Le blog de Mgr Claude DAGENS

L'identité catholique dans la société française : relier, témoigner, encourager. EA 30 octobre 2009

3 Novembre 2009 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Edito Église d'Angoulême

À Lourdes, lors de la prochaine assemblée des évêques, je présenterai un document que j’ai élaboré durant ces derniers mois. Sa partie centrale s’intitule : « VIVRE L’IDENTITÉ CATHOLIQUE DANS LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE ». Ce n’est pas une analyse sociologique. Ce n’est pas non plus un programme pastoral. C’est un acte de discernement et d’engagement : dans la situation actuelle de l’Église catholique et de la société française, à quoi sommes-nous appelés ?

            La réponse à cette question, je la puise dans mon expérience d’évêque en Charente. Et je peux l’illustrer à partir de quelques rencontres récentes, notamment de la rencontre organisée le dimanche 18 Octobre dans la paroisse de la vallée de l’Échelle, dans le doyenné d’Angoulême-Est. De la messe du matin, en l’église de Sers, suivie d’un dialogue avec une vingtaine d’enfants, jusqu’au repas convivial et à l’échange substantiel sur nos responsabilités dans la situation actuelle, ce furent des heures d’amitié, de prière et de confiance mutuelle.

            La plupart des maires des 7 communes que regroupe cette paroisse étaient présents, du matin au soir, avec d’autres élus locaux. C’est clair : l’Église est réellement présente dans notre société, et qu’y fait-elle ? Je réponds sans hésiter parce que j’en suis témoin : elle relie, elle témoigne et elle encourage.

 

            Oui, l’Église relie ce qui pourrait rester séparé : la prière et l’action sociale, l’écoute de la Parole de Dieu et la compréhension des évolutions du monde. Et surtout, elle relie des personnes très diverses et elle donne à ces personnes l’occasion de s’arrêter, de réfléchir et de se demander : que voulons-nous vraiment pour notre société ? Et où puiser la force de lutter contre tout ce qui déshumanise notre existence ?

 

            Face à ces questions communes, le peuple des baptisés est appelé à témoigner de ce qui vient de Dieu, de la Révélation du Christ. Les lois de l’ordre économique, de la société de consommation, sont des lois réelles. Il n’est pas question de les ignorer. Mais, à l’intérieur de ces lois, nous sommes chargés d’inscrire la loi nouvelle du Royaume de Dieu, cette loi étonnante que proclame Jésus au début de son ministère : « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux : ils obtiendront la Terre promise ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde ! » (Matthieu 5, 3-4.6-7).

            Jésus prononce ces paroles avec assurance : il vient attester que Dieu, son Père et notre Père, répond à ce qu’il y a de plus profond dans notre humanité. Je le dirai aussi à Lourdes à mes frères évêques : l’indifférence à laquelle nous nous heurtons souvent ne peut pas faire oublier ces attentes profondes qui se manifestent aussi dans notre société, ces attentes de vérité et d’amour, plus fortes que tout. Les Béatitudes sont la réponse à ces attentes !

 

            Alors l’Église accomplit sa mission d’encouragement. Elle ne peut pas se contenter de critiquer le monde tel qu’il est. Elle ne peut pas non plus présenter le Royaume de Dieu comme un rêve irréalisable. Elle sait qu’elle est, en ce monde, le signe de ce Royaume. Ce signe doit se voir : il passe par nos rencontres, par nos visites, par nos dialogues, par nos gestes de confiance et d’amitié.

            C’est un grand ministère d’encouragement que nous exerçons ainsi et qui reste le secret de chacun. Qu’il est beau, quelquefois, d’être nous-mêmes encouragés par ceux et celles que nous voulions encourager !

            Alors nous sommes vraiment consolés au sens fort de ce terme : rendus plus solides que tout ce qui pourrait nous blesser ou nous démolir. « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation : il nous console dans toutes nos détresses pour nous rendre capables de consoler tous ceux qui sont en détresse, par la consolation que nous recevons de Dieu. De même, en effet, que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ, abonde aussi notre consolation » (2 Cor. 1, 3-5).

            Ce ministère d’encouragement et de consolation fait partie de l’identité catholique dans la société française. À nous de l’exercer d’une façon résolue et solidaire !

 

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