Le blog de Mgr Claude DAGENS

LA NOUVEAUTÉ CHRÉTIENNE DANS LES SOCIÉTÉS PAÏENNES. Petite méditation sur le "Traité à Diognète". Conférence donnée à Lyon, le 15 janvier 2013, lors des 70 ans de "Sources chrétiennes"

29 Janvier 2013 Publié dans #Conférences

Traité à Diognète

 

I – UN PRINCIPE ESSENTIEL D’INTÉRIORITÉ

 

            Permettez-moi de faire appel à ma mémoire. C’était il y a cinquante ans, en novembre 1963. Paul VI venait d’ouvrir la deuxième session du Concile Vatican II par un discours remarquable par lequel il avait recentré sur le mystère du Christ toute l’œuvre de rénovation intérieure entreprise par le Concile Vatican II. J’insiste sur ce principe essentiel d’intériorité : car il me semble qu’en deçà de ce que l’on appelle l’herméneutique de la continuité et l’herméneutique de la discontinuité, prévaut ce principe d’intériorité en fonction duquel l’Église a été appelée, par l’Esprit Saint, à se comprendre du dedans de son mystère, en se concentrant non pas sur elle-même, comme on l’a dit et pensé parfois, mais sur sa source christique, sur son identité sacramentelle, c’est-à-dire inséparable de l’action du Christ et de l’Esprit Saint. Et je suis presque sûr que la référence aux Pères de l’Église, de saint Irénée à saint Augustin, qui imprègne la plupart des textes du Concile, s’inspire de cette perspective : il s’agit non pas de revenir en arrière, mais d’aller à la source vive qui est le Christ, « lumière des peuples » (Lumen gentium 1) et l’Église est, en Lui, « comme le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. » De sorte que le Concile Vatican II n’est pas seulement le Concile de l’Église, mais le Concile qui met en relief la relation organique entre le Christ, l’Église et le genre humain, l’humanité entière. Comme les Pères de l’Église l’avaient déjà compris.

            Et j’en reviens à ma mémoire personnelle : c’était en novembre 1963. Je venais d’arriver à Rome, étant encore normalien, envoyé par mes maîtres, Jacques FONTAINE et Henri-Irénée MARROU, pour suivre les cours de l’Institut pontifical d’archéologie chrétienne. Et je fus invité, à la fin de ce mois de novembre, à la présentation du premier tome de la Nouvelle histoire de l’Église, publiée aux éditions du Seuil, sous le titre Des origines à saint Grégoire le Grand. Les auteurs de ce volume étaient là : Henri MARROU, professeur à la Sorbonne, et Jean DANIÉLOU, Doyen de la Faculté de Théologie de Paris, si actif au Concile. L’assistance était très nombreuse dans les salons de l’hôtel Columbus : je me souviens de la présence significative du cardinal Augustin BEA, l’homme de l’engagement œcuménique et de bien d’autres travaux de ressourcement.

            On sentait, presque physiquement, la connivence qui existait entre la réunion du Concile et cette nouvelle histoire de l’Église portant sur la période des origines chrétiennes. C’était comme si avaient émergé à ce moment-là les deux convictions souterraines qui animaient beaucoup des Pères conciliaires.

            - Première conviction : nous sommes les héritiers d’une longue  histoire et nous avons la responsabilité de nous ressaisir intelligemment de cette histoire, qui ne commence pas avec l’époque moderne et les conflits entre l’Église et la modernité, mais au contraire de puiser aux sources, du côté de la Tradition apostolique, là où jaillit la nouveauté chrétienne à l’intérieur d’un monde païen.

            - Et voici la seconde conviction, inséparable de la première : pour aborder des temps nouveaux, ceux de la seconde moitié du XXe siècle, il faut réveiller de l’intérieur les consciences chrétiennes, il faut que la foi chrétienne puisse s’inscrire à l’intérieur de la modernité, qu’elle y soit présente avec sa nouveauté permanente et qu’elle accepte de la façonner de l’intérieur.

            Et c’est à ce point-là que l’appel aux Pères de l’Église devient si important, eux qui participaient à la culture du monde antique tout en l’ouvrant à la Révélation de Dieu. Et je n’ai pas été étonné de trouver dans les textes conciliaires une référence à un petit écrit chrétien remarquable qui date probablement du début du IIIe siècle, cette époque charnière entre la période hellénistique et ce que l’on appelle l’Antiquité tardive : il s’agit du Traité à Diognète, traduit et commenté par Henri MARROU pour Sources chrétiennes, dans une première édition, en 1951.

