Le blog de Mgr Claude DAGENS

"IL VIENT LUI-MÊME ET VA VOUS SAUVER" Eucharistie et confirmation au Sacré-Coeur de Cognac, le samedi 11 décembre 2010

15 Décembre 2010 Publié dans #Homélies

            « Prenez courage, ne craignez pas ! Voici votre Dieu : il vient lui-même et va vous sauver ». Et il en donnera des signes.

            Et les signes de la venue de Dieu au milieu de nous, ils sont là. Ce sont ces jeunes et ces adultes qui ont désiré être marqués du sceau de l’Esprit Saint de Dieu, par le sacrement de confirmation. Et c’est aussi nous tous qui sommes rassemblés à cause d’eux, vous les membres de leurs familles, vous leurs parrains et marraines, vous, leurs amis.

            Et je ne vais pas vous demander si vous êtes croyants et pratiquants, comme l’on dit. Je vois simplement que vous êtes là, et que vous comprenez très bien que l’événement de ce soir vous concerne aussi.

            Pourquoi ? Parce que ces jeunes portent en eux des questions qui sont aussi les vôtres. Mais eux, ils osent les dire. Ils osent dire, que, même s’ils sont baptisés, ils doivent continuer d’apprendre à devenir chrétiens au milieu des autres, surtout si les autres s’étonnent ou se moquent de leur foi.

            Mais souvent, ils disent clairement qu’ils éprouvent des doutes. Et je trouve ces doutes normaux et respectables. Surtout si l’on distingue plusieurs sortes de doutes : il y a le doute qui équivaut à un refus. On estime que l’on a d’autres choses à faire que de croire en Dieu. Ce doute-là est une barrière.

            Il y a aussi le doute argumenté qui consiste à penser que le mystère de Dieu est absolument hors de notre portée et que tout ce que l’on raconte à son sujet est une illusion. Alors restent des apparences, plus ou moins respectables, mais la foi est morte et on l’a aidée à mourir.

            Mais il y a une autre forme de doute : c’est l’attitude ouverte par laquelle on attend des signes de Dieu. Surtout si l’on bute sur la réalité du mal, et du mal brutal, inexplicable, scandaleux (un accident, un suicide, une impossibilité de pardonner), alors on a le droit de s’adresser à Dieu, en lui reprochant son silence et en s’étonnant de son inertie.

            Cette attitude-là, elle traverse toute l’histoire du salut.

            C’est vrai pour le peuple d’Israël : il souffre de la déportation et de l’exil. Il a l’impression que la violence a le dernier mot. Alors il crie, il proteste, il désespère ! C’est à ce défi-là que répond le prophète Isaïe : « Prenez courage ! Ne craignez pas ! Voici votre Dieu : il vient lui-même et va vous sauver ! »

            Et plusieurs siècles plus tard, au temps du roi Hérode, un homme a cru aux promesses de Dieu, et il a appelé son peuple à se préparer. Il s’appelle Jean, le Baptiste, et Jésus est son cousin, et ce Jésus de Nazareth, il l’a baptisé dans les eaux du Jourdain. Jean sera jeté en prison par le roi Hérode. Et, de sa prison, il interroge Jésus : « Es-tu vraiment le Messie de Dieu, ou devons-nous en attendre un autre ? »

            Et Jésus n’a pas répondu : « Oui, c’est bien moi ! » Mais il a évoqué les signes qu’il donne : des hommes et des femmes purifiés, réconciliés, libérés ! Et il admire la foi de Jean-Baptiste, le prophète qui s’efface devant Celui qui vient, Lui, le Sauveur !

            Cette attente de Dieu et cette découverte de Dieu sont toujours d’actualité. Il est venu, lui, le Fils du Dieu vivant, notre frère en humanité. Et il attend toujours d’être accueilli et reconnu.

            Tout à l’heure, je vais vous communiquer la force de son Esprit Saint, à vous les jeunes et les adultes qui désirez des signes. Le signe nouveau, c’est que Dieu fait alliance avec vous. Il s’engage. Il prend des risques : il attend que vous l’accueilliez et que vous le laissiez agir en vous. Et que vous acceptiez d’être porteurs de sa présence, de devenir ses signes à Lui, pour d’autres, chacun, chacune de vous.

            William, Alexandre, Simon, Pauline, Jean, Baptiste, Marie, Camille, Simon, Lorraine, Lilian, Morgane, Marine, Solenne, Florence, Rachel, Maxime, Cyprien, Augustin, Morgane, Marie-Liesse, Clarisse, Simon, Matthieu, Thibaut, François, Audrey, Hugues et Ghislaine, Stella et Jean-Baptiste.

 

            Nous vous accueillons parmi nous non seulement comme des chrétiens à part entière, mais comme des signes vivants que Dieu nous donne. Et vous avez le droit de nous adresser l’avertissement que l’apôtre Jacques exprimait à l’égard des premiers chrétiens : « Ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. »

            Et plus encore : « Manifestez entre vous de la confiance et de l’amitié ! Ne restez pas seulement à côté les uns des autres ! Apprenez à former davantage ce Corps vivant du Christ, cette Église, où l’on s’encourage à aller à la source de la vie chrétienne, et la source se trouve dans la Parole de Dieu, dans l’Eucharistie et dans la pratique de la fraternité ! »

            Cet appel, j’atteste qu’il est entendu. Il l’est dans les communautés de l’Arche, où des personnes porteuses d’un handicap nous révèlent elles-mêmes à quel point l’amour que l’on donne et que l’on reçoit a des effets libérateurs, sauveurs.

            Et je suis sûr que ce même appel est entendu aussi dans nos communautés ordinaires, quand nous découvrons que nous sommes liés les uns aux autres, les prêtres aux laïcs, hommes et femmes, et les laïcs aux prêtres, non pas seulement pour accomplir les tâches nécessaires, mais pour devenir ensemble le signe, le sacrement de la Charité du Christ.

            Seigneur, tu nous donnes des signes de renouveau ! Nous apprenons à les voir ! Qu’ils nous encouragent à espérer !

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