Le blog de Mgr Claude DAGENS

UN NOUVEL AUTEL, SIGNE DE DIEU PARMI NOUS. Homélie lors de la consécration du nouvel autel de Saint-Saturnin, le 2 septembre 2012

4 Septembre 2012 Publié dans #Homélies

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           Nous comprenons assez facilement ces avertissements de Jésus : le culte qui plaît à Dieu ne passe pas d’abord par des gestes extérieurs qui ne nous engageraient pas, en particulier par des ablutions plus ou moins inutiles. Le culte véritable passe avant tout pas nos cœurs convertis, qui s’ouvrent au Dieu vivant et qui refusent les conduites mauvaises.

            Et Jésus insiste, et cette insistance a une valeur permanente : le mal vient de l’extérieur, il nous saisit, il nous entraîne. Il serait inutile d’accuser les autres, ou des forces extérieures à nous-mêmes, matérielles ou immatérielles. Certes, l’Adversaire, Satan, existe et agit, mais il est vaincu, et quand il agit, il nous entraîne dans le néant, dans la destruction de nous-mêmes, comme lui, à travers ce qui nous possède, ces addictions en tout genre, ces attachements dont nous devenons esclaves. C’est clair : le culte du vrai Dieu exige une relation intérieure à Celui qui nous fait vivre de Lui et qui nous libère.

            Mais alors, que faut-il penser de cet autel, de ce nouvel autel, qui est là, à l’extérieur de nous ? Cet autel est fait pour être vu. C’est un objet visible, extérieur. Mais cet objet n’est pas comme les autres, et ceux qui l’ont construit le savent bien, à leur manière. Ils n’ont pas fabriqué une table sculptée, avec des chapiteaux du Moyen Âge. Ils ont façonné des pierres et des émaux destinés à accueillir le don de Dieu, à travers l’Eucharistie.

            Et même ceux et celles qui ne savent rien du mystère de l’Eucharistie peuvent le deviner : cet autel n’est pas un objet comme les autres. Il va être consacré, avec de l’huile sainte, et préparé, avec des lumières et avec une nappe, pour recevoir le pain et le vin qui deviendront réellement le Corps et le Sang du Seigneur, à partir des paroles du Christ que je prononcerai, avec les prêtres qui sont là.

            Cet autel est là, devant nous, il reste fait de pierres et d’émaux, mais il devient un signe, c’est-à-dire qu’il est pour toujours destiné à accueillir le grand signe de Jésus Christ livré pour nous.

            St-Saturnin consécration002Et ce qui ne dure qu’un moment, l’Eucharistie, donne sa vocation définitive à cet autel qui demeurera ici, dans cette église, pour des décennies et peut-être des siècles. Et l’on pourrait s’arrêter sur ce mystère de présence qui traverse les siècles. Mais nous sommes appelés à célébrer surtout l’aujourd’hui de Dieu qui se donne en venant parmi nous.

            Voilà la nouveauté de l’Eucharistie ! Dieu s’ouvre à nous en nous livrant son Fils, né de notre chair et devenu notre frère. Et si Lui, le Seigneur, vient ainsi parmi nous, ce n’est pas pour une action magique, dont nous serions les spectateurs passifs.

            S’il se donne avec son corps et son sang, c’est pour que nous le recevions, pour que nous vivions de Lui, en ce monde souvent si dur et si fragile. Et s’il se donne en devenant notre frère, avec la force de Dieu, c’est pour qu’à notre tour, nous formions un peuple de frères. Comprenons bien : non pas un peuple de gens qui s’entendraient toujours facilement, mais un peuple fait d’hommes et de femmes très divers, parfois très généreux, et parfois insupportables, mais un peuple où l’on se sait appelé à partager non pas nos bons sentiments, mais ce que Dieu nous donne, cette force mystérieuse qui jaillit de son cœur, en Jésus, le Ressuscité.

            Et c’est pourquoi il sera important que cette église soit ouverte, autant qu’il est possible : pour que des inconnus puissent venir ici, s’arrêter, et prier en regardant vers cet autel consacré, en cherchant une présence, une consolation, un signe de confiance et de pardon.

            Le signe est là, présent. Il nous attend. Dieu nous attend ici et nous le prions déjà au nom de ceux et de celles qui viendront ici et qui se rassembleront dans cette église, en attendant les restaurations à venir, ou qui sauront, même à distance, que Dieu est là, au milieu de nous, et qu’il veille toujours pour que nous ne soyons pas vaincus par le mal, pour que nous soyons libérés par sa présence fidèle.

 

X Claude DAGENS

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