            C’est à ce texte bref et précieux que je voudrais revenir, en constatant qu’il est cité à trois reprises, non pas dans Gaudium et spes, mais dans Lumen gentium (38), dans Dei Verbum (4) et dans Ad gentes (15). Et chaque fois, il s’agit de manifester le caractère original et irremplaçable de la présence des chrétiens à l’intérieur du monde, appliquée spécialement aux laïcs dans Lumen gentium : « Chacun des laïcs doit être devant le monde le témoin de la résurrection et de la vie du Seigneur Jésus et signe du Dieu vivant. Tous ensemble et chacun pour sa part doivent nourrir le monde des fruits spirituels et répandre sur lui cet esprit qui anime les pauvres, les doux, les pacifiques que le Seigneur dans l’Évangile a proclamés bienheureux (Matthieu 5,3-9). En un mot, “ce que l’âme est dans le corps, il faut que les chrétiens le soient dans le monde” ». (À Diognète, VI, 1).

 

            Ce sont les éléments constitutifs de cette présence chrétienne si originale que je voudrais maintenant mettre en relief. Je me contenterai d’en souligner deux :

            - L’AFFIRMATION DE LA NOUVEAUTÉ CHRÉTIENNE

            - LA CONSCIENCE D’UNE MISSION UNIVERSELLE

 

 

II – L’AFFIRMATION DE LA NOUVEAUTÉ CHRÉTIENNE

           

            On sait que le Traité à Diognète, dans son chapitre V, insiste sur le fait que « les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier » (À Diognète, V, 1-2 : SC, 33bis, p.63). Il est clair que les chrétiens sont immergés dans les sociétés païennes et ne constituent pas, à la différence des Juifs, un peuple particulier doté d’un statut spécial.

            Et pourtant cette absence de distinction à l’intérieur de la société civile s’accompagne de la conscience d’une identité qui, elle, est marquée par une nouveauté foncière. Les chrétiens vivent, à l’intérieur d’eux-mêmes, une relation personnelle avec Dieu, et quand l’interlocuteur du païen Diognète s’adresse à lui, dès le début de sa lettre, il insiste sur ce renouvellement radical :

            «  Quand donc tu auras purifié ton esprit de tous les préjugés qui t’assiègent, quand tu seras dépouillé des habitudes trompeuses, quand tu seras devenu un homme nouveau semblable à celui qui vient de naître – puisque c’est un langage nouveau, tu en conviens toi-même, que tu t’apprêtes à entendre – considère non seulement avec les yeux, mais aussi par la raison quelle est la substance ou la forme de ceux que vous appelez et reconnaissez dieux. » (À Diognète, II, 1 : ibid., p.53-55).

            Vient ici une critique radicale de l’idolâtrie païenne : les idoles sont des réalités inexistantes, fabriquées par les hommes et aussi fragiles qu’eux. Et l’on perçoit, à travers l’appel adressé au païen Diognète, l’évocation de l’initiation chrétienne et du baptême lui-même, compris et vécu comme un acte de renaissance et comme une relation personnelle au Dieu vivant. C’est cela qui constitue la nouveauté chrétienne : cette possibilité offerte aux hommes de participer à la vie de Dieu parce que Dieu lui-même s’est ouvert aux hommes, et un peu plus loin, le même texte déploie cette Révélation personnelle de Dieu à travers son Verbe :

            « Le Verbe, se manifestant, a manifesté l’enseignement de Dieu, s’exprimant ouvertement, incompris des incrédules, s’expliquant à ses disciples qui, reconnus par lui comme ses fidèles, reçurent la connaissance des mystères du Père. C’est pour cela que le Verbe a été envoyé : pour qu’il se manifestât au monde, lui qui, méprisé par son peuple, a été prêché par les apôtres et cru par les nations. Lui qui était dès le commencement, il est apparu comme nouveau et fut trouvé ancien, et il renaît toujours jeune dans le cœur des saints. Éternel, il est aujourd’hui reconnu comme Fils. » (À Diognète, XI, 1-5 : ibid., p.79-81).

 

            On notera ici l’importance de la foi comme connaissance nouvelle de la Vérité de Dieu et l’accès à cette vérité par un enseignement. Le même Henri MARROU a montré jadis, dans son Mousikos anèr, à quel point le christianisme est d’abord une éducation qui passe par le travail des maîtres, des catéchistes, si souvent représentés sur les sarcophages ou les peintures des catacombes. On y voit un élève debout devant un maître qui déploie les rouleaux de la Parole de Dieu, de sorte que la Révélation chrétienne ne se réfère pas du tout aux religions à mystères, mais beaucoup plus à l’instruction donnée dans les écoles philosophiques.

