Le blog de Mgr Claude DAGENS

LE SIGNE DU CHRIST ET LE SIGNE DES CATÉCHUMÈNES. Eucharistie à Saint-Martial et appel des catéchumènes, le 17 février 2013

22 Février 2013 Publié dans #Homélies

Désert

 

              Pour devenir croyants, nous avons tous besoin de signes qui nous parlent du Dieu vivant. Le signe primordial, c’est le Christ Jésus tel que l’Évangile de Luc nous le révèle, au début de sa mission, au désert : il a été confronté au Tentateur, à l’Adversaire, à Satan et il va lui résister. Et l’autre signe, c’est vous, les catéchumènes, vous qui faites l’expérience de l’appel de Dieu pour entrer dans une vie nouvelle, à partir du baptême.

          Puisque c’est moi qui, en tant qu’évêque, dois vous adresser l’appel de l’Église, je suis  heureux de dire à tous ce que vous êtes pour nous : avant tout, des hommes, des femmes qui ont découvert Dieu comme une source de vie et d’espérance, surtout si vous avez fait l’expérience des duretés et des épreuves de la vie.

         Et vous, vous savez que la présence du Dieu vivant dans vos existences, elle vient de loin, elle est passée par des relais humains, des grands-pères, des grands-mères, des amis, des prêtres, qui vous ont encouragés à vaincre vos peurs, à mettre en Dieu votre confiance et à aller vers le baptême, en vous laissant accueillir dans l’Église.

          Et, en vous, en chacune et chacun de vous, a grandi une double conviction : votre expérience de Dieu est une force pour vivre, vous pouvez progresser dans cette relation personnelle avec Lui, et cette relation personnelle trouvera sa place dans l’Église, cette famille des baptisés, des hommes et des femmes qui se laissent renouveler par le don de Dieu.

          Et pour nous, membres de l’Église, vous devenez comme un appel vivant à progresser dans la découverte de Dieu et dans la foi en Lui. Car nous risquons toujours de rester plus ou moins endormis, incapables de comprendre la nouveauté du Christ quand il vient renouveler notre existence.

            Je vous le demande en tant qu’évêque : prenez votre place parmi nous et n’ayez pas peur de nous appeler à pratiquer davantage la fraternité chrétienne, celle qui nous demande de regarder vers le Père des cieux, avec Jésus, et de lui dire : « Père, notre Père, que ta volonté soit faite, que ton Règne vienne… »

            Et c’est là-dessus, sur cette relation fondamentale au Père, qu’ont porté les tentations de Jésus au désert. Satan, l’Adversaire, est très malin : il sait qui est Jésus, et il va l’éprouver en ce qui est le plus important pour lui, sa mission de Sauveur du monde. Comment va-t-il sauver le monde ? Ne pourrait-il pas le sauver en utilisant les moyens du monde ?

           Christ au désert Changer les pierres en pain, c’est-à-dire transformer la matière inerte pour répondre immédiatement à ses besoins et à ses désirs ? Pourquoi pas ?

        Devenir l’empereur du monde, et le maître absolu de tous les royaumes de la terre, en se prosternant devant Satan dont il deviendrait le représentant ? Exercer ainsi le pouvoir sur les hommes, en s’imposant à eux et en les contraignant à lui obéir servilement ?

      Jouer avec les lois de la mort, en se jetant du haut du Temple de Jérusalem, pour offrir au monde l’image d’un Messie prestigieux, qui viendrait d’en-haut et qui n’aurait peur de rien ?

         Chacune de ces trois tentations est très humaine. Chacune fait appel à des besoins et à des désirs très humains. Chacune propose à Jésus de recourir aux pouvoirs de ce monde pour exercer sa mission.

            Pauvre Jésus ! Pauvre Fils de Dieu, qui risquerait alors d’être vaincu par les lois du monde et de devenir un vulgaire magicien du surnaturel, alors qu’il est venu parmi nous non pas pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie, avec une force qui n’est pas de ce monde : celle de l’Amour sans conditions qui ne s’impose jamais, mais qui se donne.

            Et voilà que, dès cette heure de la tentation vaincue, se dessine la mission de Jésus et les actes qui la révèlent.

            Il n’a pas changé les pierres en pains, mais, lors d’un dernier repas, il a pris le pain dans ses mains, il l’a rompu, il l’a partagé, avec ces paroles étonnantes : « Mon corps livré pour vous. »

            Son pouvoir sur le monde, il l’affirme devant ses juges, et en particulier devant le procurateur romain Pilate : « Oui, je suis roi, dit-il, et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Mais mon Royaume n’est pas de ce monde… »

            Quant à vaincre la mort, il l’a fait, mais il l’a fait en la donnant jusqu’au bout, jusqu’à la violence de la Croix, en prononçant des paroles de pardon : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Sa vie, il n’en joue pas, il en fait l’offrande et il nous la communique par les sacrements de sa Pâque, le baptême et l’Eucharistie.

            Frères et sœurs, à nous tous, avec ces catéchumènes, d’apprendre inlassablement à devenir chrétiens, et comme le dit l’oraison de ce premier dimanche de Carême, « de progresser dans la connaissance de Jésus Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle. » Voilà la conversion qui nous attend !

 

+ Claude DAGENS

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