Le blog de Mgr Claude DAGENS

CE DIEU QU'IL EST POSSIBLE DE RENCONTRER ET QUI VIENT À NOTRE RENCONTRE. Homélie le 10 août 2014, à Biganos (Gironde)

26 Août 2014 Publié dans #Homélies

CE DIEU QU'IL EST POSSIBLE DE RENCONTRER ET QUI VIENT À NOTRE RENCONTRE. Homélie le 10 août 2014, à Biganos (Gironde)

Il est possible de rencontrer Dieu. Il est possible de percevoir sa venue et son passage. Comme pour le prophète Élie dans sa grotte de l’Horeb ou comme pour l’apôtre Pierre sur la mer agitée de Tibériade.

Mais cela risque de bouleverser nos idées préconçues sur Dieu. Car Dieu est quelqu’un qui n’est ni inconnaissable, ni inatteignable, comme nous l’imaginons parfois. Et c’est pourquoi nous avons peur de lui, parce que nous l’avons mis à l’écart de notre monde et que nous lui interdisons de devenir trop proche de nous.

Mais quand il s’approche de nous, il nous surprend, car il n’est pas conforme à ce que nous avons imaginé de lui. Car nous l’imaginons facilement comme une force puissante, pareil à un ouragan, à un tremblement de terre, ou à un grand feu. Dieu n’est pas un phénomène foudroyant ou destructeur. Il est pareil au murmure d’une brise légère. Il ne fait pas de bruit, il ne s’impose pas, il ne foudroie pas, il ne détruit pas, il vient doucement, il rafraîchit, il apaise, il est tout le contraire d’une force violente. Il est fort mais fort de sa tendresse, de sa puissance de vie et de paix. Le prophète Élie l’aura compris à l’Horeb.

Quant à l’apôtre Pierre, il a cru pouvoir se servir de Jésus pour braver les lois naturelles. Il rêve de marcher sur les eaux du lac. Pauvre Pierre ! Le voilà qui enfonce et qui va se noyer ! « Sauve-moi, Seigneur ! » Et Jésus tend la main vers lui et le remet dans la barque. Et si Pierre est sauvé de la noyade, c’est parce qu’il a accepté de tendre sa main et de se laisser relever. C’est comme une petite résurrection, une petite victoire sur la mort. Mais il a fallu pour cela que Pierre accepte que Jésus soit là, tout proche, au milieu de la tempête, capable de venir vers ces hommes apeurés qui ne le reconnaissent pas. Non, il n’est pas un fantôme. Il est vivant, et il ne cherche pas à se montrer, comme un gourou capable de prouesses magiques. Il est un ami, il est sorti de la prière, sur la montagne, pour rejoindre ces hommes qui ont si peu compris sa véritable identité de Fils du Dieu vivant.

Voilà ce que nous avons sans cesse à découvrir, frères et sœurs ! Le Christ ne veut pas que l’on se serve de lui, Il ne veut pas que nous invoquions son nom pour servir nos causes à nous, quelles qu’elles soient, même spirituelles, ou apparemment spirituelles. Le Christ ne veut pas que nous fassions de lui une valeur supérieure, mais pareille à d’autres valeurs.

Le Christ est quelqu’un qui ne renonce jamais à notre rencontre. Même nos pires enfermements ou nos pires peurs ne l’empêchent pas de s’approcher de nous, comme il s’est approché des apôtres sur le lac de Tibériade et, sans mesurer nos incompréhensions, de nous tendre la main pour que nous ne nous laissions pas engloutir par tout ce qui peut nous engloutir, nos addictions multiples, tout ce qui nous rend esclaves de choses sans valeur qui séduisent ou qui détruisent, comme les drogues, douces ou dures.

Les tempêtes, nous en connaissons tous, dans nos vies personnelles et familiales, ou dans des situations de solitude et de détresse. Nous savons tous ce que c’est que d’être secoués et déstabilisés par les remous de l’existence.

Le Christ n’est pas un magicien. Il est un ami, un compagnon. Il s’approche doucement et il attend d’être accueilli, d’être reconnu. Il attend que nous nous tournions vers lui, en osant crier : « Sauve-moi ! » ou « Sauve telle ou telle personne que j’aime, et qui se noie, qui s’enfonce, qui s’enferme dans son désespoir ! »

Seigneur, apprends-nous à être attentifs, comme Élie, au moindre souffle qui vient de toi ! Donne-nous d’être, comme Pierre, capables de t’appeler au secours et de saisir la main que tu nous tends !

L’Église que nous formons est toujours secouée par toutes sortes de remous ! Le monde dans lequel nous vivons est toujours déstabilisé par toutes sortes de violences et de peurs ! Seigneur, en cette Église et en ce monde, donne-nous de désirer et de recevoir la force de ta résurrection !

+ Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

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