Le blog de Mgr Claude DAGENS

LA FOI CHRÉTIENNE NE CESSE PAS DE NAÎTRE. Homélie lors du pèlerinage diocésain, à Lourdes, le 17 juillet 2013

22 Juillet 2013 Publié dans #Homélies

L’évangile de la messe des francophones, à Lourdes le 17 juillet, est tiré de l’évangile selon St Jean : Jésus ressuscité apparaît à ces disciples. L’apôtre Thomas qui ne voulait pas croire est là avec eux. Jésus lui dit : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains, avance ta main et enfonce-la dans mon côté. Cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi ». Thomas lui répond : « Mon Seigneur et mon Dieu » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu tu crois. Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ».

 

 

Lourdes 2013 034

 

L’homélie de Mgr Dagens

 

     « La foi chrétienne en Dieu ne cesse pas de naître aujourd’hui comme aux commencements de l’Eglise. Mais c’est à nous de nous mettre à cette heure de la naissance de la foi, au lieu de nous lamenter sur ce qui disparaît ou qui n’est pas comme avant.

     Ecoutez Paul et Barnabé témoigner à Antioche de Syrie de leurs premières expériences d’évangélisation. Ils racontent à la communauté chrétienne tout ce que Dieu a fait avec eux et comment il a ouvert aux nations païennes la porte de la foi. Ils n’oublient pas les résistances très fortes auxquelles ils se sont heurtés surtout de la part de certains juifs. Mais ils sont d’autant plus heureux de reconnaître le travail de Dieu au milieu même de ces difficultés. Telle est toujours la réalité de la foi : elle naît et elle se développe au sein même de ce qui s’oppose à elle.

     C’est peut-être cela que nous avons oublié nous, en France, en nous imaginant qu’il suffisait pour être catholiques de se réclamer d’une longue et belle tradition. Eh bien, ce n’est pas vrai.

     Même dans des familles catholiques, la foi chrétienne en Dieu ne se transmet pas de façon automatique. Elle repose sur un acte personnel de liberté, sur une découverte de Dieu qui passe par la raison et par le cœur.

     Et qu’il est beau alors, aujourd’hui même, d’être témoins de cette foi chrétienne qui germe chez des enfants qui demandent eux-mêmes à être catéchisés, ou chez des adultes de 25 à 35 ans qui sont heureux d’exprimer leur adhésion au Dieu vivant, parce qu’ils comprennent qu’il ne les a jamais abandonnés.

     Sans oublier ces jeunes couples qui vont vers le sacrement chrétien du mariage avec la vive conscience de ce qu’ils découvrent de l’amour humain et de sa source, grâce à l’Eglise. Et aussi ces personnes malades ou handicapées qui sont parmi nous, conscientes de leur maladie ou de leur handicap, mais vivant une sorte de lutte et de victoire intérieure, comme si la force de résurrection du Christ était plus forte que le mal.

     Et elle l’est : voyez l’apôtre Thomas lorsqu’il est en face de Jésus ressuscité, dans la salle fermée du Cénacle de Jérusalem. Il voulait vérifier ce phénomène étonnant. Et ce n’est pas la résurrection qu’il peut toucher : ce sont les blessures de Jésus, au côté, aux mains et aux pieds. Mais il comprend alors qu’il ne suffit pas de toucher, d’avoir un contact immédiat et sensible avec le corps visible. Il perçoit non pas les blessures, mais la force invisible qui, en Jésus a traversé toute la violence du mal et de la mort. Il ne croit pas seulement à une transformation physique. Il croit à une réalité qui a sa source dans l’engagement de Dieu quand il vient tout prendre sur lui de notre condition humaine. Et Jésus peut lui dire alors : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Car on peut  très bien être à côté des autres, les voir tout proches, avec leur présence physique, et ne rien comprendre de ce qu’ils vivent. Pour comprendre vraiment, pour croire, il faut aller au-delà des apparences immédiates et accepter de percevoir ce qui est donné par Dieu, ce qui transforme l’existence, ce qui fait naître une vie nouvelle.

     C’est l’heure, en cette année de la foi, de devenir non pas des spectateurs de la foi, mais des témoins du travail de Dieu quand il vient lui-même ouvrir la porte de la foi à des païens de notre monde.

     Et peu importent alors les difficultés et les résistances ! Au contraire, ce qui résiste à la foi vient réveiller la foi. Et c’est une joie, même au milieu des épreuves, de pouvoir reconnaître et raconter tous ces surgissements et toutes ces naissances de la foi qui s’accomplissent près de nous et en nous et qui attestent la puissance et l’action du Christ ressuscité. En lui tout est renouvelé ! Que l’Esprit Saint et le soutien de la Vierge Marie nous donnent de le rencontrer et de reconnaître que c’est Lui la source de la vie. »

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