Le blog de Mgr Claude DAGENS

Benoît XVI, évêque de Rome en France : aller au coeur du mystère de Dieu. EA 21 septembre 2008

23 Septembre 2008 , Rédigé par mgrclaudedagens.over-blog.com Publié dans #Edito Église d'Angoulême

            Paris : Palais de l’Élysée, collège des Bernardins, cathédrale Notre-Dame, puis, le lendemain, après une escale à l’Institut, quai de Conti, messe sur l’esplanade des Invalides.

            Lourdes : prière à la grotte puis procession mariale du samedi soir et, le dimanche, messe sur la prairie et, l’après-midi, discours aux évêques et méditation sur l’Eucharistie, et, le lundi matin, messe sur l’esplanade avec le sacrement des malades.

            Quelle diversité d’interventions, de célébrations et de rencontres ! Mais, à travers cette diversité évidente, on devine le fil conducteur qui guide Benoît XVI : il est sûr d’être, pour les temps actuels, cet évêque de Rome qui conduit l’Église à l’essentiel. Et il nous appelle à exercer nos responsabilités d’évêques de l’Église catholique en France par rapport à cet essentiel.

            Quel est cet essentiel ? Avant tout, la foi au Christ, elle-même enracinée dans la recherche de Dieu, le désir de Dieu, la compréhension de sa Parole, comme il l’a longuement expliqué au collège des Bernardins, devant des hommes et des femmes habitués à lire, à écrire, à penser. Mais ses homélies et ses méditations chantent la même musique : l’essentiel est, pour l’Église catholique qui est en France, comme ailleurs en Europe et dans le monde, d’aller au cœur du mystère de Dieu pour en vivre et pour en témoigner. Et le cœur de ce mystère passe par la liturgie, la célébration de l’Eucharistie et l’adoration de l’Eucharistie.

            Merci, Saint Père de nous conduire ou de nous reconduire ainsi au cœur de notre identité catholique !

            En nous demandant aussi, comme vous l’avez dit à l’Élysée et comme vous l’avez redit avec insistance aux évêques, de manifester cette identité à l’intérieur de notre nation oublieuse de ses racines. J’espère que l’on aura bien compris votre souhait : non pas de réviser la loi de 1905, mais de reconnaître que la tradition chrétienne peut contribuer à notre vouloir-vivre commun dans notre société incertaine.

            S’il me fallait ajouter quelques impressions personnelles, sur ce pèlerinage de notre pape Benoît XVI, voici les remarques que je ferais.

            - À mesure que les années passent (j’étais moi-même à Lourdes en 1983 pour accueillir Jean-Paul II), je constate  que la disproportion grandit entre l’environnement extérieur et le signe dont est porteur cet homme qui vient de Rome. Déploiement de surveillance policière, affluence de journalistes et d’instruments de transmission, et au milieu de ce déferlement, un homme est là, qui prie, qui fait silence, qui commente la Parole de Dieu, qui s’ouvre lui-même au mystère de Dieu…

            - Cet homme, qu’il soit Jean-Paul II ou Benoît XVI, remet les choses à leur place : l’important, c’est de vivre vraiment de la foi et de la charité chrétiennes. «  Simplicité de notre vocation », dit Benoît XVI : « il suffit d’aimer ». Les questions d’aménagement structurel sont secondes. Le pape vient pour simplifier notre vie de croyants, pour la conduire à la source. Et la source de la grotte de Massabielle est elle-même tout un programme : la pureté de l’eau au milieu des détritus destinés aux cochons !

            Je ne peux pas cacher ma joie d’avoir pu saluer personnellement Benoît XVI : on m’avait placé le premier des membres de l’Académie Française, à côté d’Alain DECAUX et de Jean d’ORMESSON. J’avais beaucoup apprécié la méditation des Bernardins. Ce pèlerinage aux sources de la tradition monastique me rappelait les cours que j’ai suivis à la Sorbonne avec les maîtres  qui me faisaient découvrir les Pères de l’Église. Je l’ai dit au pape en nommant Henri-Irénée MARROU, qu’il a connu.

            - Enfin, comme beaucoup, j’ai été impressionné par les moments de silence au cours des célébrations. C’est le Seigneur qui est le premier ! Il passe et il faut l’écouter. Et nous l’avons écouté ! Continuons à pratiquer, en Charente comme ailleurs, au cours de nos célébrations paroissiales ou diocésaines, ce silence qui aide à s’ouvrir au mystère de Dieu !

            - Permettez-moi aussi, Saint Père, une remarque qui vient de mon expérience de pasteur et de mes convictions de théologien : votre insistance sur la mission irremplaçable des prêtres est totalement justifiée, mais cette insistance doit être intimement reliée à tout ce qui concerne la « sacramentalité » de l’Église, à ce qui fait de nous tous,  évêques, prêtres, diacres et laïcs, hommes et femmes baptisés,  le Corps du Christ et le signe vivant de sa charité dans le monde ! Car c’est cette communion entre tous qui constitue le terrain où germent et germeront des vocations nouvelles !

 

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