Le blog de Mgr Claude DAGENS

La joie de croire en Dieu en des temps d'incertitude. Éditorial d' "Église d'Angoulême", du 15 janvier 2012

15 Janvier 2012 Publié dans #Edito Église d'Angoulême


 

« NOUS VOUS ANNONÇONS LA VIE ÉTERNELLE » (1 Jean 1,2)

 

            « Nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous est apparue : ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous soyez en communion avec nous et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Et nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète. » (1 Jean 1,2-4)

            Ces paroles qui se trouvent au début de la première lettre de l’apôtre saint Jean, disent l’essentiel de la nouveauté chrétienne, cette communication que le Dieu vivant vient faire de Lui-même dans l’humanité de son Fils Jésus Christ, l’enfant de Bethléem, l’homme de Nazareth, le Ressuscité de Pâques.

            Ces mêmes paroles de saint Jean constituent le commencement de la grande constitution conciliaire Dei Verbum, celle qui porte sur la Révélation divine et qui a suscité entre les évêques et les théologiens les confrontations les plus intenses. Car il s’agissait de ne pas séparer l’Écriture sainte et la Tradition de l’Église, mais de les relier intimement à partir de la source : le mystère du Christ. Car ce qu’on appelle le christianisme, c’est avant tout Lui, le Seigneur, dans son humanité de Fils, puisqu’il se donne à voir, à écouter, à toucher, jusqu’à devenir notre vie, pour aujourd’hui et pour toujours.

 

 

DES BERGERS À L’APÔTRE THOMAS

 

            Mes vœux sont simples pour cette année 2012. Ils se situent dans le sillage de nos engagements diocésains : que nous ne cessions pas de nous initier à la nouveauté de la foi et de la vie chrétiennes, et de pratiquer cette initiation d’une manière fraternelle !

            Les temps actuels sont marqués par l’incertitude, et souvent aussi par des tentations de peur et de repliement. À nous de relever la tête pour discerner ce qui nous est donné : des signes réels et souvent cachés de courage, de bonté, de patience, de délicatesse, de bienveillance.

            Mais, à certaines heures d’obscurité ou de découragement, il s’agit de veiller et d’attendre ce que nous ne voyons pas encore. C’est cela l’espérance chrétienne : car « voir ce que l’on espère, ce n’est plus espérer ; ce que l’on voit comment l’espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec persévérance. » (Paul aux Romains 8,24-25).

            Je souhaite que nous entretenions dans notre société inquiète cette attente de Dieu et de son action si souvent surprenante. Comme au début et à la fin de l’Évangile.

            Au début, ce sont des hommes habitués à veiller qui sont les premiers témoins de la nouveauté chrétienne : ces bergers de Bethléem, avertis par un messager de Dieu, et qui « après avoir vu l’enfant, firent connaître ce qui leur avait été dit à son sujet. » (Luc 2,17). Comme si le regard ne suffisait pas et comme si la Parole venue d’ailleurs devait provoquer l’ouverture à l’invisible de Dieu, en cet enfant.

            À la fin, c’est l’apôtre Thomas, cet homme désireux de vérifier ce qu’il croit, qui obligera Jésus à se révéler comme le « chemin » vers le Père (Jean 14,6) et comme Celui en qui la lumière de la Résurrection n’abolit pas les blessures de la Passion : « Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru ! Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jean 20,29).

            Quel réalisme de la part de Jésus ! Je souhaite que nous pratiquions ce réalisme audacieux qui consiste à aller au-delà de nos impressions ou de nos jugements immédiats pour nous ouvrir à l’invisible de Dieu, à sa présence à Lui qui, au milieu de nos obscurités et de nos peurs, ne se lasse pas d’agir ! Notre fraternité chrétienne s’enracine dans ce réalisme-là !

 

X Claude DAGENS

évêque d’Angoulême

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