Le blog de Mgr Claude DAGENS

NOS PEURS VAINCUES PAR LA VENUE DE DIEU. Homélie lors de l'eucharistie à La Couronne, avec confirmation de jeunes et d'adultes, le 22 novembre 2015

23 Novembre 2015 Publié dans #Homélies

NOS PEURS VAINCUES PAR LA VENUE DE DIEU. Homélie lors de l'eucharistie à La Couronne, avec confirmation de jeunes et d'adultes, le 22 novembre 2015

Frères et sœurs,

Nous vivons des temps difficiles : pas seulement à cause du chômage ou des épreuves de nos vies personnelles, mais à cause de la menace terroriste, qui plane au-dessus de nous. Et nous avons des raisons d’être inquiets, surtout si nous avons du mal à repousser nos réflexes de peur et parfois de haine.

Mais l’événement qui s’accomplit ce matin à La Couronne est un événement positif, un événement qui fait du bien et qui donne de l’espérance. Des jeunes et des adultes de chez vous – ils sont seize – vont être marqués pour toujours du signe de l’Esprit Saint de Dieu, et cet Esprit de Dieu est une force douce qui travaille en nous pour réveiller notre confiance en Dieu et pour nous encourager à sortir de nous-mêmes pour aller à la rencontre des autres, amis ou ennemis.

Je vous remercie, tous et chacun de vous, d’avoir désiré franchir ce seuil et progresser ainsi dans votre vie, avec la force du Dieu vivant.

Pauline, Anaïs, Léonie, Ange, Aël, Paul, Laura, Arnaud, et vous aussi Jérémy, Dieudonné, Laurence, Sylvie, Bérenger, Virginie, Christelle et Marc.

Je vous remercie surtout des convictions qui sont en vous et que j’ai trouvées dans vos lettres. Deux convictions surtout m’ont semblé très importantes. Je vous l’ai dit hier soir, je tiens à le redire ce matin de façon publique.

Première conviction, très positive : devenir chrétien donne la possibilité et la joie de regarder le monde autrement, à travers un prisme d’espérance, « alors que beaucoup le voient de façon négative. » On ne peut pas, comme le dit l’un de vous, croire en Jésus, l’écouter et le recevoir, sans pratiquer cette conversion du regard. Oui, il y a des violences, il y a des morts, il y a des événements destructeurs, mais nous ne désespérons ni du monde, ni de nous-mêmes, parce que le Dieu vivant habite ce monde, en Jésus Christ, et qu’il ne désespère jamais de notre humanité. Et c’est ce combat-là, ce combat de l’espérance, que l’Esprit Saint s’engage à susciter en nous.

Et puis, il y a une autre conviction qui me semble décisive : c’est que l’on ne peut pas vivre en société sans pouvoir dire, à certains moments, ce que l’on croit. « Comment s’épanouir pleinement en cachant une part de sa personnalité ? » On ne peut pas se résigner à ce que la religion soit de nos jours confinée dans le silence et le secret, comme une réalité honteuse.

La religion, la foi chrétienne au Dieu vivant qui s’est fait homme en Jésus Christ n’est pas une réalité honteuse. Elle est une force pour vivre. Elle est souvent une source de joie. On ne peut pas nous soupçonner d’être dangereux parce que nous sommes des croyants au Dieu de Jésus Christ.

Mais c’est l’heure, aussi, de mettre les choses au point, quand c’est possible. Il faut pouvoir nous expliquer sur le Dieu auquel nous croyons. Nous ne l’inventons pas. C’est Lui qui se révèle à nous, et d’une façon étonnante.

Il va venir, il vient, et ce sera Noël, dans un peu plus d’un mois. Mais il faut nous préparer encore à la surprise. Quand nous prononçons le nom de Dieu, ce nom superbe et parfois impressionnant, nous imaginons, de nous-mêmes, une apparition éclatante ou un coup de force céleste.

Or Dieu ne vient pas ainsi. Il est cet enfant qui va naître dans une étable, à Bethléem. Il est là, comme tout enfant, désarmé, fragile, attendant d’être accueilli, reconnu, aimé. Dieu est du côté des enfants. Il nous est donné. Comment aurions-nous peur d’un enfant ?

Et il sera, quelques trente ans plus tard, un homme condamné à mort et qui ne se défend pas, comme il l’explique au gouverneur Pilate : « Ma royauté n’est pas de ce monde. » Il ne fera pas appel à des forces célestes pour le défendre. Il va son chemin, avec la seule force de la Vérité de Dieu dont il témoigne jusqu’au bout, jusqu’à la Croix, et jusqu’à dire : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Il sera, il est, le « témoin fidèle » de l’humilité et de l’amour de Dieu, le premier-né d’entre les morts, le Ressuscité vainqueur de toute violence et de tout mal.

Alors, oui, nous pouvons penser et dire que nous ne sommes pas dangereux, mais que nous désirons témoigner de cette puissance de Résurrection, que les prophètes d’Israël imaginaient déjà : à travers les cieux ouverts, un Fils d’homme apparaît. Il vient. Il est le Roi de l’Univers, le Christ Roi et en même temps le Serviteur humilié, il n’est pas séparé du monde. Il vient pour que nous trouvions en Lui Celui qui nous délivre.

Et le plus étonnant, c’est que, dès maintenant, dans l’Eucharistie, il se livre à nous. Acceptons de l’accueillir, de le prier, de le recevoir et de le laisser passer par nous, pour la gloire de Dieu et le salut du monde !

+ Claude DAGENS,

Administrateur apostolique

du diocèse d’Angoulême

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