            Cette affirmation de la nouveauté de la Révélation chrétienne de Dieu se retrouve du côté des chrétiens eux-mêmes. Ils ont conscience d’avoir accédé non pas à des connaissances supérieures, comme les membres des sectes gnostiques, mais à une relation personnelle avec Dieu qui marque leur identité d’une façon radicale. À tel point qu’il leur suffit de dire, quand ils doivent donner leur nom, qu’ils sont chrétiens, et l’historien éminent de l’Antiquité tardive qu’est Peter BROWN insiste sur cette « amitié avec Dieu qui plaçait les chrétiens au-dessus de l’identité qu’ils partageaient avec d’autres » (Peter BROWN, Genèse de l’Antiquité tardive, Paris, 1978, p.116). Et c’est pourquoi, à Lyon, lors de la persécution de 177, le diacre de Vienne, Sanctus, refuse de donner son nom, parce qu’il a conscience de bénéficier d’une autre appartenance que les appartenances de ce monde :

            « Sanctus soutint leurs assauts avec une telle fermeté qu’il ne déclara ni son propre nom, ni celui de sa nation, ni celui de la cité dont été originaire, ni s’il était esclave, ou homme libre. À toutes les questions, il répondait en latin : “Je suis chrétien” ; cette affirmation lui tenait lieu de nom, de cité, de race et de tout ; et les païens n’entendirent pas de lui une autre parole. » (Eusèbe de Césarée, Lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d’Asie et de Phrygie, in Histoire ecclésiastique, V, I, 20 ; SC 41, p.11).

 

            Peter BROWN voit dans ce discours une façon de manifester une sorte de supériorité spirituelle sur les pouvoirs terrestres par une relation spéciale avec Dieu, comme si les chrétiens avaient conscience d’appartenir à une élite spirituelle, au-dessus des structures de l’Empire.

            Je n’oserai pas aller si loin. Il me semble plutôt que la conscience de la nouveauté chrétienne inclut la conscience d’une différence sociale et politique, qui consiste non pas dans une supériorité, mais plutôt dans une participation au travail même de Dieu pour le monde. Être du Christ pour le monde et pour le salut du monde, voilà ce qui caractérise fondamentalement la présence chrétienne au sein du monde païen.

 

 

III – LA CONSCIENCE D’UNE MISSION UNIVERSELLE

 

            Ces chrétiens du IIe ou du IIIe siècle, à Alexandrie ou à Lyon, ne se considèrent pas du tout comme une minorité persécutée, même quand ils sont réellement persécutés. Nos catégories modernes ne conviennent pas à leur expérience. Ils n’ont aucunement l’intention de faire sécession ou de former une contre-société. Ils prient pour les empereurs et pour les chefs politiques de leurs cités. Ils vivent au milieu de tous les autres citoyens de l’Empire. Mais ils ont conscience  d’être porteurs d’une responsabilité, d’une mission qui s’étend à la terre entière. Ils se considèrent comme les membres d’une société universelle, liée à tout l’univers.

            Mais ceci se manifeste d’une façon paradoxale que le Traité à Diognète souligne avec beaucoup de finesse. Et de deux façons. Tout d’abord, par la conscience d’une double appartenance, qui les apparente à ce que l’on appelait des paroikoi, des étrangers domiciliés, qui restent citoyens de leur ville d’origine tout en habitant dans une autre cité.

            « Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie une terre étrangère. » (À Diognète, V, 5, p.63).

            Henri MARROU interprète cette tension à partir des catégories de la philosophie d’Emmanuel MOUNIER, en faisant valoir ce mélange d’immanence et de transcendance qui caractérise l’existence des chrétiens. Il insiste sur cette espèce de synthèse que pratiquent les chrétiens : « Le monde n’est pas seulement pour le chrétien le lieu de fausses valeurs, il est aussi un instrument au service de l’acquisition des vraies. » (SC, 33bis, p.136).

            Pour ma part, je serais plutôt porté à faire valoir la tension intérieure à cette double appartenance, en raison de laquelle les autorités politiques accuseront souvent les chrétiens d’être coupables de « haine du genre humain ». Il me semble que l’on ne peut pas minimiser le fait que cette originalité de l’existence chrétienne au milieu des autres pouvait être mal comprise, comme un retrait ou comme une opposition plus ou moins déclarée.

 

            Mais, ce qui est certain, c’est que les chrétiens ont, en même temps, conscience d’avoir à l’égard du monde une responsabilité réelle et positive. Même s’ils se considèrent comme des étrangers domiciliés ou des hôtes de passage, tournés vers la Cité céleste, ils n’oublient pas l’appel du Christ à être « sel de la terre » et « lumière du monde ». Et le Traité à Diognète souligne longuement cette mission essentielle : « L’âme est enfermée dans le corps : c’est elle pourtant qui maintient le corps ; les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, ce sont eux pourtant qui maintiennent le monde… Si noble est le poste que Dieu leur a assigné qu’il ne leur est pas permis de déserter. » (À Diognète, VI, 7,10, p.67).

