Le blog de Mgr Claude DAGENS

J'ai senti battre le coeur de l'Église. EA 4 septembre 2009

8 Septembre 2009 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Edito Église d'Angoulême

L’autre soir, le 25 Août, je suis allé à la cathédrale pour prier avec les personnes qui s’y rassemblent tous les mardis depuis le début de juillet. J’ai été impressionné non seulement par le nombre des participants (nous étions près de quatre-vingt), mais par la tonalité de cette prière. Elle était sobre : nous suivions l’office des vêpres en le psalmodiant. Elle était prenante : nous étions tournés vers le Christ pour lui confier tout ce qui nous fait souffrir, toutes les personnes qui souffrent, et pour lui demander la force de l’espérance.

            Après la prière, j’ai rencontré les personnes qui constituent l’équipe d’animation pastorale du Centre-ville avec le Père Romain HOUDUSSE et le Père Jean-Marie GAUDILLOT. Nous avons dîné ensemble : c’était une joie de se retrouver ainsi. Ensuite, nous avons échangé longuement sur la situation actuelle, sur le partage des responsabilités, sur la manière d’organiser le travail qui nous attend.

            À travers ces échanges, oui, vraiment, j’ai senti battre le cœur de l’Église. J’ai senti, j’ai vu, j’ai entendu à quel point une équipe d’animation pastorale est appelée à participer du dedans à la mission de l’Église du Christ.

 

            Du dedans de l’épreuve. Car l’épreuve demeure. Elle n’est pas oubliée. Elle fait souffrir, mais, en même temps, elle a permis à chacun, prêtres et laïcs, d’être vraiment là, avec le désir de poursuivre la route, de ne pas céder au découragement, d’aller de l’avant. Cela se sentait l’autre soir : on ne  se résigne pas, on ne revient pas en arrière, on sait que la force du Christ doit être en nous plus forte que les difficultés.

            C’est cela qui donne confiance. Car l’épreuve révèle, d’une certaine manière, des ressources cachées qui, en temps normal, restent souvent enfouies ou inemployées. Maintenant, on sait qu’il faut mettre en commun ses capacités et ne pas hésiter à faire appel à d’autres personnes.

 

            Alors - et je l’ai vu aussi - il est clair qu’une équipe d’animation pastorale participe de plein cœur à la mission de l’Église, à son témoignage, à sa présence, à son identité sacramentelle. Et, pour qui sait regarder, il est facile de voir que la place du prêtre ou des prêtres est encore davantage reconnue avec ce qu’elle a d’irremplaçable, de spécifique : le prêtre est là, situé du côté du Christ qui conduit son peuple, et l’on désire qu’il exerce vraiment cette responsabilité.

            En même temps, ces hommes et ces femmes qui sont membres de l’équipe d’animation pastorale, avec le prêtre ou les prêtres, comprennent qu’ils ne sont pas à l’origine de l’Église. Ils ne l’inventent pas. Ils ne la créent pas à leur image ou selon leurs désirs. Ils se laissent porter par elle et ils sentent – et je l’ai senti avec eux – que l’Église les engendre à la mission chrétienne, en empêchant l’épreuve d’être destructrice. Elle la rend mystérieusement féconde. Ainsi, quelque chose de la Résurrection du Christ passe à travers une telle expérience.

            Comme j’ai pu le dire explicitement, j’ai vu l’Église d’aujourd’hui vivre comme l’Église des origines, selon la forte affirmation des Actes des Apôtres lorsqu’ils évoquent la première communauté chrétienne de Jérusalem : « ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Act. 2, 42).

            Cela n’est pas un rêve. C’est la réalité de l’Église, c’est le cœur même de l’Église qui se révèle parfois davantage quand nous sommes mis à l’épreuve et obligés d’aller à l’essentiel de ce que nous croyons. Comme porteurs du ministère apostolique, évêques, prêtres et diacres, au nom de Jésus Christ, nous sommes au service de cette expérience et de cette mission.

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