Le blog de Mgr Claude DAGENS

PREPARATION AU MARIAGE ET INITIATION AU MYSTERE DE DIEU. Rencontre de la pastorale familiale le 14 mai 2011

6 Juin 2011 Publié dans #Interventions diverses

 

            Je voudrais simplement insister sur un aspect, ou plutôt une exigence qui me semble primordiale dans cette initiation au mystère de Dieu qui passe par la préparation au mariage.

            Nous ne pouvons initier d’autres personnes au mystère de Dieu que si nous acceptons d’être nous-mêmes initiés à ce mystère. Ce qui implique et exige une conversion permanente et sans doute radicale : nous sommes appelés à sortir d’une logique marchande pour entrer dans une logique sacramentelle. Les autres, ces hommes et ces femmes que nous accueillons, ne sont pas des clients, mais des enfants de Dieu. Nous ne cherchons pas avec eux à obtenir des résultats, nous apprenons à aller avec eux à la rencontre de Dieu.

            Je me contenterai d’insister sur quelques attitudes qui rendent possible cette logique sacramentelle.

 

 

1.      Avant tout, reconnaître et admirer, au lieu de déplorer les ignorances et les manques.

 

-         Reconnaître qu’à un certain moment, cet homme et cette femme ont choisi d’aller vers le mariage, et « vers le mariage à l’église ». Et reconnaître que ce choix est un moment décisif de leur existence.

-         Peut-être sera-t-il bon de comprendre ce qui a pu susciter ou motiver ce choix. Quel événement les a ainsi décidés à aller au-delà de leur « compagnonnage » ? Qu’est-ce qui a rendu à leurs yeux le mariage désirable ? Comme le baptême des adultes.

-          Dieu serait-il à l’œuvre à l’intérieur de notre liberté et de nos choix ?

-         Et ce choix passe souvent à travers des découvertes et des épreuves : la découverte de sa propre fragilité ou de la fragilité de l’autre. Ou la volonté de ne pas reproduire le mariage de ses parents.

-         Nous sommes appelés à être alors les témoins de la confiance de Dieu, plus forte que tout. C’est l’expérience de l’apôtre Simon-Pierre, au-delà de son reniement : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » (Jean 21,15). Ce qui veut dire, de la part de Jésus : « Je t’aime plus que tu ne peux t’aimer toi-même. Je t’aime, bien au-delà de tes défaillances et de ta trahison. Je t’aime vraiment. » Et l’amour répond à l’amour…

 

  

  1. Accueillir et ouvrir un chemin

             Et accueillir avec amour. Ce qui crée une surprise : souvent, ces hommes et ces femmes s’attendent à être observés, évalués, jugés. Et ils découvrent que l’Église exerce à leur égard une bienveillance a priori, gratuite.

La question à nous poser n’est pas : « Qu’avons-nous à leur apprendre qu’ils ne savent pas ? » mais « Comment être pour eux les relais vivants et aimants de la bienveillance de Dieu ? »

Bienveillance renvoie à bénédiction : je me demande s’il n’y aurait pas à réhabiliter des gestes de bénédiction, dans nos célébrations, comme il en existe pour les catéchumènes.

 

-         Le premier accueil est décisif. Il doit se préparer dans les cœurs, autant que dans l’aménagement des lieux et le déroulement de la rencontre.

Et puis, nous avons à pratiquer la pastorale du cheminement, c’est-à-dire à ménager des étapes, à faire appel pour cela à l’expérience de l’Église locale, à d’autres équipes, à d’autres doyennés, à d’autres services, et en particulier au service du catéchuménat.

C’est l’intuition originelle des orientations diocésaines qui ont été élaborées il y a quelques années avec le Conseil presbytéral et le Conseil pastoral. Il faut remettre en valeur cette intuition originelle : ce qui se passe avec les futurs mariés est analogue à ce qui se passe avec les futurs baptisés.

Il y a au moins quatre domaines à travers lesquels va pouvoir se déployer l’initiation au mystère de Dieu :

·                    Une catéchèse biblique : le fait d’avoir la Bible et d’aller y chercher l’Alliance de Dieu et une Alliance forte et fidèle qui passe à travers nos faiblesses et nos infidélités.

On pourra lire le récit de la femme adultère à laquelle Jésus est confronté : il desserre l’étau. « Que celui qui est sans péché jette la première pierre ! » (Jean 8,7).

·                    La conversion personnelle : avec quoi la relation amoureuse, conjugale, est-elle en concurrence ? Que faut-il choisir pour être vraiment libre ? Quel rapport entre vie familiale et vie professionnelle ?

·                    La relation avec l’Église : où en est-on du dimanche de l’Alliance ? Comment des jeunes couples présents dans nos communautés se savent-ils reconnus, accueillis, encouragés comme jeunes couples ? Comment est-il possible de témoigner ensemble du caractère durable de l’Alliance conjugale ?

·                    Proposer une initiation à la prière et à la vie sacramentelle : prier est possible, à tout âge et en toute circonstance. Prier : faire silence, écouter, regarder, se laisser aimer, jusqu’au pardon… L’expérience du sacrement du pardon doit aussi trouver sa place dans cette initiation.

 

+ Claude DAGENS, évêque d'Angoulême

 

Partager cet article

Repost 0