Le blog de Mgr Claude DAGENS

QUI EST DIEU POUR VOUS ? Messe en l'église Saint-Pierre Aumaître, le dimanche 20 mars 2011

22 Mars 2011 Publié dans #Homélies

           

           Parmi nous, il y a des enfants qui seront baptisés dans quelques semaines, parce que leurs parents ont désiré ce geste de Dieu, ce sacrement du baptême pour leur enfant.

            C’est un geste très simple et très beau : le prêtre verse de l’eau sur le front de l’enfant, en disant : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils et de l’Esprit Saint ». Et puis on allume un cierge au cierge de Pâques, qui représente Jésus ressuscité, vivant dans la lumière de Dieu et vivant parmi nous.

            Et ce geste du baptême, ce sacrement du baptême va nous relier pour toujours à Jésus, le Fils du Dieu vivant. Devenir chrétien, c’est être relié à Jésus, à l’homme Jésus en qui Dieu vient nous parler, et se lier à nous, puisque cet homme est son Fils.

            Et si jamais on nous demande, si des amis musulmans qui croient aussi en Dieu, nous demandent : « Qui est Dieu pour toi ? Pourquoi crois-tu en Dieu ? », il faut reconnaître que c’est une très grande question, que l’on ne peut pas y répondre n’importe comment, mais que l’on peut y répondre en nous appuyant sur le témoignage des premiers amis de Jésus, des apôtres : en particulier les trois apôtres dont nous parle l’Évangile d’aujourd’hui, Pierre, Jacques et Jean.

            Ce Jésus de Nazareth, ils l’ont rencontré, ils l’ont suivi, ils l’ont vu aller à la rencontre des pauvres et des malades, et un jour – qu’ils n’ont pas oublié – sur une montagne, ils ont été témoins d’un événement étonnant : Jésus est là, près d’eux, il prie, et soudain, il est transfiguré, son visage devient transparent à la lumière de Dieu, et tout son corps humain rayonne… Et ce n’est pas un spectacle, comme dans les bandes dessinées ou dans les films fantastiques où l’on voit des héros qui étincellent, comme s’ils étaient devenus radioactifs.

            Jésus n’est pas devenu radioactif. Il laisse transparaître le Dieu invisible qui, en Lui, se rend visible. Et les apôtres admirent, et s’étonnent, ils sont éberlués, ils ont peur d’entrer dans la gloire de Dieu.

            Heureusement, il n’y a pas que le moment extraordinaire de la transfiguration. Voici que vient une nuée lumineuse et de la nuée, une voix qui proclame un message étonnant et rassurant : « Celui-ci n’est pas Superman ! Celui-ci, Jésus, est mon Fils, mon bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ! Écoutez-le ! »

            Alors c’est le silence. C’est le moment d’écouter cette parole qui vient du ciel de Dieu. Ce Jésus, qui est là, avec son corps d’homme, il est donc en relation avec Quelqu’un qui se révèle comme son Père, qui l’aime et qui lui donne sa vie !

 

            Frères et sœurs, voilà qui est Dieu pour nous, en Jésus, le Christ ! Dieu est pour nous le Père des cieux qui vient, en son Fils, vivre au cœur même de notre humanité, avec notre chair et notre sang.

            Nous ne croyons donc pas en une superpuissance céleste qui nous dominerait, à un grand manitou qui tirerait les ficelles du monde et provoquerait des tremblements de terre. Nous croyons au Père de Jésus, qui nous aime d’un amour sans limites. Oui, sans limites.

            Parce qu’il faut être clair. Les pères humains font tout ce qu’ils peuvent pour aimer. Mais parfois, ils renoncent. Ils sont absents, ou ils ne sont que de grands enfants qui n’arrivent pas à devenir des pères qui aiment vraiment leurs enfants, surtout si eux-mêmes n’ont pas été aimés par leurs parents.

 

            Voilà ce qu’est l’Église : la famille des enfants de Dieu! Et ne rêvons pas : s’aimer en famille, ce n’est pas toujours facile, parce que chacun a son caractère ! Et se pardonner en famille, quand on s’est fait du mal, c’est parfois très difficile !

            Mais Dieu reste pour nous ce Père qui, Lui, croit vraiment en chacun de nous, parce que chacun de nous est unique, et que chacun est appelé à trouver et à prendre sa place dans ce grand Corps vivent qu’est l’Église.

            Pas un club, où l’on se choisirait les uns les autres, en restant toujours entre soi, mais une maison ouverte, une maison où l’on est heureux d’accueillir des nouveaux, des jeunes et des adultes, comme Élisée, cette femme togolaise, qui se prépare à recevoir le baptême pour Pâques.

            Et Élisée, elle, a très bien compris l’importance de la parole que Dieu adresse à Abraham : « Quitte ton pays ! Laisse ta famille et la maison de ton père, et va dans le pays que je te montrerai… »

            Et le pays que Dieu nous montre, ce n’est pas seulement la France, c’est le monde, c’est ce monde où nous apprenons à croire en Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit Saint, l’Esprit qui vient nous apprendre à dire à Dieu : « Père, notre Père ! Je suis ton enfant, nous sommes tes enfants, reste avec nous et donne-nous la joie de former un peuple de baptisés, de croyants et de témoins. »

 

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