Le blog de Mgr Claude DAGENS

PÂQUES : COMME UN GRAND RELÈVEMENT... Messe de Pâques à la cathédrale, le 5 avril 2015

7 Avril 2015 Publié dans #Homélies

PÂQUES : COMME UN GRAND RELÈVEMENT... Messe de Pâques à la cathédrale, le 5 avril 2015

C’est Pâques ! Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! C’est un événement inimaginable dans l’histoire des hommes. Comme le proclamera l’apôtre Simon-Pierre, un des premiers témoins de cet événement, quelques semaines après à Jérusalem : « Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité ! Il a fait de lui le Seigneur et le Christ. » Et, quelques années plus tard, l’apôtre Paul écrira de Jésus qu’il est « le premier-né d’entre les morts ».

Mais la résurrection de Jésus n’est pas seulement un événement dans l’histoire. Elle est aussi une action transformante de Dieu pour nous, les hommes mortels, puisqu’il nous est donné, à partir de notre baptême, de participer à ce grand relèvement de notre humanité, à cette espèce de renaissance, de création nouvelle dont le Christ ressuscité est le germe.

On pourra penser que cette expression de « création nouvelle » est trop forte. Mais non ! Je vous assure qu’elle correspond à la réalité vécue par ces hommes de la maison d’arrêt d’Angoulême, au milieu desquels j’ai célébré, samedi après-midi, la première messe de Pâques. Ces hommes savent très bien ce que c’est que d’être relevés, après avoir été condamnés par la justice ou en attendant leur procès. La puissance du mal, ils la connaissent, mais ils découvrent que l’événement de Pâques est pour eux, que personne n’en est exclu, parce que Jésus, le Ressuscité, est venu pour notre relèvement à tous.

Et ces deux hommes que j’ai baptisés samedi soir, au cours de la veillée pascale, à La Couronne, ces deux Togolais, ils savent aussi qu’il est possible de renaître de Dieu, de renaître, avec son corps et son sang, en participant à la Pâque de Jésus et en étant avec Lui vainqueurs du mal pour témoigner de cette victoire.

Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est la Pâque du Christ et c’est l’événement de notre renaissance inespérée et donnée par Dieu. Car Lui a la liberté de tout ressaisir de notre humanité, tout, et aussi de ce qui nous démolit, ce qui nous désespère, ce que nous pousse vers la mort.

« Réveille-toi, ô toi qui dors,

Relève-toi d’entre les morts,

et le Christ t’illuminera ! »

Tout en accueillant cet appel, il ne faut pas rêver. La résurrection du Christ n’est pas une opération magique. Le Christ n’est pas un magicien. Il demeure cet homme qui a subi la mort, qui est descendu aux enfers et qui a été relevé d’entre les morts par la puissance du Père.

Le mystère de Pâques n’est pas une illumination subite. C’est un mouvement dans lequel nous sommes saisis nous aussi, à partir du Christ.

Le Ressuscité demeure le Crucifié. Quand il apparaît aux femmes venues chercher son corps dans le sépulcre, ou aux apôtres, enfermés au Cénacle au soir de Pâques, il montre les plaies qui marquent son corps, sur son flanc, sur ses mains, sur ses pieds. Sa Résurrection n’abolit pas son humanité, elle la ressaisit, elle la transfigure, en l’introduisant dans la lumière du Père.

Le Crucifié est aussi « descendu aux enfers ». Nous le disons trop vite dans le Credo. Les enfers ne sont pas un lieu, mais un état inimaginable de néant, là où Satan impose son règne de désespoir et de destruction. Jésus est allé jusque-là. Il a brisé cet enfermement diabolique. Satan est vaincu pour toujours. Les ténèbres ne peuvent pas l’emporter sur la lumière du Christ.

Le baptême est le sacrement, le signe efficace de ce ressaisissement dans le Christ. Les nouveaux baptisés le savent. Et nous, les déjà baptisés, les anciens baptisés, nous sommes appelés à le redécouvrir.

Combien de catholiques sommes-nous aujourd’hui en France ? Sans doute moins nombreux que nous ne l’étions il y a un siècle. Et peut-être moins nombreux que nous ne le serons dans un siècle.

Mais l’important pour nous, ce ne sont pas les chiffres ! Ce sont les personnes ! Quelle joie de rencontrer des personnes de tous âges qui s’ouvrent au Dieu vivant, qui prient, qui espèrent, qui aiment et qui ne se laissent pas vaincre par le mal ! Quelle joie de sentir cette vitalité du peuple des baptisés, comme nous l’avons sentie l’autre soir pendant la messe chrismale ! Quelle joie de former ce peuple de pécheurs en état de conversion ! Quelle joie, avec le pape François, de nous laisser saisir par la joie de l’Évangile ! Et la source de cette joie, c’est le Christ ressuscité !

+ Mgr DAGENS, évêque d’Angoulême

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