Le blog de Mgr Claude DAGENS

ROME, L'APÔTRE PIERRE, RAPHAËL ET MICHEL-ANGE. Éditorial d'"Église d'Angoulême", 16 septembre 2012

17 Septembre 2012 Publié dans #Edito Église d'Angoulême

            St Pierre Vatican

 

            Je serai à Rome du 19 au 29 septembre de cette année 2012, avec 34 frères évêques de France, de Rouen à Bayonne, pour notre visite ad limina apostolorum, comme pèlerins dans la ville des apôtres Pierre et Paul.

            Le lendemain de notre arrivée, le 20 septembre, j’irai prier devant la tombe de cet homme nommé Simon, ce pêcheur du lac de Galilée qui a rencontré Jésus de Nazareth et qui l’a suivi jusqu’au bout. Et je me souviendrai des dialogues décisifs avec lui : « Va au large ! » ou « Avance en eau profonde ! » (Luc 5,4), et surtout, quelques années plus tard, encore au bord du lac : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime. » (Jean 21, 15.17).

            Je prierai le Christ près de cet homme généreux et impulsif qui a appris peu à peu à quelle vie nouvelle il était appelé, comme Paul. Il s’agit de « le connaître Lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances. » (Philippiens 3,10).

            Le cœur de Rome est là, enfoui en terre, sur la colline du Vatican et sur la route d’Ostie. Et je n’oublie pas, au-dessus, l’immense basilique baroque, avec à droite, la Pietà de Michel-Ange, et aussitôt après la tombe en marbre gris de Jean-Paul II et plus loin celle du bienheureux Jean XXIII, le pape de ma jeunesse, et, de l’autre côté, mon ami saint Grégoire le Grand, « servus servorum Dei ».

            Bien entendu, ce jour du 20 septembre, je rendrai grâces pour les 25 années de mon ministère d’évêque à Poitiers et à Angoulême, avec la joie de témoigner de ce temps de renaissance que je vis actuellement, avec d’autres, au sein même de ce qui nous éprouve. Et je laisserai alors passer dans ma mémoire et dans mon cœur bien des visages, à commencer par ceux des personnes avec lesquelles je suis aujourd’hui appelé à donner ma vie, prêtres, diacres, religieuses, laïcs, embarqués dans l’aventure de la foi et de la fraternité chrétiennes.

 

            À Rome, auprès du pape et de tous les grands « ministères » qui collaborent à sa mission, avec mes frères évêques, je porterai témoignage de ce paradoxe actuel : oui, l’Esprit Saint nous est donné, il est donné à l’Église catholique tout entière, non pas pour succomber à la peur et au découragement, mais pour annoncer le Christ mort et ressuscité, « avec force, avec amour et avec discernement » (cf. Paul, 2 Timothée 1,7).

 

           Pieta Michel AngeMais à Rome, nous sommes aussi témoins de cette étonnante Alliance entre la foi et la culture, qui commence avec les peintures des catacombes et qui semble s’épanouir avec les peintures et les sculptures glorieuses de l’époque baroque : Raphaël, Michel-Ange, et Pinturicchio, et Lorenzetti, et tant d’autres, et cet obélisque qui rappelle le cirque de Néron, où Pierre fut sans doute crucifié.

            Quelle histoire, Seigneur ! Quelle histoire parfois héroïque et parfois dérisoire ou troublante ! Quelle histoire réelle du Christ parmi nous et c’est Lui, le Seigneur, qui porte l’Église, à travers tant d’épreuves, et de violences, et de scandales, et de peurs surmontées ! « Christus vivit, Christus regnat, Christus, Christus imperat », à travers sa Croix et sa Pâque ! Nous ne l’oublions pas, même à Rome, surtout à Rome !

 

X Claude DAGENS

le 3 septembre 2012

en la fête de saint Grégoire le Grand

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