Le blog de Mgr Claude DAGENS

LE SIGNE DE LA MORT VAINCUE. Homélie lors de l'eucharistie à Beaulieu-sur-Sonnette, avec la bénédiction du vitrail restauré, le 9 juin 2013

10 Juin 2013 Publié dans #Homélies

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     Une église de pierres est un signe de vie et ce signe de vie ne se comprend qu’en relation avec le Dieu vivant qui se révèle en Jésus Christ et qui ne se résigne pas à la mort, surtout quand la mort est violente et qu’elle atteint des êtres jeunes.

    Les récits que nous entendons ce matin attestent cette victoire sur la mort qui passe par des événements précis. Voici le prophète Élie face à cette femme qui l’héberge et dont le fils vient de mourir. Cette femme est révoltée contre Dieu et elle accuse le prophète : « Tu es venu chez moi pour rappeler mes fautes et faire mourir mon fils ! » Et Élie réagit à cette accusation en prenant l’enfant dans ses bras et en s’adressant à Dieu : « Mon Dieu, je t’en supplie, rends la vie à cet enfant ! » Et l’enfant va revivre et Élie le rend à sa mère, qui passe aussitôt de la révolte à la foi en Dieu : « Je sais que dans ta bouche, la Parole de Dieu est véridique. »

    Et plus tard, à Naïm, en Galilée, la parole de Dieu sera prononcée avec autorité par Jésus de Nazareth, face à cet homme jeune que l’on va enterrer, dont il touche la civière, avec cet appel personnel : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Et le mort se relève, comme si la parole de Jésus l’avait réveillé.

    Et chaque fois, aussi bien avec Élie qu’avec Jésus, ces actes de résurrection répondent à de grandes souffrances, celles de ces deux femmes, de ces deux mères qui, elles, les premières, ne se résignent pas à la mort de leur fils.

     Cette souffrance devant la mort, elle fait partie de nos histoires personnelles. Parfois elle éclate, parfois aussi elle reste cachée, comme enfouie dans le secret des cœurs, et elle peut provoquer des ravages d’amertume et de révolte.

     Dieu ne se résigne pas à ces événements de mort. S’il nous donne son Fils, si son Fils assume tout de notre condition humaine, c’est pour que la mort soit vaincue, vaincue par une puissance qui n’est pas de ce monde, la puissance de sa miséricorde qui rayonne dans la Pâque de Jésus, dans la victoire de la Croix et de la résurrection.

       Beaulieu-sur-Sonnette.jpgFrères et sœurs, il faut tout faire pour que nos églises témoignent de cette victoire sur la mort : qu’elles soient des lieux de vie, des lieux où le Dieu vivant vient à notre rencontre, pour que nous vivions de sa vie, par le don de l’Eucharistie : « Mon corps livré pour vous », « Mon sang versé pour vous ». Voilà le grand signe de l’Alliance nouvelle !

    Et c’est à partir de ce signe que l’on peut comprendre l’importance d’une église où l’on accueillera pour des obsèques chrétiennes des hommes et des femmes, des gens âgés et aussi des jeunes, qui ont été pris, emportés dans la mort, avec tous ceux et celles, quelquefois très nombreux, quelquefois très clairsemés, qui les accompagnent. Mais la halte à l’église n’est pas un événement de mort. Elle est un jalon sur la route. Elle est sous le signe du Christ ressuscité, elle est un appel à lutter pour vivre, comme ces personnes atteintes d’un cancer qui résistent à la maladie avec l’aide des moyens médicaux et aussi avec cette force d’espérance qui prend sa source dans leur relation au Christ.

     Merci à vous qui avez souhaité la restauration de ce vitrail de votre église de Beaulieu-sur-Sonnette ! Ce vitrail restauré, c’est évidemment un acte positif pour la sauvegarde de notre patrimoine. Mais une église n’est pas un musée. Ici, on ne cherche pas d’abord à conserver. On cherche à vivre, à faire vivre, à témoigner de cette vie précieuse qui a sa source dans le cœur de Dieu ! Et c’est pourquoi nous allons entrer maintenant dans la célébration de l’Alliance de Dieu avec nous : il vient, il nous est présent, il se donne, il veut faire de nous, à partir de cette église, son signe, car le signe du Christ en ce monde, c’est nous, associés à sa Pâque, et tournés avec Lui vers le Royaume de la Résurrection, là où il n’y aura plus ni larmes, ni deuil, mais le rayonnement du Christ vainqueur de toute mort.

 

+ Claude DAGENS

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