Le blog de Mgr Claude DAGENS

DIEU SE RÉVÈLE À NOUS À TRAVERS DES SIGNES

31 Janvier 2008 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Conférences

 
 
  Conférence donnée le 14 janvier 2008 à Angoulême pour la rencontre des catéchistes – relais du diocèse.
 
 
            Ce n’est pas une catéchèse que je vous propose, c’est un travail de discernement. Discerner, c’est apprendre à regarder au-delà des apparences, en cherchant à reconnaître des signes que Dieu nous donne et qui peuvent nous surprendre.
 
            1. Vous pratiquez avec les enfants le langage des signes. Au fond, la catéchèse passe par deux canaux privilégiés : La Parole de Dieu et le langage des signes.
            Vous cherchez à éveiller chez les enfants le goût de Dieu, le désir de Dieu à travers des signes.
            Hors, par exemple, à Segonzac, pour la constitution de la nouvelle paroisse, j’ai été témoin de la présence et de l’intervention des enfants à travers trois séries de signes :
            - Au début de la messe, trois chaînes avec des anneaux de trois couleurs portées par les enfants et placées autour de la Croix du Christ, pour évoquer la nouvelle alliance entre les trois secteurs paroissiaux.
             - Au moment de la procession d’offrandes, des lumignons portés par les enfants et déposés sur l’autel : signe de présence et de prière.
            - Et puis, entourant la crèche, avec les rois mages, des maisons nombreuses pour manifester que Dieu, en son Fils, vient demeurer parmi nous. Sa demeure est parmi nous.
            Et j’ai plaisir à évoquer les crèches italiennes que j’ai contemplées la semaine dernière : Jésus est là au milieu du foisonnement des gens, des métiers, des marchés, des animaux, avec toutes les couleurs particulières d’une région ou d’un pays, avec des fontaines, des moulins, des étoiles qui se mettent à briller…
            La crèche comme révélation concrète, image concrète de l’humanité de Dieu parmi nous. « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » (Jean 1, 14).
 
            2. Nous avons sans doute besoin de revaloriser ce langage des signes et surtout de reconnaître que des enfants peuvent devenir pour nous des signes de Dieu. Ils ne le sont peut-être pas de façon immédiate. Il nous faut pratiquer à leur égard un travail de discernement et même de contemplation.
 
            - Si Dieu passe pour nous par des personnes, alors nous sommes appelés à contempler le travail de Dieu chez ces personnes.
            Contempler : s’arrêter, regarder, faire silence et attendre pour voir. Attendre pour que se révèle ce qui n’est sensible qu’à ce qu’une oraison de l’Avent appelle « l’intelligence du cœur ».
            Regarder en aimant : c’est l’amour qui donne de voir au-delà des apparences.
            À la messe, je fais comme vous : j’essaie d’écouter et de regarder. Hier, je regardais les enfants : très peu distraits, très attentifs, surtout quand ils étaient engagés dans une démarche et aussi aux grands moments de la célébration.
            - Et puis, comme vous savez, je me posais ces questions qui nous sont communes : certains de ces enfants n’ont pas de parents croyants, ils sont venus à la catéchèse en le demandant eux-mêmes, ils sont en état d’éveil. Le savons-nous assez ? Ces signes de la liturgie devraient nous parler d’une façon nouvelle : la crèche, la lumière, le pain rompu…
            Seigneur, apprends-nous à nous regarder au-delà des apparences ! Donne-nous de participer avec l’intelligence du cœur à cette pastorale des sacrements de la foi qui passe par les enfants !
 
            3 – Les commencements de la Révélation du Christ : Le baptême de Jésus.
 
                                   Matthieu 3,13-17
 
                               1. C’est un événement charnière : c’est pour Jésus le passage de la vie cachée à Nazareth à la vie publique qui va commencer en Judée, c'est-à-dire en milieu juif, au milieu du peuple d’Israël.
                        - La nouveauté du baptême ne peut pas faire oublier ce qui précède : durant trente ans, cet homme nommé Jésus n’a absolument pas fait parler de lui. Il est resté un inconnu : un inconnu au milieu des siens. Un inconnu, non connu,non reconnu, au milieu des siens.
                        - Dieu caché en son Fils : la révélation de Dieu parmi nous commence par trente ans de vie cachée. Dieu accepte, ou plutôt choisit, de laisser son Fils vivre trente ans dans un coin perdu de Galilée. Le grand théologien du IIème siècle, Irénée de Lyon explique que Dieu, en son Fils, a pris le temps de s’habituer, de se familiariser, de s’ajuster à notre humanité.
                        Le Frère Charles de Foucauld a été fasciné par ce mystère de Nazareth, où il a vécu durant des mois, comme jardinier des Clarisses. L’amour de Dieu se révèle en se cachant.
 
