Le blog de Mgr Claude DAGENS

Une cérémonie républicaine et un signe pour l'Église. EA 16 janvier 2009

20 Janvier 2009 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Edito Église d'Angoulême

Le samedi 24 janvier, dans la matinée, aura lieu à la Maison diocésaine une « cérémonie républicaine ». Je recevrai les insignes d’officier de la Légion d’Honneur des mains de Roger FAUROUX, ancien ministre de l’Industrie du gouvernement de Michel ROCARD.

            Roger FAUROUX, qui a lui aussi des racines pyrénéennes, a exercé de multiples responsabilités dans le monde industriel (à Saint Gobain Pont-à-Mousson) et au service de l’État (il fut président du Haut Conseil à l’Intégration). J’admire la liberté d’esprit et le courage avec lesquels il a toujours su manifester l’enracinement chrétien de ses convictions.

            Je suis heureux de le retrouver pour cette « cérémonie républicaine » qui est largement ouverte à ceux et celles qui en devinent le sens. J’ai souhaité aussi qu’elle réunisse spécialement deux catégories de personnes : des membres de l’Église et des élus locaux. Je tiens à expliquer les raisons de cette double invitation.

            Première raison : je suis convaincu – et je le vérifie souvent moi-même comme évêque – que les uns et les autres nous nous trouvons sur le même terrain : celui de notre société fragile et inquiète de son avenir, surtout en ce temps de crise. De sorte qu’il ne nous est pas difficile de nous comprendre : chacun, à sa manière, nous avons besoin d’être reconnus comme des citoyens effectivement présents à la vie commune, avec ses aléas, ses projets, ses inquiétudes.

            Seconde raison, inséparable de la première : à travers nos engagements personnels, pour nous, membres du Corps du Christ, c’est la présence réelle, modeste, mais réelle de l’Église catholique qui se manifeste et qui s’inscrit dans le tissu souvent déchiré de notre société.

            Autrement dit, je souhaite que l’insigne républicain que je vais recevoir puisse être reconnu aussi comme un signe : précisément le signe de notre vocation commune de baptisés, appelés à être « sel de la terre et lumière pour le monde » (Matthieu 5, 13-14).

            Je ne cherche pas ainsi à « baptiser » la Légion d’Honneur. Je me réjouis simplement de ce que la République laïque puisse reconnaître la place spécifique des catholiques à l’intérieur de la nation et de la société françaises, à charge pour nous, et spécialement pour moi, en tant qu’évêque, de faire comprendre, quand l’occasion se présente, de quelle source découlent nos engagements personnels, et à qui nous nous référons quand nous osons nous présenter comme « l’âme du monde ».

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