Le blog de Mgr Claude DAGENS

Des hommes et des femmes qui se savent aimés de Dieu. EA 13 février 2009

17 Février 2009 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Edito Église d'Angoulême

L’autre soir, je participais à l’émission télévisée de KTO sur « L’Esprit des lettres ». J’y présentais mon dernier livre « Aujourd’hui l’Évangile », dont le titre a valeur d’engagement, surtout en ce temps de crise et d’épreuve pour l’Église.

            Près de moi, deux femmes : Isabelle RENAUD-CHAMSKA, qui vient de consacrer une belle méditation à Marie-Madeleine et à ses représentations dans l’art. Et une autre femme que je ne connaissais pas encore : Alina REYES, jusque là connue pour ses romans dits érotiques, et qui raconte maintenant, en quelques pages lumineuses, comment elle a connu Dieu, comment elle le comprend et comment elle l’aime (Lumière dans le temps, chez Bayard).

            J’ai admiré la simplicité avec laquelle cette femme chante sa joie d’être chrétienne. Elle ne dit pas qu’elle a la foi, mais qu’elle est la foi, parce que « la foi est ce noyau de l’être en lequel nous sommes unis à Dieu » (p.144). Alors commence une vie vraiment nouvelle :

            « Je suis devenue chrétienne parce que j’ai lu saint Paul, parce que j’ai lu les Évangiles, parce que je crois que cette religion est celle de la liberté, de la vérité entière qui libère soi et les autres, et je la vivrai ainsi.

            Le péché n’est pas définitif, ni fatal. Le péché n’est rien. Il suffit d’aimer Dieu : le péché n’est plus rien, ni faisable, ni tentant, réduit à néant, tandis que s’ouvrent miraculeusement toutes les possibilités de la vie, purifiées. Mais aimer Dieu n’est pas une parole en l’air, c’est un acte d’amour, sans cesse à renouveler, et qui déploie toute une autre vie, sans cesse à remettre en vie ». (p.145-146)

            J’ai admiré la façon dont cette femme témoigne, à sa manière, de ce renouvellement radical dont l’amour de Dieu peut devenir en nous la source, si nous l’accueillons, à longueur d’épreuves et de découvertes.

            J’ai fait la même expérience près de cet ami qui venait de mourir d’un cancer et dont je célébrais les obsèques. Je ne pouvais pas oublier notre dernier dialogue au téléphone. Il était très conscient de son état. Mais nous parlions surtout de ce qu’il découvrait de la miséricorde de Dieu, dans son épreuve. Lui qui était expert en sciences politiques et sociales, il savait que le dernier mot appartient à l’amour de Dieu. Et il me l’a dit, il me l’a écrit : « Dieu me dira, comme à l’enfant prodigue : ‘Te voilà ! Viens dans mes bras !’ » Près de sa femme, de ses enfants, de ses amis, je n’ai eu qu’à faire écho à cela, à cette révélation bouleversante de Dieu : « Jacques se savait aimé de Dieu et il désirait passionnément que chacun de nous découvre aussi ce cœur de la Révélation chrétienne ».

            Et le dimanche 1er Mars, au Gond Pontouvre, j’ai été témoin de la même découverte chez des femmes et des hommes de Charente qui se préparent au baptême. Ces catéchumènes connaissent Dieu parce que, depuis longtemps, ils se savent connus, aimés, soutenus par Lui. C’est pour eux une certitude et souvent même une évidence.

            Le savons-nous assez ? Savons-nous assez que la mission essentielle de l’Église, contre vents et marées, est de s’ouvrir à Dieu et de tout faire pour que cette ouverture à Dieu apparaisse vraiment comme la raison même de notre existence ?

            Alina REYES me l’a dit et écrit après l’émission : les temps actuels, si éprouvants qu’ils soient, et pour la société, et pour l’Église, peuvent être des temps non pas exactement de retour à Dieu, mais d’ouverture renouvelée à Dieu, à son mystère, à sa présence, à sa venue. Car Jésus ne cesse pas de « venir chercher et sauver ce qui était perdu ». (Luc 19,10).

           

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