Le blog de Mgr Claude DAGENS

L'AVENIR CULTUEL ET CULTUREL DE NOS ÉGLISES ET DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN FRANCE

26 Mai 2010 , Rédigé par CD Publié dans #Conférences

Conférence donnée à Lourdes, le 9 avril 2010, lors du pèlerinage des "Chrétiens élus publics", organisé par le Service pastoral d'Études politiques (SPEP), sous la responsabilité du P. Matthieu Rougé.

 

 

J’ai la joie d’être avec vous ce matin, pèlerin à Lourdes et doublement pèlerin.

            - D’abord, aujourd’hui, je participe au premier jour de votre démarche d’élus publics et, sur la demande insistante du Père Matthieu ROUGÉ, je vous parlerai de « l’avenir cultuel et culturel des églises et de l’Église catholique en France ».

            - Mais, demain et après-demain, je participerai à un autre pèlerinage : celui de mon diocèse d’Angoulême, qui commencera avec les familles et qui se poursuivra avec les jeunes, près de 600 collégiens et lycéens venant de toute la Charente sur le thème correspondant à cette année sacerdotale : « IL T’APPELLE ».

 

            Mais permettez-moi de vous dire d’emblée les deux raisons ou les deux convictions qui m’ont incité à répondre positivement à la demande du Père ROUGÉ pour vous, « Chrétiens élus publics ».

 

            - Première conviction : nous abordons incontestablement des temps nouveaux pour la vie et la présence de l’Église en France. Ces temps sont des temps éprouvants, en raison de l’affaiblissement évident des institutions catholiques et des critiques ou des résistances de la culture ambiante. Comment faire face à cette épreuve ? Non pas en cherchant des coupables, mais en allant aux sources de notre foi et de notre Tradition catholiques. Or il est évident que les bâtiments du culte, comme on dit, les églises nous conduisent aux sources de cette foi et de cette Tradition. À une condition, sur laquelle je reviendrai : que nous n’enfermions pas ces sources dans le passé, mais que nous leur permettions de se manifester dans ces temps qui sont les nôtres.

 

            - Et ce sont des temps éprouvants aussi pour notre société appelée à vivre des mutations considérables et accélérées, plus ou moins liées à ce que l’on appelle la crise économique, financière et sociale, et nous vivons tous ces mutations sous le signe de l’incertitude, et parfois du désenchantement, beaucoup plus que sous le signe de l’assurance sur l’avenir que nous connaissions il y a quelques années.

            Raison de plus pour nous interroger sur nos raisons communes, aussi communes que possible, de vivre ensemble dans notre société à la fois dure et fragile. Or il me semble que, paradoxalement, nos églises nous appellent, à leur manière, à reconnaître et à cultiver ces raisons communes, parce qu’elles font partie d’une histoire et d’une mémoire communes, même si cela n’est pas toujours reconnu.

            Mais une telle affirmation implique de ma part un jugement de valeur sur les effets de ce que l’on appelle la sécularisation : je me situe à cet égard du côté du philosophe Marcel GAUCHET, dont je vous recommande la lecture, surtout lorsqu’il montre que les traditions religieuses, et en particulier la tradition catholique, sont aujourd’hui avant tout ignorées, plutôt que rejetées. Raison de plus pour nous manifester nous-mêmes comme chrétiens de l’intérieur de ces traditions, non pas pour les imposer à tous, mais pour les inscrire à frais nouveaux dans le tissu de notre société sécularisée et pluraliste.

 

Partager cet article

Repost 0