Le blog de Mgr Claude DAGENS

CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITÉ. Homélie lors de la fête de Pâques à la cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême, le 31 mars 2013

4 Avril 2013 Publié dans #Homélies

Pâques

 

           La mort est vaincue par le Christ. Il est vraiment ressuscité, avec son corps, et le sacrement du baptême vient inscrire dans nos corps mortels cette victoire inespérée.

            Hier soir, à Montemboeuf, durant la veillée pascale, j’ai baptisé une jeune femme qui est née en Chine et qui a connu le Christ grâce à une amie française, dans son pays. La présence de cette baptisée chinoise est un appel pour nous, peuple de baptisés, à nous réveiller pour laisser se déployer en nous cette puissance de résurrection dont le Christ vivant est la source.

            Ce qui nous est demandé est simple, comme notre nouveau pape François sait très bien nous le dire : nous sommes appelés d’abord à nous réjouir et à nous émerveiller de ce que Dieu fait pour nous à partir de la Pâque de son Fils, Jésus, le Crucifié et le Ressuscité.

            Tout commence près d’un tombeau vide à Jérusalem, car, comme le dit mon ami Michel SERRES, de l’Académie française : « Les religions païennes sont fascinées par les cadavres. Le christianisme commence par un tombeau vide… »

            Quelques femmes fidèles et aimantes sont venues à ce tombeau pour embaumer le corps de Jésus, et le corps n’est plus là, et des messagers de Dieu leur disent des paroles étonnantes : « Ne cherchez pas parmi les morts Celui qui est vivant. Il n’est pas ici. Il est ressuscité. » Ces paroles les troublent, et encore plus l’événement de la Résurrection, qui reste très secret. Aucun témoin n’était présent, lorsque, dans la nuit, le corps blessé et mort de Jésus a été ressaisi par le Père des cieux, pour devenir le « premier-né d’entre les morts », comme le nouvel Adam, Celui qui ouvre pour toujours le chemin vers la vie éternelle.

            L’Évangile est très réaliste face à cet événement. Il insiste sur la stupéfaction de ces femmes. Elles ont vu Jésus mourir sur la Croix, violemment, avec son corps lacéré. Elles ont aidé à son ensevelissement. Elles ont touché ce corps sans vie. Et voilà que ce corps n’est plus là. Serait-on venu le prendre pour l’emporter ailleurs ?

            Et l’énigme demeure lorsqu’elles préviennent les apôtres, Pierre et les autres. Ils demeurent incrédules. Ils n’acceptent pas les paroles qu’elles ont entendues devant le tombeau ouvert : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? Il n’est pas ici. Il est ressuscité. »

            Christ ressuscitéCe mot de résurrection leur reste incompréhensible. La réalité et la violence de la mort ont été si évidentes, qu’il n’est pas possible de croire au-delà de ce que l’on a vu. La mort est visible. La résurrection ne l’est pas.

            Tel est en nous aussi le cheminement de la foi, la naissance toujours possible de la foi. La foi est toujours une victoire sur les logiques de mort. Dieu ne nous demande pas d’oublier la puissance du mal dans le monde, que nous subissons ou dont nous sommes complices, avec l’impression terrible d’être vaincus par lui.

            Mais la victoire du Christ ressuscité n’a rien d’un triomphe humain. Quand il apparaîtra avec son corps blessé, Jésus ne viendra pas comme un triomphateur. Il ne demandera pas justice. Il ne se vengera pas de ses ennemis. Il laissera rayonner en lui une force qui n’est pas de ce monde : comme le dira l’apôtre Paul, en sa personne, par sa Croix, il a tué la haine, il a désarmé l’Adversaire, et il laisse transparaître le visage du Dieu vivant qui, Lui, ne se résigne jamais à la victoire du mal.

            En croyant au Christ ressuscité, en recevant le baptême ou en renouvelant les promesses de notre baptême, nous accédons dès maintenant au monde de la résurrection.

            Quelle joie de pouvoir reconnaître ensemble que cette vie nouvelle ne cesse pas de se communiquer ! En France, en ce dimanche de Pâques, plus de 3200 adultes, de 18 à 35 ans, reçoivent le baptême, et aussi plus de 1500 enfants d’âge scolaire et, à travers le monde, la victoire du Christ se fraye son chemin à travers beaucoup d’obstacles. L’Église vit ou renaît à partir de la foi des baptisés. Ce sont parfois des groupes très nombreux. Ce sont parfois aussi de petites communautés, qui craignent des persécutions, mais qui n’ont pas peur.

            Et à Rome, nous avons un nouveau successeur de l’apôtre Pierre, qui porte le nom de François, le petit pauvre d’Assise, et qui réveille l’amour dans le cœur des croyants. Écoutons-le encore nous dire : « Il ne faut pas avoir peur de la bonté et de la tendresse. » Il ne faut pas douter de la bonté de Dieu, et il faut pratiquer entre nous tous la pastorale de la bonté.

            De cette bonté forte qui a sa source dans le cœur de Dieu et dans la résurrection de Jésus. C’est Pâques ! « Aujourd’hui, Dieu notre Père, tu nous ouvres la vie éternelle, par la victoire de ton Fils sur la mort, et nous fêtons sa résurrection. Que ton Esprit fasse de nous des hommes et des femmes renouvelés pour que nous ressuscitions avec le Christ dans la lumière de la vie ! »

            Dans le silence de nos cœurs, laissons-le venir à nous !

 

+ Claude DAGENS

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