Le blog de Mgr Claude DAGENS

QUE FAIT L'ESPRIT SAINT ? Eucharistie et confirmation de jeunes à Villefagnan, le samedi 8 septembre 2012

10 Septembre 2012 Publié dans #Homélies

           Confirmation 2

 

           Le sacrement de confirmation qui va s’accomplir tout à l’heure est un événement important pour chacun des jeunes qui, depuis près de deux ans, se préparent à le recevoir.

            Pour chacun et chacune de vous : Valentin (ils sont deux), Laëtitia, Marie-Alix, Anne-Claire, Adeline, Anaïs, Jonathan, Ombeline, Inès, Jeanne, Alice, Pierre, Marion, Quentin, Marie et Matthieu.

            Tout à l’heure je vais vous communiquer le don de l’Esprit Saint par le geste de l’imposition des mains et par l’onction d’huile sur le front, en disant à chacun et chacune : « Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu ».

            Je vous remercie et je remercie le Père Martial LEBLANC d’avoir mis ce sacrement sous le signe de deux récits à travers lesquels se révèle aussi clairement que possible ce que fait pour nous l’Esprit Saint, envoyé par le Père des cieux et intimement uni à Jésus Christ, le Fils du Dieu vivant.

            L’Esprit Saint fait avant tout naître et grandir l’Église pour qu’elle soit le Corps du Christ vivant en ce monde. C’est que signifie l’événement de Pentecôte. Il faut d’abord comprendre que cet événement est une surprise et que les apôtres de Jésus ont été ce jour-là dépassés par ce qui leur arrivait. Ils sont passés de la peur à la foi. Jusque-là, après le départ de Jésus ressuscité vers Dieu, après l’Ascension, ils vivaient repliés sur eux-mêmes, portes closes, quelque part à Jérusalem.

            Et voilà que soudain jaillit du ciel de Dieu comme un vent et comme un feu. Le plus étonnant, ce n’est pas seulement le vent et le feu. C’est la parole qui va jaillir de leur cœur. Car jusque-là la peur les empêchait de sortir d’eux-mêmes et d’affronter le monde. Comme pour nous-mêmes, lorsque nous redoutons les regards ou les réactions des autres, et que nous sommes saisis de crainte, incapables de parler.

            Et c’est l’apôtre Simon-Pierre qui est alors le premier témoin de la foi. Il annonce sans crainte la victoire de Jésus Christ sur le mal et sur la mort. Il sait que Dieu ne les a pas laissés seuls. Il croit en cette présence invisible du Christ ressuscité à ses côtés. Il croit qu’il est associé à cette victoire : « N’ayez pas peur ! » C’était la première parole de Jésus ressuscité aux apôtres. C’est la parole même qui vient de l’Esprit Saint : l’Église naît de cette parole-là. Elle n’est pas triomphante. Elle est envoyée : elle est appelée à sortir d’elle-même, et nous avec elle, en elle, non pas pour nous imposer et encore moins pour nous opposer aux autres, mais pour dire ce que nous croyons, pour manifester avec respect que Dieu veut passer par nous pour se révéler aux hommes. Et pour se révéler non pas comme une force destructrice, mais comme une puissance de vie et de résurrection.

            Voilà l’Église que nous sommes sans cesse appelés à former, dans ce doyenné de Ruffec, comme ailleurs : l’Église n’est pas une organisation plus ou moins compliquée, elle est le Corps vivant des baptisés et des confirmés ! Elle est le signe en ce monde de l’Amour vainqueur du Dieu vivant. Et c’est l’Esprit Saint qui, sans cesse, la forme, la façonne, la soutient et l’envoie.

            Et de cet événement fondateur de la Pentecôte, on ne peut pas séparer cet autre événement qui inaugure la mission de Jésus. C’était chez lui, à Nazareth : ce jeune juif d’une trentaine d’années est venu à la synagogue, il a reçu le livre de la Parole de Dieu, il est tombé sur des paroles du prophète Isaïe, et il a lu, et sa lecture est un événement. Cette Parole qui annonce la venue du Messie de Dieu, elle le concerne. Il est ce Messie de Dieu, Celui qui a reçu l’onction de l’Esprit Saint pour accomplir la nouvelle Alliance de Dieu avec notre humanité. Dieu vient parmi nous, en son Fils Jésus, non pas pour condamner le monde, mais pour le ressaisir, pour délivrer ceux et celles qui sont prisonniers du mal ou de la maladie, pour guérir les aveugles et les infirmes, pour faire naître cette humanité nouvelle animée par l’Esprit de Dieu.

            Et l’Esprit Saint, Jésus l’appellera plus tard le Paraclet, c’est-à-dire l’Avocat, Celui qui nous défend contre nous-mêmes, ou le Consolateur, Celui qui nous rend plus solides que ce qui nous démolit.

            Cet Esprit Saint, vous, les jeunes, vous allez le recevoir pour engager avec Lui votre vie d’hommes et de femmes. Il sera avec vous. Il agira en vous, si vous le laissez agir, aux jours de joie comme aux jours de peines.

            Cet Esprit Saint de Dieu, il est pour vous tous, peuple de baptisés ! À vous de le réveiller ! À vous de le laisser former ici un peuple fraternel, fraternel au sens véritable : non pas fait de gens qui s’entendent toujours facilement, mais d’hommes et de femmes très divers qui apprennent à recevoir en eux la force du Christ pour en vivre dans ce monde fragile et rude.

            Au travail ! En ce début d’année pastorale, au travail ! Et que l’Esprit Saint nous apprenne à pratiquer vraiment la fraternité chrétienne !

 

 

X Claude DAGENS

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