Le blog de Mgr Claude DAGENS

CE QUI PEUT TOUT CHANGER : LA RENCONTRE DE JÉSUS, LE SAUVEUR. Eucharistie à Barbezieux pour l'accueil du Père Michel Granger, le dimanche 31 octobre 2010

8 Novembre 2010 Publié dans #Homélies

            C’est une grande joie, cher Père GRANGER, cher Michel, d’être ici, à Barbezieux, pour te confier ta nouvelle mission de curé et de responsable de ce doyenné important.

            Les signes de la liturgie parlent d’eux-mêmes : au début de la messe, des membres de l’équipe d’animation pastorale m’ont remis cette étole que j’ai posée sur tes épaules. Te voilà appelé non pas à porter tout le poids de ce doyenné, mais à y porter l’Évangile et les signes du Christ Jésus, le Sauveur.

            Je sais que tu vas exercer cette mission avec tous les talents qui sont en toi et que tu as déjà déployés à Chasseneuil et à Segonzac, sans oublier Mansle, aux côtés du Père BOCQUIER. Reste ici ce que l’Esprit Saint fait de toi : un homme simple, généreux, ferme quand il le faut, et aussi un homme de discernement qui sait comprendre, dire et réaliser ce qui est le plus important.

            Michel, nous sommes heureux de t’accueillir comme pasteur, aux côtés des autres prêtres de ce doyenné, le Père Michel HOANG, le Père François-Marie FAVREAU, et aussi le Père VION, le Père LAPOUGE, le Père RICHARD et le Père BELLOTEAU, qui ne nous oublie certainement pas.

            Il y a six mois, vers la fin avril, je ne savais pas du tout que j’aurais à te demander de quitter Segonzac, pour prendre la suite du Père PLANTEVIGNE à Barbezieux. Et nous ne savions pas non plus qu’il y aurait une concurrence imprévue entre Barbezieux et Orléans, le 17 octobre, à cause de l’appel adressé à Jacques BLAQUART.

            Mais, comme l’a dit et vérifié PASCAL, les « événements sont des maîtres » qui nous apprennent à obéir à Dieu. Et nous voici rassemblés ce matin à Barbezieux sous le signe du Christ, le Sauveur, Celui qui « vient chercher et sauver ce qui était perdu ».

            Et que l’on ne dise pas que ce mot de salut serait incompréhensible. Les 33 mineurs du Chili savaient très bien qu’ils risquaient de mourir sous terre, dans l’obscurité, et ils espéraient le salut, et ils ont été sauvés, délivrés, ramenés à la lumière et à la vie.

            Et cet homme de l’Évangile nommé Zachée l’a aussi très bien compris, à cause de sa rencontre décisive avec Jésus. Cet homme n’est pas exceptionnel : il est plus ou moins pareil à nous, ou nous sommes pareils à lui, non pas à cause de son métier de collecteur d’impôts et de sa condition de riche, mais parce que cet homme doit lutter pour vivre et pour vaincre sa peur des autres.

            C’est cela que la rencontre de Jésus va totalement changer en lui. Car Zachée se méfie des autres, comme les autres se méfient de lui. Et la preuve, c’est qu’il se met à l’écart : il veut voir Jésus sans être vu des autres. Il joue à l’homme invisible ! Mais Jésus, lui, sait voir au-delà des apparences. Il s’arrête et c’est l’événement de la rencontre, avec cette parole qui ne juge pas, mais qui change tout : « Descends de ton arbre, ne te mets plus à part, il faut que j’aille demeurer chez toi. »

            C’est cela la conversion, qu’elle intervienne en quelques instants ou qu’elle dure toute une vie : c’est Dieu lui-même qui fait signe, c’est Jésus lui-même qui s’invite et qui attend notre hospitalité.

            Et Jésus n’a pas dit à Zachée : « Pauvre homme ! Tu devrais changer de métier ! » Il l’a regardé, il l’a aimé et il lui a révélé ce que lui, Zachée, ne voulait pas savoir : lui aussi est capable de donner, et pas seulement de calculer. Et parce qu’il est compris et aimé par Jésus, Zachée se libère de l’argent qui l’encombrait ou qu’il avait acquis de façon malhonnête. Le voilà libre, pas pour faire n’importe quoi, mais pour devenir un fils d’Abraham, un témoin de l’Alliance de Dieu avec les hommes.

            Michel, tu seras ici, avant tout, un témoin de cette Alliance de Dieu avec tous ses enfants, à commencer par les plus perdus. Comme le dit le livre de la Sagesse : « Seigneur, tu as pitié de tous les hommes parce que tu peux tout ! Tu fermes les yeux sur leurs péchés pour qu’ils se convertissent ! » Et, quand il le faut, « tu sais aussi leur rappeler en quoi ils pèchent pour qu’ils se détournent du mal et qu’ils puissent croire en toi, Seigneur ! »

            Plus nous apprenons à porter la mission chrétienne de façon solidaire, prêtres, religieuses, laïcs, en espérant aussi des diacres, plus nous sommes appelés à aller à la source de cette mission commune. Et la source, elle est là, cachée, présente, dans la Parole de Dieu, dans les sacrements de l’Église, dans le signe de l’Eucharistie, et dans ces relations fraternelles que nous apprenons à pratiquer les uns avec les autres, en allant jusqu’au pardon, s’il le faut.

            Michel, à la suite du Père BLAQUART et du Père PLANTEVIGNE, je suis sûr que tu ouvriras ici des chemins qui conduisent vraiment à la rencontre de Jésus, le Sauveur. Cela s’appelle l’évangélisation.

Partager cet article

Repost 0