Le blog de Mgr Claude DAGENS

Jean-Marie LUSTIGER, prophète et homme de Dieu

10 Août 2007 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Articles

Jean-Marie LUSTIGER, prophète et homme de Dieu
 
 
            Je connaissais Jean Marie LUSTIGER depuis les années 1960 quand il était aumônier des étudiants de la Sorbonne et que j’étais étudiant à l’École Normale Supérieure. Nous savions tous qu’il était une forte personnalité, totalement engagé dans l’affirmation de la foi chrétienne, spécialement dans le monde de la culture. Il a beaucoup marqué ceux et celles qu’il a initiés au mystère de Dieu à cette époque-là.
            Je l’ai retrouvé quelques années plus tard alors que j’étais entré au Séminaire de l’Institut Catholique de Paris. C’était les années qui suivaient immédiatement la crise de 1968 : Jean-Marie LUSTIGER manifestait alors avec encore plus de force sa passion de l’Absolu de Dieu, tel qu’il se révèle dans l’histoire de son peuple, d’Abraham à Jésus Christ.
            Vers la même époque, il fut associé de très près à la revue théologique Communio, soutenue par le Père Daniélou, le Père de Lubac et par Urs Von Balthazar. Des amis normaliens m’avaient associé à la fondation de cette revue dont le projet consistait à refuser toute réduction de la Révélation chrétienne et à manifester sans crainte toutes les implications du catholicisme dans la société actuelle.
            Depuis plus d’une vingtaine d’années, j’ai souvent rencontré Jean-Marie Lustiger lors de nos réunions d’évêques.
            Il était resté égal à lui-même, ou plus exactement il déployait de façon intense, et dans de multiples directions, les dons exceptionnels qu’il avait reçus de Dieu. C’était un homme extraordinairement entier, c’est-à-dire totalement engagé dans ce qu’il croyait et dans ce qu’il accomplissait au nom de sa foi en Dieu.
            S’il était engagé c’est parce qu’il avait été lui-même saisi par Dieu, comme il l’a raconté dans son grand livre « Le choix de Dieu ». On sait que cet homme, devenu prêtre et évêque, ne pouvait pas se comprendre lui-même en dehors de ses racines juives. Il appartenait, de l’intérieur de lui-même, à la grande histoire qui passe par l’appel adressé à Abraham, le combat des prophètes d’Israël  contre les idoles et, de manière ultime, par la Passion et la Pâques de Jésus Christ.
            Je me souviens du récit que le Cardinal DECOURTRAY m’avait fait de sa visite à Auschwitz avec Jean-Marie LUSTIGER dans les années 1990. Il fut alors témoin du saisissement de Jean-Marie LUSTIGER au lieu où sa mère avait été victime de la Shoah.
            Ce fils d’immigrés polonais comprenait très bien l’histoire du catholicisme en France. Il savait que nous devons aller résolument au-delà des conflits d’antan pour affronter des temps nouveaux où ce qui compte d’abord c’est la force de la foi et de la charité chrétienne vécues par des personnes prêtes à donner leur vie pour cette cause.
            Le signe du baptême chrétien contait infiniment pour lui, comme on le vit lors des Journées Mondiales de la Jeunesse de 1997 qui culminèrent à la grande veillée de Longchamp avec le baptême de plusieurs adultes.
            Il avait lui-même voulu que les trois journées de ce rassemblement suivent le rythme des trois jours du Mystère pascal. Depuis le dernier repas de Jésus avec ses amis jusqu’à la lumière de la Résurrection qui va percer dans la nuit.
            Cet homme de passion est entré dans cette lumière de la Résurrection. Il est certain qu’il demeure, dans le Christ, notre compagnon de route.

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