Le blog de Mgr Claude DAGENS

LA JOIE DE CROIRE EN DIEU. Eucharistie et confirmation de jeunes à Notre-Dame de la Route, à Saint-Yrieix, le dimanche 23 octobre 2011

26 Octobre 2011 Publié dans #Homélies


 

            Ces jeunes franchissent aujourd’hui une étape nouvelle de leur vie. De leur vie tout entière, avec leurs relations familiales, leurs projets d’avenir, leur goût du sport, ou de la musique, ou du théâtre, et surtout leur joie de croire en Dieu.

            Cette joie de croire en Dieu, j’en suis témoin, car j’ai reçu leurs lettres personnelles et je les ai rencontrés. Et chacun est unique, chacun, chacune, avec son prénom d’enfant de Dieu, connu de Dieu, conduit par Dieu.

            François, Julien, Éva, Anthony, Laure, Pauline, Alizée : je vous remercie d’entrer, comme vous le faites, dans l’Alliance de Dieu, en recevant le sacrement de confirmation, et en comprenant, à votre manière de jeunes, que cette Alliance est réelle, qu’elle est durable, qu’elle vous engage, mais que Lui, le premier, Celui que nous ne voyons pas, mais en qui nous croyons, s’engage avec vous.

            Et il s’engage pour que vous n’ayez pas peur d’être vous-mêmes des signes vivants de son Alliance à Lui. Car, en vous rencontrant, j’ai compris tout ce que vous avez déjà reçu de vos parents, de vos grands-parents, et de l’Église vivante, à travers l’aumônerie de cette paroisse.

            Mais j’ai compris surtout que vous êtes appelés vous-mêmes à être, au milieu des autres, des témoins et des signes du Dieu vivant qui nous demande d’obéir à sa Loi.

            Quand on prononce ce nom de Loi, on peut frémir, en imaginant des contraintes et des obligations compliquées et peut-être inhumaines. À nous d’entendre la Parole de Jésus lui-même, dans l’Évangile d’aujourd’hui, en comprenant comment il va remettre à leur place ces pharisiens et ces Docteurs de la Loi qui lui tendent un piège : « Quel est donc le plus grand commandement ? » Et eux, les spécialistes, ils savent bien qu’il y en des centaines et que ce pauvre Jésus ne pourra pas répondre.

            Mais la réponse vient, immédiate et d’une simplicité souveraine : « Tu aimeras… Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton être… Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

            Tout est remis à sa place par cette parole de vérité qui va droit à l’essentiel : « Tu aimeras… » On attendait des ordres et des prescriptions. Et l’on entend un appel qui s’appuie sur un des verbes les plus difficiles à mettre en œuvre, mais qui est d’une extrême simplicité. Pas facile, mais simple, de la simplicité de Dieu qui, Lui-même, Lui en premier, s’est engagé à aimer, à nous aimer, à nous recréer par son Amour de Père véritable, par le don de son Fils qui a pris chair de notre chair, par la force de son Esprit Saint qui veut agir en nous pour que nous apprenions à aimer.

            Oui, il est formidable d’aimer à la manière du Dieu vivant, à corps perdu, à vie donnée, mais c’est cela la Loi nouvelle du Dieu vivant et cette Loi nouvelle n’abolit pas la Loi ancienne, la Loi de Moïse, la Loi juive qui met les points sur les i, en nous rappelant que l’amour selon Dieu comporte des engagements onéreux et courageux :

                        « Tu n’opprimeras pas l’immigré…

                        Tu veilleras sur la veuve et l’orphelin…

                        Tu prêteras au pauvre sans intérêt et en rendant ce que tu as pris en gage… »

            Voilà la force et la simplicité de la vie selon Dieu ! Et voilà ce qui incite sans cesse les chrétiens que nous sommes à lutter contre l’indifférence, l’indifférence au Dieu vivant et l’indifférence aux hommes et aux femmes vivants, à commencer par ceux et celles qui attendent d’être reconnus, respectés, défendus, contre vents et marées, et parfois contre les lois du monde, quand elles sont inhumaines.

           

            Frères et sœurs, ces jeunes qui vont être confirmés, ils nous appellent à former davantage une Église où l’on s’aime, en pratiquant le respect mutuel et l’affection fraternelle, et en pratiquant aussi à l’égard de tous le dialogue et la solidarité.

            Car l’Église catholique que nous formons n’est pas seulement l’Église des catholiques. Elle est le signe de l’ouverture du Dieu vivant à chacun de ses enfants. Je vous parle comme l’apôtre Paul aux chrétiens de Thessalonique : merci de vous détourner des idoles, c’est-à-dire de ces choses qui nous éblouissent et qui nous rendent aveugles à Dieu et aux autres ! Merci d’accueillir la Parole de Dieu au milieu des épreuves avec la joie de l’Esprit Saint ! Merci de former ici, avec le Père Guy ROUGERIE, une Église qui témoigne de la simplicité de Dieu, de son Alliance, de son engagement, de son Amour !

 

X Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

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