Le blog de Mgr Claude DAGENS

CE DIEU VIVANT QUE NOUS DECOUVRONS. Eucharistie à Chasseneuil, le 19 juin 2011, pour la fête de la sainte Trinité, avec le sacrement de confirmation pour des jeunes

20 Juin 2011 Publié dans #Homélies

              Ce qui nous réunit en ce jour, à Chasseneuil, ce sont ces jeunes, ces six jeunes qui vont être marqués du signe de l’Esprit Saint, par le sacrement de confirmation.

            Jennifer, Elsa, Léa, Doriane, Adélaïde, Élise : nous vous remercions parce que vous avez choisi librement de manifester votre adhésion à Dieu et votre foi chrétienne en Dieu, en franchissant ce seuil. Car vous vous engagez vraiment en recevant le don de l’Esprit Saint. Mais lui aussi s’engage avec vous et il s’engage à agir en vous, à vous conseiller, à vous conduire, à vous soutenir et à vous consoler, s’il le faut. Car c’est son nom : Jésus l’appelle le Paraclet, ce qui veut dire le Défenseur, l’Avocat et aussi le Consolateur, celui qui nous rend plus solides que tout ce qui peut nous blesser et nous démolir.

            Et pour nous, les adultes, vous êtes un appel vivant : oui, vous nous appelez à nous réveiller, à surmonter nos fermetures, nos égoïsmes ou nos mesquineries, pour former un peuple de croyants, au sens fort, un peuple d’hommes et de femmes qui mettent leur foi en ce Dieu vivant qui se révèle et qui se donne à nous en Jésus, son Fils, devenu notre frère en humanité, et qui veut demeurer en nous, par l’Esprit Saint.

            Je viens d’évoquer en quelques mots l’autre raison de notre rencontre en ce jour : ce n’est pas seulement la fête des pères, c’est la fête du Dieu vivant qui est pour nous Père, Fils et Esprit Saint.

            Et cela, nous ne l’inventons pas, nous le recevons comme une nouvelle étonnante que nous ne pourrions pas imaginer par nous-mêmes. Et cette révélation de Dieu dans sa profondeur et son intimité répond à une question que nous ne pouvons pas éviter : « Qui est Dieu pour vous ? Qui est ce Dieu auquel vous croyez ? »

            Cette question nous est parfois posée par des gens qui doutent ou qui ont du mal à croire en Dieu pour de bonnes raisons : parce qu’ils ont été blessés par la vie, parce qu’ils pensent que le mal et la mort sont finalement les plus forts, et que le sens de la vie, c’est de se battre, ou de se résigner, lorsque l’on a perdu ou que l’on n’est pas aimé.

            Devenir chrétien, c’est faire face à ces questions. Ce n’est pas y répondre comme on répond à un sondage. C’est accepter d’abord la vérité de Dieu lorsqu’il choisit, Lui, de s’ouvrir à nous, de se lier à nous, de nous parler.

            La foi commence par l’étonnement. Car si Dieu était à notre image, alors, il serait un superviseur céleste, un manipulateur supérieur, un justicier qui nous attend au tournant. Mais non, Dieu n’est pas à notre image. Il n’est pas du tout comme nous le redoutons. Et il le dit, pour la première fois, au grand témoin de la première alliance avec le peuple juif, Moïse : « Je suis le Seigneur, tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. » Ne laissons plus dire bêtement que le Dieu des juifs serait dur et inhumain : Celui qui se révèle à Moïse, c’est le vrai Dieu, Celui qui s’engage à marcher avec son peuple, avec nous, et nous sommes un peuple à la nuque raide et à la tête dure.

            Et il ne se contente pas de marcher avec nous. Il vient, et il se donne, et il donne son Fils, en cet homme nommé Jésus qui est né de notre chair et qui a connu la souffrance, la peur, la violence, la trahison, la mort et qui ira jusqu’au bout du don de soi à travers sa Pâque. Voilà Dieu parmi nous en Jésus Christ, mort et ressuscité, et nous n’en finissons pas de découvrir cette proximité bouleversante de Dieu, qui vient en son Fils, non pour nous juger, mais pour nous sauver.

            Et c’est pourquoi il est si beau de voir qu’aujourd’hui, des jeunes et des adultes s’ouvrent au mystère de Dieu, comme ceux qui ont reçu le baptême à la veillée pascale et comme ces hommes et ces femmes qui ont été confirmés dans notre cathédrale dimanche dernier.

            Le problème ou la difficulté, c’est maintenant de faire place à ces nouveaux venus, à ces recommençants, à ces personnes qui sont là, tout près de nous, et qui attendent des signes de Dieu, sans oser le dire.

            Alors que faire ? Au lieu de nous plaindre, nous sommes appelés à nous initier nous-mêmes au mystère de Dieu. C’est le but des orientations diocésaines en cours d’élaboration : précisément, en vue de l’initiation à la foi et à la vie chrétiennes. C’est un engagement nécessaire. C’est une volonté de nous renouveler nous-mêmes en accueillant ceux et celles qui s’éveillent à l’Amour de Dieu.

            Et ce secret d’amour passe par nous et par la vie de nos communautés chrétiennes, de votre communauté de la Bonnieure, de Chasseneuil à Roumazières. Vous avez entendu l’appel de l’apôtre Paul aux premiers chrétiens de Corinthe. Je vous l’adresse : « Frères et sœurs, soyez dans la joie, encouragez-vous, vivez en paix, soyez d’accord entre vous et le Dieu d’amour et de la paix sera avec vous. » Voilà notre mission commune !

            Voilà l’engagement que nous prenons avec ces jeunes qui ont besoin de nous, de notre confiance et de notre espérance !

            Oui, l’Église vit, elle vit du don de Dieu Père, Fils et Esprit Saint, et nous apprenons à découvrir que ce don est plus fort que toutes les violences qui nous habitent et qui marquent notre monde.

            Oui, que « la grâce de Jésus Christ notre Sauveur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ! »

 

+ Claude DAGENS, évêque d'Angoulême

 

 

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