Le blog de Mgr Claude DAGENS

ÊTRE CHRÉTIEN DEMANDE DU COURAGE. Messe à Confolens pour un rassemblement de doyenné, le 14 novembre 2010

15 Novembre 2010 Publié dans #Homélies

            Ces paroles de Jésus sont dures à entendre. Elles semblent même à l’opposé d’autres paroles du même Jésus.

            Car nous avons l’impression qu’il ne dit pas à ses disciples : « N’ayez pas peur ! », mais tout au contraire : « Ayez peur de ce qui va arriver au monde, à vous-mêmes et d’abord au Temple de Jérusalem ! »

            Ce sont des paroles inquiétantes. Au sujet du magnifique temple que le roi Hérode vient de faire reconstruire, c’est une prophétie terrible : « Ne perdez pas de temps à admirer ce monument si imposant ! Il va être détruit ! Ses pierres seront réduites en poussière ! »

            Quant au monde, il va être le théâtre de violences, de guerres, de cataclysmes destructeurs !

            Et vous-mêmes, précise Jésus, vous serez exposés à des persécutions ! Vous serez arrêtés, jugés, condamnés, et aussi trahis et livrés par des gens de vos familles et par vos amis !

            Ces avertissements au sujet de l’avenir du monde et des chrétiens dans le monde sont impressionnants. Mais ne faut-il pas les prendre au sérieux ? N’évoquent-ils pas des réalités très actuelles ?

            Et il n’est pas nécessaire, pour s’en convaincre, de voir des films d’épouvante tels que « 2012 » ou de lire des bandes dessinées violentes, où le sang gicle à flots !

            Il suffit, à certains moments, d’écouter les informations et de regarder la télévision. Des pays du monde sont, en ce moment même, très inquiets pour leur avenir : en Côte d’Ivoire et en Guinée, on attend avec anxiété le résultat des élections présidentielles. Et à Haïti, après le tremblement de terre d’avril, sévit une épidémie de choléra qui a fait déjà des ravages.

            Et, en d’autres régions du monde, des chrétiens sont persécutés. C’est le cas en Irak, ces derniers jours, et l’on sait bien aussi qu’en Chine et au Vietnam, être chrétien demande du courage.

            Alors, est-ce que ces réalités de violence devraient nous conduire au pessimisme et au désespoir ? Non, elles nous obligent plutôt à être chrétiens, vraiment chrétiens, disciples de Jésus, là où nous sommes, avec courage et avec persévérance.

            Et si l’on demande : « Comment cela est-il possible ? », allez donc demander à sœur saint Cybard de Lesterps. Cette religieuse a été reconnue comme « Juste parmi les nations », soixante-six ans après les événements terribles de la guerre et de l’occupation allemande.

            Qu’a-t-elle donc fait, cette femme consacrée pour que l’on comprenne maintenant qu’elle a accompli sa mission avec un courage étonnant ?

            Elle a d’abord compris que cette petite fille juive de 6 ans, Josie LÉVY, qu’on lui avait confiée, cette petite fille était menacée. Elle l’a donc accueillie, cachée et protégée.

            Et surtout, elle a été extraordinairement discrète. Elle n’a dit à personne ce qu’elle faisait. Mais elle a agi.

            Et puis – même si c’était son secret – elle a prié intensément le Christ de lui donner la force nécessaire, pour exercer son métier d’institutrice et pour tenir bon dans un environnement très difficile.

            Et le plus beau, c’est lorsqu’elle s’est aperçue que cette petite fille juive ne savait pas faire le signe de la croix. Elle le lui a appris pour qu’elle soit comme les autres enfants dans cette école catholique de Lesterps.

            Mais comme cette enfant voyait beaucoup de croix sur les murs de cette école, et qu’elle lui a demandé : « Ces croix, qu’est-ce que cela veut dire ? », sœur saint Cybard est restée en silence quelques instants et elle lui a répondu : « Cela veut dire que Dieu nous protège ».

 

            Et cela est toujours vrai. Oui, Dieu nous protège au milieu des dangers et des incompréhensions. Il nous inspire ce que nous devons dire, si l’on nous demande de rendre compte de notre foi. Et il nous donne la force d’espérer, parfois contre toute espérance, et même d’aimer, oui d’aimer ceux et celles qui nous détestent, nos ennemis visibles ou cachés.

            Ce n’est donc pas l’heure de la fin du monde. C’est toujours l’heure d’être chrétiens, fidèles à Jésus Christ humilié et glorifié, avec courage, avec persévérance…

            « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34).

Partager cet article

Repost 0