Le blog de Mgr Claude DAGENS

LE DÉFERLEMENT DU MAL ET LA VICTOIRE DU CHRIST. Homélie lors de la messe des Rameaux, à la cathédrale, le 24 mars 2013

25 Mars 2013 Publié dans #Homélies

Rameaux 2

 

         Ce récit de la Passion de Jésus est à la fois très réaliste par rapport à la puissance du mal et transparent à la miséricorde de Dieu.

            Le mal qui va abattre ce Jésus de Nazareth, il déferle de façon continue. À travers des mains : la main de celui qui va le livrer, Judas, la main des soldats qui l’arrêtent, au jardin de Gethsémani, la main des gardes qui le tirent de force vers le palais de Caïphe, durant la nuit, et, quand le jour est levé, vers la résidence du procurateur romain Pilate et vers le palais du roi Hérode, et, dans l’après-midi, il y aura les mains qui le chargent de la Croix avant de le traîner vers le Golgotha et de le clouer sur la Croix. Et les mains de tous ces hommes disent la cruauté dont nous sommes capables quand nous nous acharnons sur quelqu’un dont nous désirons nous débarrasser, d’une manière ou d’une autre. Nous sommes tous menacés d’être vaincus par cette violence inhumaine que nous subissons ou que, parfois, nous pratiquons.

            Mais le plus beau dans ce récit, et sans doute le plus fort, c’est Jésus qui ne se défend pas, mais qui laisse transparaître en lui une force qui n’est pas de ce monde. Celui qui le trahit, Judas, il le laisse faire. Celui qui va le renier, Pierre, il le prévient et à l’heure du reniement, il le regarde, longuement. Et surtout, alors qu’il est déjà sur la Croix, il écoute ceux qui ricanent, à ses pieds, ces pauvres hommes qui n’ont rien compris et il prononce cette parole qui va très loin et très haut : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Comme si, déjà, la violence était vaincue par la miséricorde souveraine du Père, et aussitôt après, au criminel qui se repent, il fera cette promesse inouïe : « Aujourd’hui-même, tu seras avec moi dans le paradis de Dieu. » Promesse, déjà, de résurrection…

            RameauxVoilà la puissance du Christ au cœur même du mal qui déferle ! Voilà la révélation chrétienne de Dieu dans ce qu’elle a de plus bouleversant : oui, le mal, si puissant qu’il soit, n’a pas le dernier mot. Satan est vaincu. Ce n’est pas le néant qui est devant nous, c’est le Père des miséricordes. Et cela change tout pour nous, si nous y croyons.

            Malheureux ceux qui pensent que, pour être réaliste en ce monde, il faudrait croire à la victoire du mal, il faudrait nier la force de l’amour de Dieu. Je l’ai lu, ces jours-ci, dans les articles qui évoquent cet avocat célèbre qui s’est suicidé, dans son île du Morbihan, Olivier Metzner. Il était craint, respecté, et seul. Et à quelqu’un qui lui demandait il y a quelques mois sa conception du monde, il avait répondu : « Le bien n’existe pas. » C’est comme s’il avait avoué : je crois que le mal a le dernier mot. Et il avait sans doute des raisons de penser cela.

            Pour nous, disciples de Jésus Christ, la vérité est autre : nous croyons que, dans la Passion et la Pâque de Jésus, tout le mal du monde est vaincu, pour toujours, par Celui qui, en sa personne, par sa Croix, a tué la haine, et le mal et la mort.

            Et ces rameaux que nous tenons dans nos mains sont bien plus qu’un talisman. Ils sont le signe de la victoire du Christ sur tout le mal du monde. À nous de ne pas laisser sécher, dans nos mains, cette promesse de salut et de résurrection ! Oui, le Christ se livre à nous pour que nous vivions de sa victoire !

 

+ Claude DAGENS

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