et de laisser sa Parole s’accomplir en nous.

            Frères et sœurs – et je le dis spécialement à vous, membres des Équipes Notre-Dame – je vous demande de témoigner de ce travail de Dieu en nous, quand il nous appelle à surmonter des crises, à ne jamais désespérer des autres, en particulier de vos enfants ou de vos petits-enfants, à reprendre sans cesse les dialogues nécessaires, à pratiquer en vous-mêmes l’initiation à la grâce du Christ.

            Et toi, Vierge Marie, Notre-Dame d’Obezine, ici comme à Lourdes, donne-nous de croire que « rien n’est impossible à Dieu » et qu’il est toujours possible de renaître de Lui, en désirant vraiment que l’Église soit comme un bain d’espérance, dans lequel notre initiation au mystère de Dieu et à la vie éternelle se poursuit sans cesse…

 

X Claude DAGENS

évêque d’Angoulême

 

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