Le blog de Mgr Claude DAGENS

DES VOEUX POUR L'ANNÉE 2012. Échange des voeux à la Maison diocésaine, le 7 janvier 2012

9 Janvier 2012 Publié dans #Interventions diverses


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            Cet échange de vœux, c’est d’abord un acte d’amitié et de confiance. Merci de le comprendre !

            Je voudrais, à ma manière, commencer par un acte de confiance, ou plutôt d’espérance chrétienne en Dieu, au début d’une année qui comportera sa part d’événements prévus (notamment l’élection présidentielle, en avril-mai, et les élections législatives en juin) et aussi sa part d’imprévu.

            Et Dieu sait que nous vivons les temps actuels, dans notre société, dans notre monde, sous le signe de l’incertitude et de l’imprévisible. Mais, au milieu des aléas de l’histoire, il y a une réalité qui demeure, cachée, mais présente. Dieu est lié à nous et il demeure avec nous. C’est son engagement à Lui : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

            Et ce sera mon premier vœu : vivons de cette assurance, Jésus Christ est là, avec nous et il est notre frère ! Cette assurance, je l’ai vérifiée à la maison d’arrêt d’Angoulême, avec les hommes détenus réunis pour la célébration de Noël, le 24 décembre.

            Et il y avait entre nous quelque chose de grave et de paisible, qui nous reliait. Quelque chose ou quelqu’un ! Et les détenus avaient préparé un message, qui fut lu, le soir, à la cathédrale, au sujet du passage de l’enfermement à la liberté, et ce message disait : « Le chemin est très long. Qu’allons-nous trouver dehors quand nous serons libres. Libre est une grande question. » J’ai admiré cette affirmation, mais j’ai corrigé l’affirmation précédente qui disait : « La prison est un enfer ». Pour une simple raison : si Dieu est là, s’il est possible de s’ouvrir à Lui, alors, ce n’est plus l’enfer. L’enfer est vaincu !

            Et ce sera  mon second vœu : que nous n’ayons pas peur de croire que l’enfer, le monde du désespoir et du néant, est vaincu, par la Pâque de Jésus Christ, par sa mort et sa résurrection !

            Et je voudrais appuyer ce vœu sur des expériences que beaucoup d’entre nous ont faites, durant ces dernières semaines, et qui nous appellent à poursuivre notre route et notre travail d’initiation à la foi, à l’espérance et à la fraternité chrétiennes ! Oui, nous avons franchi des seuils et il nous faut continuer à franchir ces seuils. Et d’abord ce premier seuil qui vaut pour tous, pour tout le Corps du Christ : nous ne rêvons plus d’encadrer notre société, nous sommes appelés à nous y inscrire du dedans, tels que nous sommes, avec nos fragilités, mais à nous y inscrire avec la force du Christ.

            Second seuil : c’était le 16 octobre. Ce n’était pas un passage des ténèbres à la lumière. Au contraire : c’était un passage de la lumière du soleil à l’obscurité de notre cathédrale Saint-Pierre. Mais il y avait un Croix lumineuse qui ouvrait le passage et nous nous sommes avancés des deux côtés de la Croix et nous avons prié, et nous nous sommes engagés à « nous ouvrir à la joie de croire en Dieu » en célébrant l’Eucharistie, et nous sommes sortis, sous le grand Christ de la façade qui regarde vers la terre et au loin. Et c’est notre programme d’action : être sur terre et regarder vers le haut, au loin, là d’où vient la lumière !

            Et puis – troisième seuil – c’était le 11 décembre. De la gare d’Angoulême à Saint-Martial, nous avons marché avec, dans nos mains, la lumière de Bethléem. Et l’église Saint-Martial était dans l’obscurité et nous sommes entrés, et nous nous sommes communiqué la lumière, et nous avons chanté des refrains de Taizé : « Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais ! »

            Et un moment après, j’étais à Soyaux devant la crèche, à l’extérieur du Centre Madeleine Delbrêl, avec la présence des responsables musulmans, et du maire, et de plusieurs dizaines de croyants catholiques. Dieu parmi nous, l’Emmanuel, ne sépare pas ! Il réunit.

            Et d’autres seuils nous attendent dans les mois qui viennent : du 14 janvier au 11 octobre et au-delà. Le 14 janvier, pour que nous nous encouragions à pratiquer l’initiation chrétienne et la fraternité chrétienne, avec audace ! Oui, l’audace de ceux et celles qui cherchent à diffuser de la confiance, de la bienveillance, du pardon !

            En faisant très attention – permettez-moi d’insister – à ceux et celles qui sont là, près de nous, et qui sont en état d’attente et de découverte de Dieu, comme ces  jeunes et ces adultes à qui j’ai communiqué récemment le don de l’Esprit Saint, de Saint-Yrieix à Cognac, en passant par Confolens, Barbezieux, Montmoreau et Montemboeuf.

            Ces jeunes et ces adultes nous attendent : ils ont besoin de rencontrer des gens qui soient comme leurs grands-parents, des gens qui les initient au mystère de Dieu, à la vie de Dieu, en vivant de cette vie, simplement, fidèlement. C’est cela la « nouvelle évangélisation » qui sera le thème du synode qui aura lieu à Rome en octobre prochain, et au cours duquel s’ouvrira cette année de la foi annoncée par le pape Benoît XVI, et où nous sommes déjà entrés, nous, dans notre diocèse d’Angoulême.

            Je termine non par un vœu, mais par un appel qui sera le titre de mon prochain livre : « Catholiques en France, réveillons-nous ! » Parce que Dieu lui-même nous réveille à travers tout ce qui peut nous secouer ou nous dépouiller !

            Mais, à travers ces secousses et ces dépouillements, nous devenons sans doute plus libres pour nous ouvrir à la joie de croire en Dieu. Et Lui désire pour nous cette joie !

            Vive l’année 2012 !

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