Le blog de Mgr Claude DAGENS

CE DIEU QUI NOUS SURPREND ET QUI COMPTE SUR NOUS. Mariage d'Alexandre et Clémence, à Château-Gontier, le 5 septembre 2015

7 Septembre 2015 Publié dans #Homélies

CE DIEU QUI NOUS SURPREND ET QUI COMPTE SUR NOUS. Mariage d'Alexandre et Clémence, à Château-Gontier, le 5 septembre 2015

Tout à l’heure, Alexandre et Clémence, vous allez vous recevoir mutuellement comme époux et comme épouse, en échangeant vos consentements. Et en bénissant vos alliances, je laisserai à Dieu lui-même la liberté de conduire et de relier vos deux vies, avec la force douce de son Amour.

Mais avant de dire que Dieu nous aime, il est juste de reconnaître qu’il est capable aussi de nous surprendre. Vous en êtes la preuve visible. Votre rencontre, votre première rencontre, fut un événement inattendu et étonnant, et vous avez vite compris que cet événement était comme un point de départ, une belle ouverture à une vie nouvelle, pour chacun de vous deux. Une vie nouvelle qui élargit vos horizons et qui vous donne de déployer ce qu’il y a de meilleur en vous.

C’est de cela que nous sommes ici les témoins, chacun à notre manière, vous, les membres de la famille d’Alexandre et vous, les membres de la famille de Clémence, et vous tous, leurs amis.

Nous pouvons comprendre aujourd’hui ce qui constitue le sacrement du mariage, non pas un phénomène magique qui tomberait du ciel de Dieu, mais la saisie de toute l’existence d’un homme et d’une femme qui se sont découverts une vocation nouvelle, qu’ils reçoivent l’un par l’autre.

Et c’est dans ce « l’un par l’autre » que passe le mystère du Christ. Tout ce qui pourrait nous refermer sur nous-mêmes s’efface. Oui à cette ouverture que suscite en vous le don de Dieu !

Et il est beau que vous ayez choisi comme première lecture ces paroles de la Lettre aux Hébreux qui appellent les premiers chrétiens à sortir d’eux-mêmes, à voir large, à se soucier de ceux et celles qui sont blessés par les duretés de la vie et à ne jamais désespérer de Dieu dont l’Amour ne nous lâche pas.

Dans notre monde souvent si dur, c’est de cela que nous avons tous besoin : de cette force de l’espérance qui ne déçoit pas ! De cette persévérance dans les actions et les initiatives qui relient au lieu de séparer ! De cet engagement à nous aimer les uns les autres, en sachant que cet amour ne s’appuie pas seulement sur les sentiments, mais sur la confiance de Dieu, plus forte que tout !

Je n’ai pas oublié, Clémence et Alexandre, l’histoire vraie de cette rencontre, à partir d’un pèlerinage à Lourdes, avec cet homme handicapé qui a été pour vous comme un appel et comme un lien, et que vous êtes allés revoir en Irlande. Sa mort était sans doute une façon de vous ouvrir à ce qui nous dépasse, à cette puissance de vie et de résurrection qui est le cœur de Dieu et qui devient le cœur de notre foi.

En ce jour de votre mariage, vous devenez pour nous tous des signes, oui, des signes vivants de ce qui transforme nos vies. Chacun à notre manière, nous percevons quelque chose de ce qui s’est passé et se passe en vous. Et vous avez la responsabilité d’assumer désormais cette responsabilité commune : être des signes du travail de Dieu en nous, de l’Amour fidèle de ce Père des cieux qui ne désespère d’aucun de ses enfants.

Vous savez tout ce que vous avez reçu de vos parents. Inutile d’insister, mais c’est une réalité qui a du poids. Mais vous devinez aussi tout ce que vous allez désormais donner, en étant vous-mêmes, en traçant votre chemin, en portant vos responsabilités, en déployant le don de Dieu, en vivant de sa vie.

Moi-même, je ne savais pas qu’une rencontre inattendue à l’Académie française allait me relier à vous sur ce chemin. Il est vrai que les chemins de Dieu sont imprévisibles. Ne vous contentez pas de les reconnaître en vous-mêmes ! Reconnaissez-les aussi chez d’autres ! Soyez heureux d’avoir le goût de l’Évangile et de ne pas cacher la lumière qui est en vous ! En ces temps difficiles, l’Église ne cherche pas à éblouir le monde : avec le pape François, elle cherche avant tout à faire vivre, à diffuser l’amour de la vie, et aussi à « réchauffer les cœurs » et à « guérir les blessures » !

Dans le silence de nos cœurs, nous nous confions, avec vous, à ce Père des cieux qui veille sur nous et qui désire passer par nous pour dire au monde sa présence et son Alliance ! Oui, il désire passer par nous et il ne se résigne jamais à ce qui pourrait lui faire obstacle ! Il est vivant et nous lui rendons grâces !

+ Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

Partager cet article

Repost 0