Le blog de Mgr Claude DAGENS

LA JOIE DES ENFANTS DE DIEU. Messe à Saint-André pour le festival de la Bande dessinée, le 29 janvier 2011

31 Janvier 2011 Publié dans #Homélies

            heureus les pauvres de coeur Devant vous, des images qui parlent : regardez-les ! Ce lapin bleu représente les enfants de Dieu que nous sommes. Il est heureux d’entendre le message de Jésus.

            Au milieu de nous, le livre de la Parole de Dieu, de l’Évangile, le livre à travers lequel Dieu vient à nous et nous dit ce qu’il attend de nous !

            Et puis, là, assis par terre ou assis sur des chaises, nous tous, peuple des enfants de Dieu rassemblés à Angoulême, à l’occasion de ce festival de la bande dessinée ! Et nous sommes là pour accueillir le message de Jésus, le premier message de Jésus, les Béatitudes, cet extraordinaire acte de confiance et cet appel au bonheur.

            Car ces paroles de Jésus sont avant tout un acte de confiance. À ces gens qui sont là près de lui, Jésus ne dit pas : « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Qui sont vos parents ? Votre famille est-elle plutôt unie, ou plutôt désunie ? Êtes-vous maigres ou gros, petits ou grands ? »

            Il dit simplement : « Heureux êtes-vous ! » Sans attendre, il fait confiance à chacun et chacune. Et chacun de nous sait bien que sans la confiance des autres, on ne peut pas vivre. On ne peut pas vivre si les autres ne nous acceptent pas, nous méprisent, ou nous mettent à l’écart !

            Jésus, cet homme nommé Jésus de Nazareth, cet homme vient révéler et semer en nous la confiance de Dieu ! Il est son Fils, devenu l’un d’entre nous.

            Et sa première parole, c’est une promesse et c’est un appel : « N’ayez pas peur, ni des autres, ni de vous-mêmes, même si vous avez en vous des doutes ou des inquiétudes ! Soyez sûrs de la confiance totale du Père des cieux qui désire que vous écoutiez son message ! »

            Et son message, c’est un appel au bonheur, ou plutôt à une joie qui n’ignore absolument pas la réalité du mal, mais qui annonce cette nouveauté radicale : Dieu sait la réalité du mal, sous toutes ses formes, mais il s’engage avec nous pour que nous soyons capables d’accueillir en nous sa présence et sa force, qui sont étonnantes.

            Oui étonnantes, car le message de Jésus ne suit pas les lois du monde. Entendez bien : « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux. »

            Pauvres de cœur : ceux et celles qui apprennent à ne pas laisser leur cœur s’alourdir, et qui refusent de se laisser dominer par l’instinct de puissance, par le souci exclusif de soi-même ou de ses intérêts, et qui deviennent libres et pauvres pour accueillir en eux la bonté de Dieu, l’amitié de Jésus, la force de l’Esprit Saint !

            Venez voir François d’Assise, ce soir, ici même : ce fils d’un très riche marchand a découvert Jésus à travers un lépreux qu’il a embrassé, et il n’en finit plus d’apprendre à se dépouiller de tout, à se donner, à devenir lui-même comme une vivante image de Jésus, le Sauveur !

            Et à la pauvreté de cœur, on peut joindre le désir de la justice, et d’une justice réelle, plus forte que toutes les injustices du monde : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ! Ils seront rassasiés ! »

heureux ceux qui-justice

            Et Jésus sait bien le poids parfois écrasant des injustices, la réalité de ces fossés qui séparent les hommes et les femmes, et qui provoquent la colère et la révolte, comme on le voit en ce moment-même en Tunisie et en Égypte !

            Jésus n’appelle pas à la violence et à la révolte. Mais il apprend à respecter, contre vents et marées, à respecter et à servir la dignité de tout enfant de Dieu, à commencer par les plus fragiles.

            Et Vincent de Paul a compris cela, en son temps, au XVIIe siècle, alors que la guerre civile, la Fronde, avait ravagé la France ! Et il s’est engagé alors au service des pauvres, des enfants abandonnés, des malades rejetés, des prisonniers envoyés aux galères, et de tous ceux que la société méprisait. Et il s’est engagé avec la force douce et tenace de Jésus Christ !heureux les coeurs purs

            Quant « aux cœurs purs, heureux sont-ils ! » Purs, c’est-à-dire qui ne se laissent pas troubler par ce qui est impur, par ce qui salit le cœur et l’amour humain, par des actes et des attitudes de possession, de domination, de capture, d’addiction ! Halte-là, dit Jésus ! Laissez donc la lumière de Dieu vous éclairer, et vous faire voir ce qui est vraiment beau, ce qui rayonne de la beauté du Dieu vivant !

            Heureux sommes-nous si nous répondons à ces appels ! Nous en sommes capables. Jésus le dit et le croit pour nous. Et ce qui nous est demandé, c’est de désirer vraiment cette joie des enfants de Dieu que nous sommes, en nous encourageant les uns les autres à cette joie qui nous est promise et donnée, comme au lapin bleu !         


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