Le blog de Mgr Claude DAGENS

LA SIMPLICITE D'UN CROYANT. Obsèques du Père Michel MARTRON, à Confolens, le 2 février 2011

5 Février 2011 Publié dans #Homélies

            « Et maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut. »

            Ces paroles du vieillard Siméon, au temple de Jérusalem, nous pouvons les entendre prononcées par Michel MARTRON, par le Père Michel MARTRON, car cet homme devenu prêtre a vécu dans la simplicité de la foi, et même – je peux l’attester – dans la joie de croire en Celui qui l’avait appelé et auquel il a été fidèle.

            Et il me semble que cette fidélité au Christ ne lui a pas été difficile. En lui, on ne percevait pas la trace des épreuves qu’il avait dû traverser. Il était naturellement heureux de vivre et d’aimer la vie qui lui était donnée.

            Il y avait dans son regard un mélange de bonté et de malice, qui lui permettait de voir le monde dans la lumière de Dieu. Et puis, il avait l’oreille fine, et il savait choisir la musique qu’il écoutait. Je ne sais pas où il puisait sa culture musicale, mais je suis sûr qu’il comprenait très bien que le cœur est façonné par ce que l’on écoute et par la façon dont on écoute.

 

            Et cet homme de culture s’est simplement laissé conduire par Dieu. De sa naissance à Cognac jusqu’à sa mort à Confolens – il avait plus de 93 ans – après des études au séminaire d’Issy-les-Moulineaux et à celui d’Angoulême, il a donné le témoignage d’un homme sans calcul, qui a su passer d’un ministère d’enseignant à une charge pastorale, dans le secteur paroissial de Vars, Genac et Montignac, en répondant aux appels qui lui étaient adressés.

            Sa foi d’enfant de Dieu l’animait presque naturellement. Il n’a pas dû être troublé par les secousses qui ont ébranlé et qui ébranlent parfois l’Église. Il tenait bon, sans jamais faire de drame, et il tenait bon parce qu’il était enraciné dans le mystère de Dieu et qu’il était sûr des promesses du Christ à ceux qui servent son Royaume et son Évangile.

            Ce témoignage simple est parlant pour nous tous. Il nous parle de la simplicité de Dieu qui doit nous trouver parfois quelque peu compliqués, mais qui ne renonce jamais à demeurer parmi nous et à certaines heures de nous révéler la beauté et la force de sa présence.

            Je suis presque certain que le Père MARTRON a connu ces moments de lumière, comme le vieillard Siméon. Il a perçu la vérité de Dieu qui prend chair de notre chair en Jésus, son Enfant, et qui ne se contente pas de se révéler lui-même, mais qui nous révèle que notre chair elle-même est faite pour s’ouvrir à sa lumière, pour communier à sa vie, en participant à sa victoire sur la mort.

           

            Cher Père MARTRON, pardonnez-nous si nous n’avons pas toujours su vous dire notre gratitude pour votre simplicité de vie. Que le Christ nous donne de nous encourager à chercher et à trouver cette joie de croire en Lui et de nous laisser saisir et conduire par Lui, jusque dans son Royaume, dans sa paix qui ne passe pas, comme le vieillard Siméon.

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