Le blog de Mgr Claude DAGENS

NOS CORPS MORTELS SONT RESSAISIS DANS LE CHRIST RESSUSCITÉ. Homélie pour la fête de l'Assomption, à Confolens

26 Août 2014 Publié dans #Homélies

NOS CORPS MORTELS SONT RESSAISIS DANS LE CHRIST RESSUSCITÉ. Homélie pour la fête de l'Assomption, à Confolens

Nous savons que cette messe du 15 août est célébrée au cours du grand festival de folklore de Confolens. Nous savons que ce festival a été voulu comme un signe de rencontres et de fraternité internationale. Mais ce que tous ne savent pas, c’est qu’à l’origine de ce festival, il y a eu un grand congrès eucharistique célébré ici vers 1965. C’est donc l’Eucharistie qui a d’abord été comprise comme un signe de communion entre les hommes.

Mais le désir de susciter la fraternité sous le signe du folklore est tout aussi réel, même si ce signe du folklore est un signe complexe. Car le folklore, parce qu’il exprime les sentiments, les passions, la mémoire d’un peuple, d’une nation, d’un pays, de l’Ukraine à la Russie, et du Pérou au Chili, peut aussi être une cause de rivalités et de conflits. Quand un peuple s’affirme par des chants et par des danses, il affirme son identité particulière, et par conséquent ses différences. Aujourd’hui, on ne pourrait pas réunir facilement des groupes venant d’Israël et des groupes venant de la Palestine, ou même des groupes venant de Syrie et des groupes venant d’Irak. Il faut donc remercier ceux qui ont eu l’audace et qui ont aujourd’hui l’audace de faire de Confolens une terre de rencontres et de paix.

Mais cet événement spectaculaire ne nous fait pas oublier l’événement que nous fêtons aujourd’hui en tant que chrétiens, disciples de Jésus ressuscité. L’Assomption de la Vierge Marie, ce n’est pas une vague montée dans le ciel de Dieu. C’est le fait que cette femme est la première du peuple des ressuscités. Elle, la mère de Jésus, elle qui l’a portée dans son ventre, elle qui l’a mis au monde à Bethléem, elle a été ressaisie par Lui, son Fils, le Ressuscité, il lui a communiqué la force de sa Résurrection, et elle est devenue la première-née d’entre les morts, non pas une déesse-mère, mais une femme qui participe à cette renaissance qu’est la résurrection. Et c’est pourquoi le récit de l’Évangile nous fait voir deux femmes enceintes, Élisabeth, la mère de Jean le Baptiste, et Marie, mère de Jésus. Quelle joie pour elles d’être témoins du travail de Dieu en elles ! Quelle joie pour la Vierge Marie d’entrer avec son corps dans le monde nouveau de la résurrection, là où les corps humains sont ressaisis par le Christ ressuscité !

Nos corps humains, avec tout ce qu’ils portent en eux, beauté et blessures, désirs et joies, capacités d’amour et capacités de violences, nos corps vivent de la vie de Dieu. Et nous savons que, quand des corps humains disparaissent, qu’ils ne sont pas retrouvés, ou que l’on ne retrouve que des fragments très brisés, comme l’autre jour en Ukraine ou au Mali, alors, ceux qui restent en vie ont du mal à accepter cela. On peut bien détruire violemment des corps en les réduisant en cendres, par la crémation, on doit aussi souhaiter que les corps de ceux et celles que nous aimons ne soient jamais traités comme des objets que l’on pourrait détruire.

Nous désirons vivre avec nos corps, même s’ils sont fragiles ou souffrants. Dieu, le Père des cieux, désire que nous aimions nos corps et que nous n’ayons pas peur de nous laisser toucher par le Christ, en recevant son Corps, son Corps livré pour notre vie, son Corps blessé et ressuscité, et la Vierge Marie est la première à renaître de Lui, avec son Corps !

Pour nous, comment cela se fera-t-il ? Je ne le sais pas, mais je crois en la promesse de Dieu : « Frères et sœurs, le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. »

+ Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

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