Le blog de Mgr Claude DAGENS

Puissance visible de la mort, force cachée du Christ ressuscité. EA 13 mars 2009

17 Mars 2009 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Edito Église d'Angoulême

« Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne ». (Rom. 6, 3-5)

 

            Je sais que, durant la veillée pascale, des adultes comprendront la vérité de ces paroles de l’apôtre Paul dans leur propre chair, en recevant le baptême. Comme me l’a écrit cette femme d’Angoulême : « La femme ancienne qui était en moi est morte. Une femme nouvelle est née. Mon baptême sera comme une nouvelle naissance ». Et je pense souvent à cet homme jeune à qui j’ai donné l’an dernier le sacrement de confirmation. Il m’avait écrit après avoir médité la Passion de Jésus : « Son parcours peut être le nôtre : il nous apprend à mourir à nous-mêmes pour vivre avec Lui et par Lui avant de vivre en Lui pour toujours ».

            En nous, jusque dans notre mort, s’inscrit la force du Christ ressuscité. Et c’est sans doute le principal signe de contradiction dont la Révélation chrétienne est porteuse par rapport aux lois du monde : la victoire du Christ sur la mort, le signe de notre vie mortelle promise à la résurrection avec Lui, le Seigneur !

            Il y a des gens qui rêvent aujourd’hui de s’opposer au monde au nom de la vérité chrétienne. Qu’ils aillent donc à l’essentiel, au mystère pascal qui est comme une source inépuisable de vie nouvelle !

            Et pourtant, en affirmant cela, je ne peux pas oublier la puissance si visible de la mort parmi nous, près de nous, parfois en nous. Durant ces dernières semaines, j’en ai fait moi-même l’expérience, à plusieurs reprises.

            Cet ami vaincu par un cancer qui progressé très vite. Il avait compris, mais, quand je le rencontrais, il ne me parlait que de la miséricorde de Dieu et il m’encourageait à en être témoin.

            Ce prêtre encore jeune (49 ans), curé de paroisse, vicaire épiscopal, professeur à l’Institut catholique de Toulouse, qui a été tué, dans sa voiture, un matin, alors qu’il allait accomplir son ministère de formateur.

            Et ces deux amis qui viennent de perdre leurs femmes et qui ont du mal à se relever : sentiment de mutilation, solitude, désarroi…

 

            Devant cette puissance si visible de la mort, nous sommes désarmés. Je suis désarmé. Nous souffrons, nous nous interrogeons, nous n’arrivons pas à comprendre et à accepter. Face à cette souffrance, la Passion de Jésus : violence de la mort, engrenage terrible du mal qui cherche à détruire l’innocent, mystère de la Croix.

            Et nous voici au matin de Pâques, près d’un tombeau vide : « N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici… Allez dire à ses disciples et à Pierre : ‘Il vous précède en Galilée’ ». (Marc 16, 6-7)

            Quel signe de contradiction ! Après le déchaînement public de la violence, une parole qui annonce l’inimaginable.

            La foi chrétienne commence là, près d’un tombeau vide. Elle commence par l’étonnement. Viendra l’heure où le Christ ressuscité se révèlera, s’approchera, avec une discrétion infinie, comme pour les disciples d’Emmaüs. Alors nous commencerons à comprendre et à espérer, et à devenir ses témoins.

            Viens, Seigneur, viens dissiper en nous les souvenirs de mort ! Donne-nous d’accueillir la force cachée de ta Résurrection ! C’est Pâques ! C’est l’heure de renaître de Toi !

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