Le blog de Mgr Claude DAGENS

IL EST POSSIBLE DE RENAÎTRE DE DIEU. Mgr Dagens sur RCF-Accords 16 : "Parole à notre évêque". Texte publié dans le "Courrier français" de la Charente, 7 janvier 2011, n°3460

11 Janvier 2011 Publié dans #Parole à notre évêque

Mgr Dagens était parti en Italie un peu avant la nouvelle année. Pour autant, il a tenu à évoquer ce qu'il avait vécu aussi bien à la cathédrale qu'à la Maison d'Arrêt d'Angoulême pour les célébrations de Noël.

 

L’évêque a passé quelques jours après Noël chez un ami prêtre en Italie, dans les collines au pied des Alpes, entre Vérone et Venise, du côté de Vicenza. Il y a rencontré des amis, célébré la messe en italien avec la communauté paroissiale. « Je viens de voir encore quatre ou cinq crèches à Vicenza. Ce sont des crèches merveilleuses en Italie avec une lumière qui change. Il y a évidemment les bergers, les mages, les habitants du pays, le bucheron, le marchand de vin et d’eau, les petits ruisseaux et puis la lumière du jour qui se lève et puis ensuite de la nuit qui commence avec les étoiles dans le ciel, la lune. Aujourd’hui, le ciel a été magnifique avec, à l’horizon, le paysage des Alpes, les montagnes au dessus de Vicenza, Vérone et Venise, les étoiles commencent à s’allumer », explique-t-il.

Mais Mgr Dagens a voulu revenir sur l’évènement de Noël qu’il a célébré à quatre reprises, d’abord à la cathédrale d'Angoulême le vendredi 24 au soir. « Il y faisait très froid mais il y avait la chaleur de l’amitié humaine. J’ai porté l’enfant Jésus avec la lumière de Bethléem jusqu’à la crèche à l’entrée de la cathédrale. Nous avons célébré l’Eucharistie, écouté les paroles d’Isaïe : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». Je pensais au peuple de Côte-d’Ivoire, d’Afghanistan. C’était le lendemain des obsèques du Père Raymond Bonnaud au Sacré Cœur. N’oublions pas que le Père Luc Ravel, évêque aux armées, se trouve pour 15 jours en Afghanistan. Cette messe de minuit a été extrêmement sobre et très belle », témoigne l’évêque. Le lendemain matin, le jour de Noël, à 9h, il était à la Maison d’Arrêt pour y célébrer l’Eucharistie avec une douzaine d’hommes détenus et toute l’équipe de l’aumônerie. « C’était très beau de voir ces hommes qui, visiblement, regardaient vers l’enfant de la crèche avec une confiance encore plus grande que la conscience de leurs fautes. Et puis j’étais une nouvelle fois à la cathédrale à 11h. C’était magnifique à cause des travaux de rénovation. Il ne fait pas chaud, mais le choeur et le transept surtout ont été rénovés. Le transept est tout éclatant de blancheur et la coupole laisse pénétrer la lumière. Et à la fin de la messe de Noël, un couple de Strasbourg m’a dit : « la cathédrale chez nous est très belle, mais tout à fait sombre, alors que chez vous, elle est extrêmement claire » », insiste Mgr Dagens.

 

 

Dans la banlieue de Vicenza...

 

Enfin, le 26 décembre, l’évêque s’est rendu une deuxième fois à la Maison d’Arrêt d’Angoulême. Le but : rencontrer les cinq femmes qui ont participé à l’Eucharistie avec l’équipe d’aumônerie. Il est ensuite parti à Paris. Et le lendemain, le 27 décembre, Mgr Dagens a pris la route avec un ami prêtre pour l’Italie. Ils ont fait une escale à Aoste, « une très belle ville avec notamment la façade de la cathédrale qui est dédiée à la Vierge de l’Annonciation », précise-t-il. Ils sont arrivés le 28 décembre, chez cet ami prêtre, curé de plusieurs paroisses avec environ 10 000 habitants dans la banlieue de Vicenza.

« Le mercredi, nous avons passé la matinée à visiter toutes ces paroisses et à faire escale dans chacune des quatre églises de ces paroisses, en haut dans les collines et en bas dans la plaine. Nous avons contemplé les crèches avec les relais paroissiaux, des hommes en majorité d’ailleurs, qui entretiennent les églises et les crèches. J’ai célébré la messe la veille le soir dans la paroisse d’en bas et le lendemain dans l’église du haut. Nous avons passé plusieurs heures aujourd’hui avec l’équipe d’une revue italienne. Une équipe de trois prêtres, de Modène et de Bologne, est venue pour me rencontrer. Cette revue est un peu l’équivalent de la Documentation Catholique en France et aussi de La Vie. Nous avons passé près de trois ou quatre heures à parler de la situation des chrétiens et de l’Eglise en Italie, en France et dans le monde. Et l’ami chez qui je suis est allé lui-même plusieurs fois en Irak. Dans quelques semaines il ira en Chine, au Vietnam, au Laos et au Cambodge. Il a une grande espérance internationale », indique l’évêque.

