Le blog de Mgr Claude DAGENS

SOUS LE SIGNE DE CE QUI COMMENCE. Homélie lors de la consécration du nouvel autel de l'église de Vibrac, le 13 juin 2015

15 Juin 2015 Publié dans #Homélies

SOUS LE SIGNE DE CE QUI COMMENCE. Homélie lors de la consécration du nouvel autel de l'église de Vibrac, le 13 juin 2015

Nous sommes ici, ce soir, dans cette église de Vibrac, sous le signe de ce qui commence. Avec la consécration de ce nouvel autel de pierre, qui est là, qui sera là pour accueillir le Christ de l’Eucharistie, Celui qui nous saisit avec son Corps vivant. Mais les images de l’Évangile parlent aussi de ce qui commence : les rameaux qui vont fleurir, le blé qui va lever, la petite graine de moutarde qui va donner naissance à un arbre immense.

Dieu aime ce qui naît, ce qui germe, ce qui se déploie de la terre au ciel, comme les arbres. Et il nous demande de partager cet amour de la vie, et cet Amour de Dieu qui fait naître passe à travers un signe faible, étonnant, le signe du pain rompu et de la coupe partagée, avec les paroles de Jésus qui deviennent actuelles et agissantes dans l’Eucharistie : « Mon corps livré pour vous ! Mon sang versé pour vous ! » Et ici, au milieu de nous, nous dresserons la table qui portera ce don précieux, cette semence de vie éternelle.

Tout à l’heure, vous allez voir les gestes et les signes par lesquels cet autel sera consacré : l’insertion de reliques de saints, l’encensement, la grande onction d’huile pour imprégner la pierre, la parure et l’illumination. Laissez parler les signes ! Regardez et comprenez ce qui commence ainsi à travers cette consécration : cet autel va durer, mais il n’est pas fait seulement pour durer, il est fait pour accueillir le Christ Jésus qui veut faire de nous des pierres vivantes, des membres de son Corps blessé et ressuscité.

Le Christ n’en finit pas de germer en nous ! En nous il ne se lasse pas de faire grandir la création nouvelle qui est faite non pas d’actes magiques ou techniques, mais de l’Amour reçu et donné !

Dans l’Eucharistie est notre source de vie. Et nous avons besoin de le découvrir, surtout si nous sommes parfois tentés de nous plaindre en ne voyant plus que ce qui disparait, ce qui s’efface, ce qui n’est plus comme avant.

Mais ce qui ne disparait pas, c’est notre besoin vital d’aimer et d’être aimé, et d’être rendus solides comme cette pierre vivante, imprégnés dans nos corps par la puissance de vie nouvelle qu’est le Christ.

Frères et sœurs, souvent, nous ne voyons de nous-mêmes que l’extérieur, nous n’osons pas voir l’invisible, qui est aussi très réel : le désir d’espérer, quand on est touché par la mort de ceux et celles que l’on aime, le besoin de ne pas rester seul, quand on est affronté à la solitude. Ici, le Christ vient et viendra, et je pense que cette église de Vibrac sera ouverte, à nous tous, et aussi à des pèlerins de passage. À des hommes et à des femmes qui ont besoin de s’arrêter, de faire halte, de respirer un moment l’air de Dieu, ou plutôt l’air de ce monde traversé par le souffle de Dieu, du Christ qui s’approche et qui murmure : « Ne crains pas ! Crois seulement ! Je suis là ! »

+ Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

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