                        2.  La rencontre de Jésus et de Jean-Baptiste.
 
                        Cette rencontre décisive a été largement préparée. Ces deux hommes se connaissent, ils sont cousins. Luc a raconté comment ils se sont déjà rencontrés à travers leurs mères, Elizabeth et Marie (Cf. Luc 1, 44 : « L’enfant a bondi d’allégresse en mon sein ».)
                        Et surtout, Jean, le prophète, a été préparé à cette rencontre. Il est l’homme envoyé par Dieu pour « préparer les chemins du Seigneur », pour annoncer l’heure d’une nouvelle Alliance, l’heure du Royaume de Dieu parmi nous, à travers la venue du Messie annoncé. Il est l’homme de l’attente et de la reconnaissance.
                        Jean le Baptiste est l’homme qui prépare et qui annonce l’accomplissement des promesses de Dieu à son peuple : « Voici l’Agneau de Dieu ! Voici le Messie ! »
                        Mais en même temps qu’il est le messager de la promesse accomplie, Jean le Baptiste devient le témoin de ce qu’il y a d’étonnant dans cette nouvelle Alliance. Sa foi est mise à l’épreuve par Jésus lui-même et par sa demande du baptême de pénitence et de conversion.
                        Il a au moins deux raisons d’être étonné.
                         . Le Messie d’Israël est attendu comme un chef triomphant. La nouvelle Alliance devrait se manifester comme la victoire de Dieu sur ses ennemis, et voilà un homme, pareil à tous les hommes, qui demande à descendre dans l’eau du Jourdain. L’abaissement, l’humilité, là où l’on attendait l’affirmation de la force de Dieu.
                         . Cet homme, ce Messie d’Israël, se met au rang des pécheurs. Il demande à recevoir le baptême destiné à la purification des pécheurs. Si cet homme vient du Dieu trois fois saint, qu’est-ce qui permet à Dieu de choisir cette place ? Pourquoi Dieu se met-il au niveau de notre humanité, et même du côté des pécheurs ?
 
 
 
                        3.  La révélation du Fils.
 
                        Sans doute une révélation secrète, qui n’a pas eu d’autre témoin que Jean-Baptiste, avec les signes qui font partie du langage des « apocalypses », c’est-à-dire des manifestations éclatantes de la gloire de Dieu.
                        - « Les cieux s’ouvrent… » : Le monde invisible s’ouvre à notre humanité.
                        - « Une colombe descend… » : l’oiseau symbole de paix et de nouvelle alliance, le don de l’Esprit Saint, ou plutôt la manifestation de l’Esprit qui vient d’en haut et qui agit au-dedans.
                        - Et la Parole de révélation qui désigne le Fils, ou plutôt qui désigne cet homme comme le Fils : il y a là comme l’écho sensible d’un dialogue en Dieu, la manifestation du secret caché dans le sein du Père. (Cf. Jésus : Matthieu 11, 27 : « Personne ne connaît le Fils sinon le Père, et personne ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler »).
                        - Au début de la vie publique de Jésus, au sortir de la vie cachée, c’est comme le surgissement de la source qui est en lui : la communion trinitaire.
                        Du baptême de Jésus au baptême chrétien (Cf. Matthieu 28, 19 : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples et baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit »).
                        - Le baptême chrétien : non plus un rite de purification, mais le signe de Dieu, de la vie de Dieu inscrite en nous, de la communion trinitaire qui devient le cœur, ou le secret, de notre existence chrétienne.
 
                        Où en sommes-nous de cette étonnante reconnaissance de la présence de Dieu en nous, de Dieu le Père, le Fils et l’Esprit Saint ?
 
                       

 

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