Le jour du 31 décembre, une nouvelle visite de Venise était en prévision pour Mgr Dagens avant la messe à 19h. Dans la soirée, pas de réveillon au programme, mais un temps avec son ami et son frère, prêtre également, qui devait venir de Rome. L'évêque devait encore participer à une messe le 1er janvier au matin avant de repartir pour Paris, puis pour la Charente. « J’aime beaucoup l’Italie, j’aime beaucoup parler l’italien, je le fais avec beaucoup de joie, surtout quand il est question de dire ses convictions sur la passion de l’Evangile du Christ ».

 

 

Des temps exigeants pour l’initiation chrétienne

 

« Ces quelques jours sont une possibilité -ce n’est pas nouveau- de comprendre que la réalité de la présence des chrétiens, le signe chrétien, le signe du Christ, dans la société italienne, dans la société française, ce sont les mêmes réalités, les mêmes difficultés, les mêmes défis et les mêmes découvertes. Je suis très heureux, encore tout à l’heure, de répondre aux amis qui étaient venus me parler de tout ce que je découvre, à travers notamment les 45 ou 50 jeunes que j’ai confirmés en Charente ces dernières semaines. J’ai évoqué également, parce qu’ils m’ont posé beaucoup de questions à ce sujet, ma mission à l’Académie Française qui continue de manière très active, puisque j’ai été élu chancelier de l’Académie Française », rappelle Mgr Dagens.

Et évidemment à la veille de la nouvelle année, l’évêque avait déjà un message à formuler. « Elle sera fidèle à la lettre pastorale de septembre dernier. Je souhaite que nous vivions des temps exigeants pour l’initiation chrétienne, c'est-à-dire pour la découverte du mystère de la révélation chrétienne de Dieu en Jésus Christ. Je vois encore toutes les crèches qui, en Italie, sont extraordinairement simples et parlantes, avec la lumière, des personnages, avec quelque chose à la fois de très humain et de très lumineux dans cette présence. Je souhaite que nous comprenions que l’initiation au mystère de Dieu avec nous soit une exigence toujours nouvelle et que nous ayons la joie de constater le renouvellement de la foi chrétienne, l’attente spirituelle de la part d’un certains nombre de personnes, d’enfants, de jeunes et d’adultes parmi nous ».

« Et je n’oublie pas l’horizon politique. Je pense à la Côte d’Ivoire, à l’Asie, à la guerre en Afghanistan, à la situation difficile en Irak et en particulier pour les chrétiens et dans d’autres pays du monde. Je souhaite que nous comprenions bien que, même s’il y a des élections présidentielles à l’horizon et que tout le monde se met déjà en ordre, sinon de bataille au moins de course de haies, la vie du monde continuera au-delà de 2012. Et dès maintenant en 2011, nous avons besoin de regarder un horizon aussi large et aussi lumineux que possible. Je regarde le ciel devant moi, sombre, mais très bleu avec des étoiles. Je souhaite que quels que soient les évènements difficiles douloureux ou éprouvants -et il y en aura certainement- nous n’oublions pas que le ciel de Dieu est ouvert. Au milieu de nous, il y a cet enfant qui est une source de vie nouvelle et il est possible, je l’ai dit à la prison d’Angoulême, à la cathédrale aussi, de renaitre de Dieu, de l’amour de Dieu, de sa vérité, de la vérité du Christ. Il est possible de renaitre avec notre chair, notre sang, notre humanité, nos sociétés incertaines, de renaitre de Dieu pour devenir comme des signes de cette présence douce, fidèle, réelle de Dieu au milieu de nous pour notre salut. J’entends encore le Père Bonnaud me disant en me serrant la main, il y a quelques jours quand je l’ai vu à l’hôpital : le Christ vient nous sauver, vient me sauver. C’était un acte de foi et d’espérance. Je souhaite que nous fassions en permanence cet acte de foi et d’espérance. Le Christ vient et comme il l’a promis, il l’a dit lui-même avant de quitter ses disciples : je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Chaque jour, chacun des jours de l’année qui va commencer le samedi 1er janvier, il est avec nous », affirme Mgr Dagens.

 

Erica Walter

 

Retrouvez Mgr Dagens sur les ondes de RCF-Accords dans « Parole à notre évêque", les samedis et dimanches à 8h40.

 

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