Le blog de Mgr Claude DAGENS

JOSEPH, CET HOMME DONT LA FOI A ETE MISE A L'EPREUVE. Fête de saint Joseph (19 mars 2011) à Saintes, chez les Petites Soeurs des Pauvres

22 Mars 2011 Publié dans #Homélies

            « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse ; l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint : elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : le Seigneur sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

            Ces paroles de l’ange de Dieu à Joseph, l’époux de Marie, sont étonnantes : elles annoncent la naissance de Jésus, elles sont porteuses d’une grande promesse : Dieu lui-même va venir parmi nous, à l’intérieur de notre humanité, en cet enfant qui va naître de la Vierge Marie, et qui est son Fils, Jésus.

            Promesse magnifique, et pourtant, il faut aussi reconnaître la réalité : cet homme nommé Joseph a été alors affronté à une très grande épreuve que nous n’osons peut-être pas comprendre. Cet homme va épouser cette jeune fille de Nazareth nommée Marie. Il la connaît, il l’aime, il se prépare à vivre avec elle, car leurs familles ont dû s’entendre pour que ce mariage se réalise. Et voilà l’inattendu : cette jeune fille est enceinte, et Joseph en est témoin, et il ne comprend pas. Humainement, il ne comprend pas et il ne peut pas s’empêcher de penser ce qu’il n’avait jamais imaginé : l’enfant que Marie porte en elle ne vient pas de lui, Joseph, il doit avoir un autre homme pour père. Lui faudra-t-il répudier Marie en secret ?

            Cette histoire est une histoire très réelle, et qui se produit parfois, et qui peut provoquer des drames de jalousie et de colère, en tout cas des explications et des souffrances. Joseph a connu cela. Sa foi en Dieu a été rudement mise à l’épreuve : il a pu douter de son propre engagement envers Marie. Ce furent sans doute pour lui des moments de silence, avec toutes sortes de questions sans réponse.

            Et c’est alors que Dieu se manifeste, par son ange, pour annoncer à Joseph ce qu’il ne savait pas, ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer. L’enfant que Marie porte dans son ventre vient de Dieu. Elle l’a reçu de Dieu, comme un don, et elle se prépare à le mettre au monde. Et voilà l’extraordinaire : Joseph va être associé à cet événement inimaginable, il sera le père adoptif de Jésus, il veillera sur lui, il l’accueillera, il l’éduquera, il l’aidera à grandir…

            À un certain moment, Joseph a fait le saut de la foi : il est entré non pas dans l’inconnu, dans la Confiance du Dieu vivant. Il s’est laissé guider. Il a appris ce qu’il ne savait pas : que Dieu a la liberté de venir parmi nous, dans notre humanité, dans notre chair.

            C’est cela l’acte de foi en Dieu : c’est de plonger dans cette présence invisible et réelle qui est proche de nous, de l’accueillir, de la contempler, de l’écouter.

            C’est cela qui nous réunit aujourd’hui avec les Petites sœurs des pauvres dans cette maison de Saintes. C’est cela qui est notre vocation commune : faire le saut de la foi en Dieu, mettre en Lui notre confiance, même quand nous avons du mal à comprendre.

            Quand on avance en âge, les autres peuvent s’imaginer que l’on doit gagner des qualités, et perdre des défauts. Mais ce n’est pas vrai : si l’on est déjà susceptible, coléreux, porté à la jalousie ou à la rancune, on le demeure. Mais il se passe autre chose : on découvre aussi ce qui compte vraiment dans l’existence, ce qui est vraiment précieux, ce qui résiste à toutes les secousses de la vie, et c’est le don de la foi. C’est cette relation personnelle au Dieu vivant qui nous fait tenir au milieu des épreuves. C’est la joie de pouvoir s’adresser à lui en toutes circonstances et de tout lui confier, le meilleur et le pire.

            Jeanne JUGAN, sainte Jeanne JUGAN, a connu aussi l’épreuve et la foi en Dieu plus forte que les épreuves. Vous savez sans doute que, durant ses dernières années, elle a été mise à l’écart de sa propre congrégation, d’autres qu’elle ont récolté le fruit de son travail. Et elle a tenu bon, sans murmurer, en se plongeant dans la confiance et dans la fidélité du Christ Jésus, le Sauveur.

            Sainte Jeanne JUGAN, ici, à Saintes, comme dans d’autres maisons où des Petites sœurs des pauvres se donnent, apprenez-nous ce que vous avez appris, vous aussi, comme Joseph, et comme Abraham : il est possible d’espérer contre toute espérance et alors, Lui, le Dieu vivant et vrai, nous fait progresser dans son Alliance, et en Lui, notre vie trouve sa source, pour toujours…

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