Le blog de Mgr Claude DAGENS

DIEU AIME CE QUI NAÎT. Eucharistie à Cognac, dans l'église Saint-Antoine, le 14 juin 2015

15 Juin 2015 Publié dans #Homélies

DIEU AIME CE QUI NAÎT. Eucharistie à Cognac, dans l'église Saint-Antoine, le 14 juin 2015

Dieu aime ce qui naît, ce qui vit, ce qui se déploie. Comme le rameau que l’on plante dans la terre, comme le blé qui lève dans les champs, malgré les orages, comme la petite graine de moutarde qui va devenir un arbre immense, où chantent les oiseaux.

Nous nous plaignons souvent du monde et de sa dureté, et nous avons raison de ne pas nous résigner à ce qui défigure la création. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de nous plaindre. Il faut apprendre à nous émerveiller comme le semeur de la parabole, ou comme de jeunes parents devant leur enfant qui est là, et qui les étonne par sa présence.

Je n’ai pas de transition à faire pour me réjouir de l’ouverture, il y a quelques semaines, avant Pâques, de cette église Saint-Antoine de Cognac, après des années de fermeture qui ont pu paraître interminables.

Mais c’est un double signe de vie qui nous est ainsi donné. D’abord ceux qui ont espéré contre toute espérance, et contre tous les obstacles techniques ou administratifs qui se multipliaient et qui obligeaient à maintenir la fermeture, ceux-là ont eu raison. L’espoir a été le plus fort. Et, à certains moments, c’était vraiment un acte de foi. On connaissait les obstacles, on les voyait, mais on ne voyait pas ce qui pouvait vaincre ces obstacles. Mais on ne baissait pas les bras.

Désormais cette église, en étant ouverte, devient un signe sensible, visible, concret. La ténacité de beaucoup l’a emporté. Sans exagérer, je crois que ce combat pacifique s’est enraciné dans la foi chrétienne au Dieu vivant qui ressuscite son Fils.

Désormais, il ne faut évidemment pas revenir en arrière. Cette église ouverte n’est pas un refuge. Elle est un signe : elle est le signe de cette étonnante ouverture de Dieu, qui n’est pas seulement ouverture au monde, mais victoire contre tout ce qui peut nous enfermer en nous-mêmes, et d’abord le repliement et la peur.

Dans cette ville de Cognac, dans ce nouvel ensemble pastoral où chaque paroisse a sa place particulière, il faut tout faire pour sortir de soi-même, pour se connaître, pour se rencontrer, pour se parler, et pour savoir que ce mouvement de sortie a son origine ici, dans ce lieu qui n’est pas fermé, dans ce lieu où sont célébrés les sacrements de la foi et d’abord l’Eucharistie, le grand signe du Christ qui se donne et nous associe à Lui dans ce mouvement de don.

Que vivent cette église et cette paroisse Saint-Antoine, dans ce quartier de Cognac, et qu’on sache que nous ne sommes pas là pour reconquérir des positions perdues, mais pour apprendre à vivre du Christ dans ce monde qui se passe de Lui. Nous vivons dans nos corps, sans le voir, mais Lui, le Ressuscité, il vient, il ne se lasse pas de venir et de nous entraîner avec Lui, pour que nous formions un peuple plus fraternel, en allant rencontrer et visiter ceux et celles qui sont là, tout de près de nous, et qui attendent des signes.

Seigneur, fais de nous les signes de ta vie, plus forte que tout ce qui nous replie sur nous-mêmes, et donne-nous de voir ce qui naît, ce que tu fais naître en nous, contre vents et marées !

+ Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

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