Le blog de Mgr Claude DAGENS

NOS CORPS PROMIS À LA RÉSURRECTION. Homélie lors de l'Assomption, à Marcheprime

26 Août 2013 Publié dans #Homélies

Assomption 3

 

Cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie est un prolongement de la Résurrection du Christ. Celle qui a mis au monde Jésus, sa mère véritable, Marie, a été ressaisie avec son corps par son Fils, le premier-né d’entre les morts, le premier des ressuscités. Et c’est comme une nouvelle naissance. Et la Parole de Dieu choisie pour cette fête évoque des naissances, des mises au monde, jusqu’à l’événement de la nouvelle naissance, à partir de la Résurrection du Christ.

 Voyez d’abord et écoutez, dans l’Évangile de Luc, ces deux femmes heureuses et étonnées de devenir mères. Élisabeth, la femme du prêtre juif Zacharie, porte en elle l’enfant du miracle, Jean, celui qui va préparer les chemins du Messie, de Jésus, son cousin. Et cet enfant tressaille de joie, dans le ventre de sa mère, en pressentant la présence de Jésus dans le ventre de Marie.

 Et Marie de Nazareth, elle, elle s’émerveille de ce qu’elle a reçu de Dieu, de cet enfant qui va naître d’elle et qui est donné par le Père des cieux. Et elle chante la merveille du Dieu vivant qui, Lui, n’hésite pas à venir transformer du dedans notre humanité.

Et la vision de l’Apocalypse déploie dans le ciel cette histoire réelle et mystérieuse : voici la Femme couronnée d’étoiles qui va enfanter au milieu des menaces du monde ! Et c’était pour les premiers chrétiens persécutés par les autorités païennes une manière d’affirmer leur confiance en Dieu qui ne les abandonnera pas à la mort.

Et le plus beau, c’est la révélation du Christ ressuscité par l’apôtre Paul : il est le premier-né d’entre les morts, il devient comme une nouvelle origine du monde. Au monde mortel né d’Adam va succéder une création nouvelle travaillée par la résurrection du Christ.

La mort n’a pas le dernier mot. Nous sommes promis à cette vie nouvelle que Jésus Christ vient nous communiquer en ressaisissant tout de notre humanité, tout, et aussi nos corps plus ou moins fragiles, parfois blessés, toujours mortels, mais faits pour revivre en Dieu.

Assomption 2La religion chrétienne, contrairement à ce que l’on a parfois pensé, n’est pas la religion du mépris des corps. Au contraire, elle réhabilite le corps, en lui promettant une transfiguration, à partir du baptême et de l’Eucharistie.

Cela est toujours nouveau, surtout dans une culture qui est mal à l’aise avec le corps. Tantôt on les exalte, comme s’ils étaient tous candidats à des performances de beauté et de force. Alors que faire des personnes handicapées, des malades, des gens âgés qui ont du mal à marcher ?

Ou bien, plus ou moins consciemment, on traite les corps des hommes et des femmes comme des objets de consommation, livrés à la logique du désir, avec une séparation terrible entre les cœurs et les corps, les uns et les autres fonctionnant chacun de leur côté, les cœurs d’une façon désincarnée et les corps d’une façon très charnelle. Mais cette dissociation, qui peut paraître libératrice, est en réalité destructrice. On ne peut pas vivre indéfiniment cet écartèlement.

Et voilà le mystère et la nouveauté du Christ ressuscité : en lui le corps n’est pas nié, il est blessé, mais vivant, il est passé par la passion et par la mort, mais il n’a pas été vaincu par le mal. Et il vient nous communiquer sa vie, et la première à l’accueillir totalement, c’est sa mère, Marie. Les premières générations chrétiennes le montrent près d’elle, debout, et tenant dans ses mains le corps de sa mère, comme un petit enfant qui vient de naître. Elle s’est endormie dans la mort, comme nous le ferons. Et elle est enfantée à une vie nouvelle. Elle entre dans le monde de la résurrection, là où il n’y aura plus ni souffrances, ni deuils, ni handicaps, ni paralysie, ni tant d’autres manipulations des corps qui sont souvent des violences. Il n’y aura que la lumière de l’Amour du Christ, venant tout renouveler par la force douce de sa résurrection.

Comme à Lourdes, nous te prions, Vierge Marie, pour que tu nous donnes d’espérer l’imprévisible, d’espérer des guérisons, des réconciliations, des reconstructions qui nous semblent parfois humainement impossibles. Donne-nous d’espérer le Christ ! Donne-nous de désirer renaître en Lui, comme toi, la première !

 

+ Claude DAGENS

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