            Et MARROU insiste sur cette relation positive des chrétiens au monde, en montrant que l’inspiration du Traité à Diognète est semblable à celle de  beaucoup d’écrits chrétiens du IIe et du IIIe siècles, de Tertullien de Carthage à Clément d’Alexandrie et à Origène. Il existe comme une fonction cosmique et sacerdotale des chrétiens : les chrétiens existent pour le salut du monde, le monde est fait pour les chrétiens, l’Église du Christ est comme l’aboutissement de l’histoire. Et c’est pourquoi les chrétiens prient pour les souverains et pour les autorités païennes et qu’ils s’engagent à enseigner aux autres la vraie religion et la vraie vie.

            Ils se savent chargés d’une sorte d’animation du monde auquel ils sont liés, de sorte qu’au début du IVe siècle, la conversion de Constantin au christianisme n’apparaîtra pas comme une rupture, ni comme un calcul politique, comme Paul VEYNE l’a montré récemment, mais comme l’aboutissement d’un processus, à la fois religieux et politique, en vertu duquel la nouveauté chrétienne peut apparaître comme intérieure au monde païen, comme sa vocation même, ou comme l’émergence de ce qu’il portait déjà en lui, quand il s’écartait du polythéisme pour s’acheminer, à travers des discours philosophiques et des recherches religieuses, vers une nouvelle conception de Dieu et de la relation à Dieu.

            Et c’est pourquoi sur l’arc de triomphe que Constantin fit ériger à Rome après sa victoire du Pont Milvius, après 312, l’inscription dédicatoire évoque une intervention surnaturelle d’une façon qui ne pouvait pas scandaliser les païens : « instinctu divinitatis », est-il écrit, sans préciser l’identité de cette divinité inspiratrice et bienfaisante, qui pouvait évidemment désigner aussi le Dieu des chrétiens.

            Peter BROWN a raison de mettre en relief cette continuité profonde qui marque l’émergence de l’Antiquité tardive, comme si la christianisation de l’Empire obéissait à une logique profonde qui travaillait depuis longtemps le monde païen. Parce que les chrétiens n’avaient pas cherché à se séparer de ce monde, mais à s’y insérer en y manifestant leur originalité.

            Mais, à partir du IVe siècle, cette conscience d’avoir à animer le monde en le convertissant de l’intérieur sera portée par une élite spirituelle particulière, celle qui est liée au milieu monastique, avec toutes les tensions intérieures à l’Église en raison de cette nouveauté. Et je pense en particulier à l’Église gallo-romaine du IVe siècle, avec les conflits inévitables entre des évêques trop liés aux classes dirigeantes et des moines désireux de susciter de véritables renouveaux spirituels au sein du peuple de Dieu. C’est toute l’histoire de Martin de Ligugé et de Tours, et de ses affrontements avec des évêques et des chefs politiques. Mais ceci est une autre histoire…

 

 

            Il me reste non pas à conclure, mais à faire encore appel à ma mémoire qui relie le Traité à Diognète à l’Académie française. C’était en avril 2008. Je venais d’être élu à cette noble assemblée. J’attendais mes amis électeurs aux éditions du Cerf. Vint Jacqueline de ROMILLY, accompagnée d’Hélène CARRÈRE D’ENCAUSSE et de Florence DELAY, et de bien d’autres. Jacqueline de ROMILLY s’était assise devant les volumes de la collection Sources chrétiennes. Je lui parlai aussitôt du Traité à Diognète. Elle semblait ne pas le connaître, et je lui citai cette phrase : « Ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde, ce sont eux qui soutiennent le monde. » Et elle me répondit du tac au tac : « Et bien, ils ont du travail ! » Et j’insistais encore, en évoquant une mère de famille, non baptisée, que j’avais rencontrée dans mon diocèse et qui venait d’assister, admirative, à la confirmation de sa fille handicapée, et elle s’était exclamée : « S’il n’y avait pas l’Église, le monde ne pourrait pas exister ! » Et comme je citais cette parole à Jacqueline de ROMILLY, elle répliqua aussitôt : « Mais le monde existait bien avant l’Église ! » Et je lui répondis : « Pour les Pères de l’Église, l’Église commence avec Abel, le premier des justes ! » Et elle réagit encore : « Et qui sont les Pères de l’Église ? » Et je lui dis aussitôt : « Lisez le Père de LUBAC ! » Et Hélène CARRÈRE D’ENCAUSSE de s’écrier alors : « Et bien, on ne va pas s’ennuyer ! » Et l’on ne s’ennuie pas à l’Académie française, comme on ne s’ennuyait pas au Concile Vatican II lorsque les Pères des premiers siècles encourageaient ceux du XXe à faire valoir, contre vents et marées, la présence de l’Église à l’intérieur du monde païen, de l’Église chargée d’une mission universelle de témoignage et d’animation, à cause du Christ Sauveur.

 

+ Claude DAGENS

évêque d'Angoulême,

de l'Académie française

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