Le blog de Mgr Claude DAGENS

LIU XIAOBO, PRIX NOBEL DE LA PAIX. De la Chine à l'Afrique et à Tibhirine. Émission "Parole aux Églises", diffusée le 10 décembre 2010 sur RCF

10 Décembre 2010 Publié dans #Interventions diverses

             Au jour où ces paroles seront diffusées, aura lieu, à Oslo, la proclamation du prix Nobel de la paix. Mais, le prix Nobel de cette année 2010 ne sera pas remis. Il a été décerné au dissident chinois Liu Xiaobo, qui est en prison, et qui sera représenté à Oslo par une chaise vide…

            Ce vide est un signe… Il dira que la paix ne peut pas s’établir dans le monde sans le respect intransigeant des droits de l’homme.

            C’est cela qu’a dit Liu Xiaobo. C’est pour cela qu’il a été condamné au silence. Il a dit simplement que la croissance économique, en Chine comme ailleurs, ne suffit pas. La vie et la liberté d’un peuple valent autant que la croissance économique. Car la raison économique, celle qui calcule et qui organise, est une raison étroite. Elle doit s’ouvrir à la raison humaine, à la raison morale, à la raison spirituelle. C’est tout le sens du combat que mène notre pape Benoît XVI, quand il plaide pour un dialogue exigeant entre la Raison et la foi.

            La paix et la justice ne dépendent pas seulement de la croissance économique. Cela vaut pour tous les peuples du monde. Je pense en ce moment même à ces peuples qui peinent et qui luttent pour que la violence n’ait pas le dernier mot dans leur histoire.

            C’est vrai en Irak et au Moyen Orient, spécialement en terre d’Israël et en terre de Palestine, en Terre sainte.

            C’est vrai en Côte d’Ivoire, où l’avenir reste très incertain, tant que les lois de la démocratie et des élections libres ne seront pas respectées. Alassane Ouattara a été légitimement élu.

            C’est vrai en Guinée, où l’on espère que la victoire enfin reconnue d’Alpha Condé est une promesse de paix, à condition que la force militaire ne cherche pas à s’imposer.

            Et je pense à ces deux peuples d’Afrique, la Côte d’Ivoire et la Guinée, parce que nous sommes liés à ces peuples, à cause de la présence d’une communauté bénédictine à Bouaké et de la présence de nos sœurs de Maumont à Friguiagbé, en Guinée. J’ai animé, il y a quelques années, la retraite des prêtres du diocèse de Conakry, invité par Mgr Robert SARAH qui est devenu le cardinal Robert SARAH, le nouveau président du Conseil pontifical Justice et Paix, et qui, en ce moment même, se trouve dans son pays natal, la Guinée, et qui, la semaine prochaine, doit aller en Côte d’Ivoire, à Yamoussoukro.

            Nous espérons le don de la paix qui vient de Dieu. Comme le dit le prophète Isaïe, au temps où le peuple d’Israël semble vaincu par la violence et la souffrance de l’exil. « Le Liban se changera en verger… Le veau et le lionceau seront nourris ensemble… »

            Il vient, le Prince de la Paix. Et il attend d’être accueilli. Et il y a parmi nous, en Irak, à Haïti, en Afrique et en Chine, et ailleurs dans le monde, et aussi en Algérie, des hommes et des femmes désarmés qui le prient et qui l’accueillent, comme les moines de Tibhirine…

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