Le blog de Mgr Claude DAGENS

TOUT CE QUE DONNE LE CHRIST. Homélie lors de l'eucharistie du 60e anniversaire de mariage de Jean et Huguette Levron, le 24 août 2013

30 Août 2013 Publié dans #Homélies

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Cher Jean, chère Huguette,

 Vous n’êtes peut-être pas des saints, mais vous êtes certainement des chrétiens fidèles. Ou plutôt, depuis plus de 60 ans, c’est le Christ qui vous a été fidèle et qui a même choisi de passer par vous pour manifester à d’autres sa présence, sa bonté, son Alliance.

C’est à Lui, le premier, que nous rendons grâce aujourd’hui pour vous. Avec, tout de même, un peu d’étonnement et d’admiration. Parce qu’en vous connaissant et en vous voyant, on ne peut pas s’empêcher de constater chez vous un phénomène assez exceptionnel : tout se tient dans vos existences, la vie familiale et les engagements multiples, aussi bien dans la société que dans l’Église, de la Grande Garenne à l’Isle d’Espagnac, et de Saint-Michel-sur-Orge à Angoulême. Et je laisse de côté la liste considérable de vos actions et de vos responsabilités, de Soyaux à New York, de la statue de la Liberté au Centre Jacques Sevin, et des Équipes Notre-Dame à celles du Rosaire, pour me demander en sourdine, et devant vos enfants, qui, à certains moments, ont bien dû vous faire quelques remarques : mais enfin, pourquoi tout cela ? Et comment tout cela tient-il ensemble ?

 Eh bien, 60 ans après, on peut donner la réponse : il existe Quelqu’un qui, Lui, a la liberté de se glisser en nous pour unifier nos cœurs et nos consciences, en y mettant une même force, celle de sa vérité et de sa charité. Grâce à lui, la vie chrétienne est extraordinairement simple : elle consiste, comme l’écrit l’apôtre Jean, « à avoir foi en Jésus Christ, le Fils du Dieu vivant, et à nous aimer les uns les autres. »

Mais ce qui est simple n’est pas forcément facile : vous, vous avez presque toujours surmonté les difficultés, en allant à l’essentiel, du Christ et de sa charité, et vous avez compris qu’il ne suffit pas d’en parler, il faut la mettre en pratique.

Alors les Béatitudes deviennent elles aussi extrêmement parlantes : ces pauvres bienheureux à cause de leur cœur ouvert, ce sont ceux et celles qui, au bord du chemin, attendent des signes de confiance et de tendresse, pas besoin de chercher au loin pour les rencontrer, d’autant plus qu’à certains moments, ces pauvres, c’est nous, lorsque nous n’osons plus crier notre détresse et notre solitude et que le Christ passe alors par des membres visibles de son Corps pour nous arracher à ce qui nous fait mal.

Tout, dans le Corps du Christ, ne tient que par ce travail permanent qui exige beaucoup de conversions et de patience. Et que notre pape François soit déjà remercié de nous appeler à ce cœur brûlant du mystère de l’Église, sans lequel tout le reste s’effondre.

Mais en vous voyant aujourd’hui, Jean et Huguette, au milieu de vos enfants, de vos petits-enfants, de vos arrière-petits-enfants et de beaucoup d’amis connus et inconnus, nous sommes rassurés. À travers vous, nous percevons quelque chose de ce qui fait tenir le monde et chacun de nous, au milieu de toutes les secousses de la vie.

D’autant plus que vous avez choisi une seconde lecture très réaliste où, après des paroles sévères d’avertissements, se trouvent de très beaux encouragements : « Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent », et « nivelez la piste pour y marcher », sans se tordre le pied.

Voilà votre programme de vie ! Nous y adhérons, nous le partageons et nous vous remercions de tout cœur de vous tenir ainsi, au milieu de nous, avec la belle certitude que Celui qui était présent à votre mariage continue à vous ouvrir sa route et qu’à travers vous, nous recevons tous ses avertissements et ses encouragements.

Oui, nous allons vers le Père des cieux avec la force qui vient du Christ et qui, elle, est infatigable, inusable, indestructible et vous en êtes les témoins pour aujourd’hui et pour demain ! Alléluia et gloire au Christ Sauveur !

 

+ Claude DAGENS

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